Archive for the ‘Astuces pratiques’ Category

J’ai la voix nasale ! Comment m’en défaire ?

Jeudi, septembre 10th, 2009

1. Savoir si on a vraiment la voix nasale ou non

Si vous pensez avoir un problème de nasalité dans votre voix, il faut d’abord vérifier qu’il s’agit en effet de nasalité et non pas de quelque chose d’autre. Il y a une façon très simple de faire ça :

  1. posez le doigt sous le nez et dites un ‘m’ bien tenu, comme si vous réfléchissiez à quelque chose (voir clip vidéo)
  2. Vous devriez sentir de l’air sortir du nez et chauffer votre doigt.
  3. Maintenant chantez une note en gardant le doigt au même endroit. Si le son est nasal, vous sentirez cette même sensation, s’il ne l’est pas, vous ne sentirez rien.

Ensuite - si vous avez trouvé qu’il s’agit en effet de nasalité, il faut vous poser la question suivante : est-ce que je veux m’en débarrasser ou pas.

Et oui, ça peut être une question choquante, mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a rien de malsain ou de ‘mauvais’ techniquement à avoir un son nasal - dans mes cours privés et publics j’enseigne comment faire un son nasal ou non, comme on le souhaite. Pour comprendre pourquoi ce n’est pas forcément mauvais (ni bien, d’ailleurs) d’avoir un son nasal, il faut comprendre comment marche cette partie de l’appareil vocal.

2. Le palais mou : la porte de votre nez

Le palais mou est la prolongation du palais dur - si vous touchez votre palais dur avec le bout de votre langue et vous glissez la langue légèrement vers l’arrière, vous allez sentir un endroit où la structure devient plus molle. Si vous n’y arrivez pas avec la langue, allez-y doucement avec le doigt. Cette partie molle est le palais mou.

Le palais mou sépare l’oropharynx et le naso-pharynx (ou plus vulgairement, la bouche et le nez !) et comme il est souple et peut être manipulé par certains muscles, il forme une véritable porte qui peut soit rester mi-ouvert, soit fermer le nez, soit fermer la bouche.

Voile du palais

  1. Sentir et contrôler son palais mou

Vous pouvez sentir les trois positions du palais mou en faisant l’exercice suivant :

  1. Nez Ouvert / Palais bas

fermez la bouche et dites ‘m’, comme dans l’exercice précédent. Vous remarquerez que tout le son sort par le nez (ce qui est normal - la bouche est fermée !). Le nez est alors ouvert. Maintenant, dites ‘ng’ comme à la fin du mot ‘sing’ en anglais - maintenez le son (voir vidéo) - encore une fois, même si les lèvres sont écartées, la bouche est fermée par le palais qui s’est posé sur la langue et tout le son sort par le nez.

  1. Nez Fermé / Palais relevé

Commencez par dire un ‘m’ comme dans l’exercice précédent. Maintenant commencez à dire ‘b’ ou ‘p’, mais n’ouvrez pas tout de suite les lèvres. Vous remarquerez que la pression d’air augmente dans la bouche, jusqu’à ce que vous ouvriez les lèvres pour faire votre son ‘b’ ou ‘p’. Répétez cet exercice avec le doigt sous le nez - au moment de faire l ‘m’ vous sentirez l’air passer par le nez (donc nez ouvert / palais bas) mais au moment ou vous commencez à dire le ‘b’ vous allez sentir quelque chose au fond de la bouche bouger vers le haut - l’air s’arrêtera dans le nez et commencera à faire gonfler les joues. Là, vous avez relevé votre palais mou et fermé votre nez. Maintenant, essayez de maintenir le palais fermé en disant des sons tels que ‘a’ ou ‘i’ - si c’est plus facile dans un premier temps, vous pouvez mettre un ‘b’ devant ces sons pour bien refermer le palais. Vérifiez avec votre doigt que l’air passe uniquement par la bouche et non pas par le nez.

