La Bascule Thyroïdienne - C’est quoi et comment on s’en sert ?
Vendredi, février 13th, 2009Une question assez fréquente ces derniers temps - «pourquoi vous ne parlez pas la bascule thyroïdienne ? J’ai lu sur internet que c’est important pour le chant, mais vous n’en parlez pas !» - eh bien, si j’en parle !
Ce qu’il faut savoir c’est que dans mon modèle, je sépare la voix en plusieurs parties, le noyau, le son primal, le filtre et les effets. La bascule thyroïdienne fait partie du son primal - mais plutôt que de vous enseigner l’anatomie qui va avec, je vous demande juste de faire un son simple et efficace pour l’avoir - le pleur / le gémissement. En effet, ce ‘son primal’ oblige le larynx à adopter une posture basculée en fermant l’espace crico-thyroïdien, ce qui rend l’accès aux aigus plus facile lorsque tous les autres éléments sont bien réunis.
Voici une image pour mieux l’expliquer.
(image prise de l’excellent livre ‘Le Guide de La voix’ du Dr Yves Ormezzano, Editions Odile Jacob)
Vous voyez que lorsque le cartilage thyroïde (3) est droit, l’espace crico-thyroïdien (1) est ouvert et les cordes vocales sont courtes et assez épaisses (vous les voyez dessinées dans le cartilage thyroïde). Pendant la bascule (configuration «pleur» dans mon modèle), l’espace crico-thyroïdien (1) est refermé par un mouvement du cartilage thryoïde (3) vers le cartilage cricoïde (2), ce qui étire les cordes vocales vers l’avant et les rend plus longues et plus fines.
Les cordes courtes et épaisses (configuration parole - espace crico-thyroïde ouvert) donnent un accès facile à la partie basse et médium de la voix. Les cordes longues et fines (configuration «pleur») donnent un accès facile à la partie médium et haute de la voix. Il suffit donc de mélanger les configurations dans la partie médium pour pouvoir aller sans difficulté vers les aigus sans décrocher.
Attention, pour que ça marche, il faut avoir maîtrisé tous les éléments qu’on a déjà vus - la posture, la gorge ouverte, la respiration élastique, la résonance etc - s’il y a la moindre tension dans la gorge, la bascule sera presque impossible.
Au début, lorsqu’on réussit cet exercice, le son sera fin et léger tout en haut (tout comme les cordes qui le produisent), mais une fois la technique stabilisé, on peut recruter un peu plus de masse dans les cordes vocales en augmentent petit à petit le volume pour finir avec un son puissant, même dans les hauteurs les plus extrêmes de la voix (rappelez vous, si le volume est fort, même si le son vous paraît fin à l’intérieur de votre tête, il y a de fortes chances qu’il soit épais à l’extérieur - chaque son est un équilibre d’épaisseur de cordes, longueur de cordes et de résonance - lorsqu’on change un des éléments les autres sont affectés aussi. Avec mes élèves, on travaille très dur pour trouver l’équilibre parfait pour chaque note de leur tessiture - comme ça ils ont tout le volume, timbre et puissance qu’ils veulent, sans jamais forcer - par ailleurs, beaucoup remarquent - c’est ça ?! Mais ça me semble trop facile ! Ensuite ils sont choqués lorsqu’ils voient les résultats enregistrés ou bien reçoivent des compliments de leur entourage.
Et oui - avec la bonne méthode, les aigus sont aussi faciles que les médiums et les graves !
Chantez bien et à bientôt pour un nouvel article.
Allan