Archive for février, 2008

Le défi 3

Mardi, février 26th, 2008

Voilà - ça fait un moment que je n’ai pas fait de mise à jour (malade - pah !), mais je suis de retour et voulais donc vous tenir au courant sur le déroulement du défi.

Certains participants ne sont pas venus ces deux dernières semaines (vacances et maladie) mais ceux qui sont venus ont vraiment progressé - je suis impressionné par leur motivation, ils passent des heures chez eux à faire les vocalises que je leur recommande et ça se voit !

Le plus impressionnant cette semaine était la découverte de la voix mixte pour un homme qui avait auparavant un passage tellement notable sur le ré/mi/fa, qu’il évitait ces notes totalement - et voilà que cette semaine, il est capable de les chanter sans grésillement sans rupture et - très important - sans forcer. Je pense qu’il va finir avec une voix vraiment intéressante.

Aussi - très bonne nouvelle pour ceux d’entre vous qui m’ont envoyé des mails demandant si vous pouviez entendre les participants. Certains d’entre eux sont d’accord pour que leurs cours (ou du moins des parties de leurs cours) soient publiés sur ce site - donc vous entendrez les problèmes, les solutions et la ‘guérison’ de leurs voix en live - à part le fait que ce soit intéressant à écouter, ça va peut-être aider ceux d’entre vous qui ont les mêmes difficultés à les résoudre.

Voilà - encore un grand merci aux participants du défi et à très bientôt.

Allan


Suis je ténor, baryton, soprane, mezzo… ?

Dimanche, février 17th, 2008

Il est vrai que c’est difficile de trouver sa place vocalement et cette question est celle qu’on me pose peut-être le plus souvent, mais pour y répondre, il faut se poser une autre question encore - “Qu’est-ce que la tessiture, au juste ?”

Je vais peut-être vous choquer, mais je ne crois pas que ce soit si important que ça. Pourquoi - et bien, il faut comprendre d’où viennent ces termes - ce sont des classifications vocales qui ont été inventées pour rendre plus facile le recrutement dans les opéras, rien de plus. Il est ridicule de penser que toutes les voix humaines puissent rentrer dans une dizaine de cases ! Chaque voix est aussi individuelle que son propriétaire et donc chaque chanteur se doit d’apprendre à connaître sa voix et non pas d’essayer de lui imposer de faux critères créés à la base pour rendre plus facile le recrutement dans un genre musical que la plupart de chanteurs ne veulent pas chanter…

Or, si vous ne chantez pas de classique, ni de comédie musicale, votre tessiture n’a pas besoin de porter un nom bidon. Apprenez à connaître votre voix et apprenez dans quelles tonalités elle sonne mieux et n’hésitez pas à changer la tonalité des morceaux pour vous convenir, s’il le faut - même s’il s’agit du classique. Je sais qu’avec ce dernier propos je risque de me faire des ennemis chez les puristes, mais en tant que professionnel de la voix, il m’est beaucoup plus important de préserver la santé vocale d’un chanteur, même si ça veut dire changer la tonalité d’un morceau de Mozart, plutôt que de forcer sa voix à aller là où elle ne veut pas.

De plus, cette histoire de tessiture est trompeuse - ça n’a rien à voir avec les notes que vous pouvez atteindre (d’ailleurs je déteste l’idée d’atteindre des notes - je préfère parler de ‘chanter’). Les notes que vous savez chanter, donc, n’affectent pas vraiment votre tessiture. Un baryton et un ténor devraient tous les deux pouvoir chanter le contre-ut (s’ils sont bien formés et ont une technique solide - voir mon article sur la différence entre la technique et le style) - il s’agit plus de la résonance vocale. Un baryton va sonner mieux dans le milieu, voire les graves, et le ténor résonnera mieux dans les aigus - tout comme un violon et un violoncelle qui jouent la même note - il y une différence de résonance et de timbre.

J’ai des élèves qui me sont venus d’autres professeurs qui leur avaient dit ‘vous êtes baryton’ ou bien ‘vous êtes alto’, tout simplement parce que l’élève n’arrivait pas à chanter dans les aigus avec aisance - ça, mes amis, c’est de la paresse pure et dure de la part de l’ancien prof - ‘je n’arrive pas à vous aider donc je vais faire style que ça vient de vous’. Notamment, un homme qui n’arrivait pas à chanter au dessus d’un sol - et donc, selon son ex-prof- était baryton, avait tellement peu de résonance dans ses graves et un si beau timbre dans la partie aiguë de sa voix, que j’étais persuadé qu’il était en effet ténor. C’est le cas, et tous les jours il chante un peu plus haut, tout en douceur, pour révéler sa voix de tête. On peut très bien être soprane ou ténor sans avoir de contre-ut, tout comme on peut être alto ou baryton en ayant une tessiture assez développée dans les aigus.

Donc, si vous avez besoin de passer des auditions où on vous demande votre tessiture, ou si vous souhaitez postuler pour une pupitre de soprane ou ténor - la seule façon de savoir votre vraie tessiture, c’est de savoir où votre voix sonne mieux. Ensuite, s’il vous manque des notes pour rentrer dans le cadre demandé, il faut une bonne formation pour vous aider à les retrouver.

Pour résumer - demander ‘quelle est ma tessiture’ quand vous n’avez pas envie de chanter du classique ou de la comédie musicale revient à demander ‘quel est mon classement au badminton’ si vous prévoyez de jouer au tennis…