  1. Nez mi-ouvert / palais mi-levé

Dites ‘on’ ou bien ‘in’ - vous sentirez de l’air passer et par le nez et par la bouche. Votre palais est donc mi-levé et votre nez mi-ouvert.

Alors, quelle position choisir ? La réponse est simple - ça dépend. On a tendance à penser que tout le son doit sortir tout le temps de la bouche pour ‘bien chanter’ et que le son nasal est à proscrire - mais ce n’est pas aussi simple que ça.

Certes, un son oral est plus efficace sur le plan résonance qu’un son nasal (la cavité orale étant plus grande que la cavité nasale), mais certains effets chantés ne veulent pas forcément un son très résonant. Le goût du chanteur peut être pour un son plus nasal (qui dit nasal dit forcément plus clair), par exemple.

Même si notre but est d’avoir un son bien rond et bien résonant - du coup on aura tendance à préférer un son purement oral - il y a des sons qu’on ne peut pas faire si le palais est levé et le nez fermé - notamment le ‘m’, le ‘n’ ou le ‘ng’ (à l’anglaise) - essayez de les faire en gardant le palais levé - impossible !

Ensuite, qu’en est-il des voyelles nasales telles que ‘on’, ‘in’, ‘en’ en français ? En classique, on a tendance à les rendre plus orale pour garder la résonance, mais dans d’autres styles on peut choisir de les chanter plus purement et ouvrant le palais à moitié pour ce sons là et en le refermant pour les sons non nasaux.

Conclusion

Il n’est pas forcément proscrit de chanter avec un son nasal - parfois, c’est nécessaire (certaines consonnes et voyelles) et parfois la préférence du chanteur peut être pour un son nasal. Même si les sons oraux sont plus résonants et ronds, il faut que la préférence du chanteur, ainsi que le style chanté, prime sur les idées reçues.

Apprenez donc à contrôler votre palais et vous pourrez pleinement contrôler votre son en chantant du nez quand il le faut (ou quand vous le souhaitez) et en faisant un son purement oral lorsque vous le voulez aussi.

Exercices supplémentaires :

Chantez des gammes de cinq notes (do-ré-mi-fa-sol-fa-mi-ré-do) sur toutes les voyelles, en veillant à garder le palais levé (nez fermé). Montez par demi-tons.

Répétez l’exercice sur NG en gardant le palais bas (nez ouvert). Montez par demi-tons.

Répétez l’exercice sur ‘ma’ ou encore ‘mi’ en veillant à bien ouvrir le nez pour le ‘m’ et le refermer pour la voyelle. Contrôler avec le nez sous les narines.

Répétez l’exercice sur ‘ma’ en gardant le nez ouvert pour le ‘m’ et mi-ouvert pour la voyelle.

Enregistrez vous et choisissez l’option qui vous convient le mieux.

Travaillez une chanson - trouvez toutes les endroits où vous êtes obligé d’ouvrir le nez (m, n etc) - puis travaillez juste ces mots là en refermant le nez pour la voyelle qui suit, puis en le laissant mi-ouvert.  Ensuite, chantez la chanson avec les deux options et enregistrez les résultats - choisissez l’option qui vous convient le mieux.

Bon courage et à bientôt pour une nouvelle mise à jour !

PETITE ANNONCE !

J’ai décidé de faire mes mises à jour en fonction de vos questions. Alors, toutes les semaines, je vous demanderai de bien vouloir envoyer vos questions vocales (le plus succinctement possible !) à l’adresse mail suivante : cours@chanteurmoderne.com en mettant ‘question’ dans la ligne ‘sujet’. Dès que je ferai une mise à jour, je prendrai la question le plus posée de la semaine comme thème de la mise à jour.

Merci !

Attaques (et terminaisons) de notes.

Vendredi, juillet 3rd, 2009

Me revoilà – désolé pour le retard, j’ai été très occupé récemment, mais j’ai trouvé un instant de libre et j’ai décidé de voir ce que j’avais sur ma liste de thèmes pour les articles.

Il y a quelques mois, on me suggérait sans cesse de parler des attaques (et donc aussi des terminaisons) de notes, depuis le thème du moment a changé (ça vient par vague, c’est marrant – on dirait que vous vous parlez entre vous !)

Alors, dans ma pédagogie, j’identifie trois / quatre façons de commencer (et de terminer) une note. Elles sont :

 

  1. L’attaque (ou terminaison) glottale – les cordes vocales se ferment avant la production du son et la note est précédée d’un petit ‘clic’.
  2. L’attaque (ou terminaison) simultanée – les cordes vocales restent ouvertes jusqu’au moment de commencer la phonation, du coup air et accolement se font en même temps et le début de la note est très propre.
  3. L’attaque (ou terminaison) aspirée – les cordes vocales restent ouvertes et l’air est commencé avant l’accolement, on entend donc un petit ‘h’ avant la note.
  4. L’attaque (ou terminaison) Friturée – comme l’aspirée sauf que les cordes sont détendues au moment de laisser passer l’air, du coup le son est légèrement friturée – pensez ‘Britney Spears’.

Contrairement à ce que dit l’école classique et beaucoup de pédagogues connus, il n’y a pas une attaque qui est plus saine qu’une autre – par ailleurs, les trois principales sont utilisés dans la voix parlée quasiment tous les jours :

 

  • Dites ‘uh oh’, comme si vous appréhendiez quelque chose – vous venez probablement de faire une attaque glottale.
  • Dites ‘yes’ ou bien ‘oui’ – vous venez probablement de faire une attaque simultanée.
  • Dites ‘house’ ou bien ‘ha ha’ – vous venez probablement de faire une attaque aspirée.
  • Dites ‘mmm’ comme si vous réfléchissiez, il y a de fortes chances que l’attaque ait été légèrement friturée.

 Alors lorsque vous lirez que l’attaque glottale est absolument à éviter parce que ça abîme les cordes vocales, vous saurez qu’il n’y a aucune preuve scientifique de cela et qu’au contraire, c’est un son naturel que tout le monde utilise en parlant. Ces jours-ci, lorsqu’on me dit ‘mais vous savez, c’est pas bien de faire ça’ je réponds ‘montrez-moi vos recherches et on en parlera’.

Exercices

1. Attaque Glottale

Dites uh-oh plusieurs fois. Identifiez l’endroit ou les cordes bougent pour faire ce son. Maintenant dites ‘uh…’ et ne dites pas le ‘oh’ tout de suite – vous devriez sentir que les cordes vocales restent fermées pendant cette attente. Faites ça plusieurs fois pour identifier la sensation de ‘cordes ouvertes’ et ‘cordes fermées’.

Maintenant, inspirez, fermez les cordes et dites un ‘oh’ – soyez sur de fermer les cordes avant de commencer le flux d’air. Vous devriez sentir un petit clic en début du son. Répéter sur une note chantée. Essayez toutes les voyelles.

Cette attaque nous ramène plus facilement vers les cordes épaisses (ou la configuration Parole, dans ma pédagogie). Le son de cette attaque est direct, rythmé et franc.

2. Attaque Simultanée

Comme vous avez déjà identifié la sensation de ‘cordes ouvertes’ et ‘cordes fermées’, je veux que vous inspiriez et que vous gardiez les cordes vocales ouvertes exprès. Maintenant tâcher de commencer le ‘oh’ en même temps que l’air. C’est assez difficile et vous devrez certainement essayer plusieurs fois pour réussir. Ce sera plus facile si vous gémissez légèrement en même temps. Si vous n’arrivez pas du tout à le faire, mettez un ‘y’ en début de mot ‘Yo’ à la place de ‘oh’. Vous saurez que vous êtes dedans quand le début de la note se fera sans clic ni air.

Cette attaque nous ramène plus facilement vers les cordes fines (ou le principal ingrédient dans la configuration que j’appelle Pleur dans ma pédagogie). Le son de cet attaque est propre, pur et efficace.

3. Attaque Aspirée

Cette fois-ci, vous allez garder les cordes ouvertes et commence le flux d’air AVANT le début de la note. Ce sera certainement plus facile si vous tâchez de mettre un ‘h’ à l’anglaise devant la voyelle ‘hoh’ plutôt que ‘oh’.

Cette attaque nous ramène plus facilement vers les cordes rigides (ou la configuration que j’appelle falsetto dans ma pédagogie). Le son de cette attaque est vulnérable, doux et intime.

4. Attaque Friturée

Voir vidéo et copier !

 

Travail avancé

1. Différentes attaques pour différentes configurations.

Une fois tout ça maîtrisé, il est intéressant de s’entraîner à faire des attaques glottales en cordes fines, des aspirées en épaisses etc. Cela demande un bon contrôle du larynx et de la configuration, ainsi que des attaques, mais ça vous donnera beaucoup plus de couleurs dans votre palette de musicien !

2. Terminer les notes avec du style

Travailler la fin de chaque note avec une fin glottale, simultanée,

Le Vibrato - quelques astuces pour bien débuter

Lundi, mars 30th, 2009

Bonjour tout le monde ! 

Comme promis, voici un clip vidéo sur le vibrato et comment le travailler.Comme dans la vidéo, je précise qu’on ne rajoute le vibrato qu’une fois la voix bien placée (dans mon modèle, il fait partie de la dernière étape - les effets - du coup, on le rajoute une fois tous les soucis techniques réglés et pas avant. Je vous conseille vivement de faire la même chose).

Le clip contient des exercices simples pour travailler le vibrato, il vous faudra un métronome (réel ou en ligne - mettez ‘free on-line metronome’ dans google) et un peu de patience.Travaillez peu mais régulièrement, plutôt que des heures d’affilé.

Encore une fois, je précise que si vous commencez à mettre du vibrato avant d’avoir posé votre voix, ou tout simplement parce que vous trouvez que ça ‘fait joli’, vous risquez de reculer dans votre apprentissage.

Si vous êtes prêts - travaillez un peu tous les jours et comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos commentaires, questions etc.

A bientôt pour une nouvelle mise à jour !

Allan 


La Bascule Thyroïdienne - C’est quoi et comment on s’en sert ?

Vendredi, février 13th, 2009

Une question assez fréquente ces derniers temps - «pourquoi vous ne parlez pas la bascule thyroïdienne ? J’ai lu sur internet que c’est important pour le chant, mais vous n’en parlez pas !» - eh bien, si j’en parle !

 

Ce qu’il faut savoir c’est que dans mon modèle, je sépare la voix en plusieurs parties, le noyau, le son primal, le filtre et les effets. La bascule thyroïdienne fait partie du son primal - mais plutôt que de vous enseigner l’anatomie qui va avec, je vous demande juste de faire un son simple et efficace pour l’avoir - le pleur / le gémissement. En effet, ce ‘son primal’ oblige le larynx à adopter une posture basculée en fermant l’espace crico-thyroïdien, ce qui rend l’accès aux aigus plus facile lorsque tous les autres éléments sont bien réunis.

 

Voici une image pour mieux l’expliquer.

Bascule Thyroïdienne

(image prise de l’excellent livre ‘Le Guide de La voix’ du Dr Yves Ormezzano, Editions Odile Jacob)

Vous voyez que lorsque le cartilage thyroïde (3) est droit, l’espace crico-thyroïdien (1) est ouvert et les cordes vocales sont courtes et assez épaisses (vous les voyez dessinées dans le cartilage thyroïde). Pendant la bascule (configuration «pleur» dans mon modèle), l’espace crico-thyroïdien (1) est refermé par un mouvement du cartilage thryoïde (3) vers le cartilage cricoïde (2), ce qui étire les cordes vocales vers l’avant et les rend plus longues et plus fines.

Les cordes courtes et épaisses (configuration parole - espace crico-thyroïde ouvert) donnent un accès facile à la partie basse et médium de la voix. Les cordes longues et fines (configuration «pleur») donnent un accès facile à la partie médium et haute de la voix. Il suffit donc de mélanger les configurations dans la partie médium pour pouvoir aller sans difficulté vers les aigus sans décrocher.

Attention, pour que ça marche, il faut avoir maîtrisé tous les éléments qu’on a déjà vus - la posture, la gorge ouverte, la respiration élastique, la résonance etc - s’il y a la moindre tension dans la gorge, la bascule sera presque impossible.

Au début, lorsqu’on réussit cet exercice, le son sera fin et léger tout en haut (tout comme les cordes qui le produisent), mais une fois la technique stabilisé, on peut recruter un peu plus de masse dans les cordes vocales en augmentent petit à petit le volume pour finir avec un son puissant, même dans les hauteurs les plus extrêmes de la voix (rappelez vous, si le volume est fort, même si le son vous paraît fin à l’intérieur de votre tête, il y a de fortes chances qu’il soit épais à l’extérieur - chaque son est un équilibre d’épaisseur de cordes, longueur de cordes et de résonance - lorsqu’on change un des éléments les autres sont affectés aussi. Avec mes élèves, on travaille très dur pour trouver l’équilibre parfait pour chaque note de leur tessiture - comme ça ils ont tout le volume, timbre et puissance qu’ils veulent, sans jamais forcer - par ailleurs, beaucoup remarquent - c’est ça ?! Mais ça me semble trop facile ! Ensuite ils sont choqués lorsqu’ils voient les résultats enregistrés ou bien reçoivent des compliments de leur entourage.

Et oui - avec la bonne méthode, les aigus sont aussi faciles que les médiums et les graves !

Chantez bien et à bientôt pour un nouvel article.

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 5 - la résonance nécessaire

Lundi, décembre 15th, 2008

Cette semaine, avant d’aller plus loin dans les cordes vocales, je veux vous présenter un des éléments de base dans ma méthode - la résonance nécessaire.

Pour ceux qui aiment la science, c’est un léger recul de l’épiglotte et une gorge bien ouverte, qui aide à garder la voix libre et harmonieuse peu importe la configuration laryngée qu’on utilise (ce qui veut dire que cet élément doit être présent dans les cordes rigides tout aussi bien que les cordes épaisses et ce à n’importe quelle hauteur).

Regardez bien le clip et essayez les exercices suivants :

1) faites une voyelle nasale soutenue (telle que ‘in’ comme dans ‘vin’)

2) essayez de sentir la sensation d’espace et d’ouverture dans le fond de la gorge - est-ce que vous percevez une résonance supplémentaire ?

3) faites la même chose avec une voyelle non-nasale (tranformez ‘in’ en ‘a’ par exemple) et tâchez de garder la résonance en place (une sensation de vibration dans le pharynx).

4) faites des glissades ou des gammes en plusieurs configurations en gardant l’impression d’ouverture et de résonance.

5) appliquez cette technique à un chant simple.

Voilà - essayez-le, c’est une des clés de voûte de la méthode du chanteur moderne et un des ingrédients obligatoires de n’importe quelle recette.

Comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos expériences !

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 4 - les configurations des cordes vocales.

Lundi, décembre 8th, 2008

Les cordes vocales sont tendues entre le cartilage thyroïdien et les aryténoïdes (voir image ci-dessous - c’est la partie intitulée ‘vocal ligament’ - enfin, le ligament vocal n’est qu’une partie de la corde vocale, mais l’important est de voir où se situent les cordes).

Larynx

C’est avec nos cordes vocales que nous faisons du son, chanté ou parlé ou autre – du coup, l’état physique de ces cordes est la base de notre son.

Plutôt que de parler de choses nébuleuses telles que ‘la voix de poitrine’ ou bien ‘la voix modale’ etc – je préfère parler avec mes élèves en cours particuliers de la réalité physique – comme ça, on est sûr qu’on parle de la même chose et qu’il n’y pas de confusion.

Alors, lorsqu’on va parler d’une qualité vocale donnée, on va parler de l’état de l’appareil vocal (l’appareil vocal comprend beaucoup plus de choses que les cordes vocales, mais l’étendue de cet article n’est pas assez vaste pour les couvrir toutes – j’en parlerai plus longuement dans d’autres articles et, surtout, dans ma méthode d’auto-apprentissage.) - du coup, il faut qu’on sache comment fonctionnent ces cordes (qui ne sont pas vraiment des cordes, mais des plis de chair, de ligament, de muscle et de muqueuses).

Nos ‘vraies’ cordes vocales (je précise vraies parce que nous avons déjà évoqué les fausses cordes vocales dans le premier clip de cette série) disposent de deux mécanismes vibratoires principaux. Elles peuvent être épaisses ou fines. Ensuite, elles peuvent aussi être tendues (pour aller plus haut) ou rigides (pour mettre de l’air dans la voix) ou rendues encore plus courtes que d’habitude (pour des effets tels que le belting). Aujourd’hui, nous n’allons parler que des cordes fines et des cordes épaisses.

Lorsque les cordes sont épaisses, elles ferment sur toute leur profondeur et le temps qu’elles restent fermées est plus important, ce qui donne un son qui est plus puissant ou avec plus de métal ou éclat dans la voix. Certains appellent ça la voix de poitrine, mais je n’aime pas trop ce terme car il a des connotations de résonance aussi et il faut bien séparer les choses – de plus, avec quelques astuces techniques, on peut facilement se servir des cordes épaisses dans la partie haute de la voix aussi, ou la résonance va plutôt être senti dans la tête.

Lorsque les cordes sont fines, elles ferment uniquement sur les bords intérieurs et le cycle ‘cordes fermées’ est moins important, du coup le son est plus doux et moins fort (mais il résonne bien assez pour être entendu et porter au dessus d’un piano, par exemple). Certains appellent ça la voix de tête, mais pareil – on peut l’utiliser sur toute sa voix, donc le terme n’est pas très utile.

Certains appellent aussi l’état rigidifié des cordes vocales la voix de tête – ce qui peut prêter à confusion car avec les cordes fines on peut chanter avec puissance si on le souhaite – ce qui n’est pas le cas des cordes rigides - du coup on se perd et on n’utilise pas le terme voix de tête pour parler de façon constante de la même chose (d’ailleurs j’ai récemment récupéré une fille qui a passé 10 ans au conservatoire à chanter en cordes rigides plutôt qu’en fines dans la partie aiguë de sa voix, sans qu’on lui dise que c’était une erreur – lorsqu’elle demandait pour quoi elle n’avait pas de puissance, on lui répondait qu’elle n’avait tout simplement pas beaucoup de coffre… va sans dire que maintenant, elle commence à avoir de la puissance vocale, mais elle se sent assez trahi par ses anciens profs.)

Tout ça est bien beau, mais comment trouver les cordes fines et épaisses et comment les utiliser ?

C’est simple :

Les cordes épaisses sont utilisées pour faire des sons plus coffrés et forts. Pour les sentir, faites les exercices suivants :

  1. Faites le son ‘uh-oh’. Où sentez-vous l’effort musculaire ? Pile dans la pomme d’adam. Surprenant, hein ? On nous dit depuis des années qu’on ne doit rien sentir là-dedans et pourtant, c’est là que les cordes épaisses sont contrôlées (si vous voulez la science, c’est le muscle thyro-aryténoïdien qui travaille ici - le TA).
  2. Jouez un peu avec les cordes épaisses, ressentez bien que le son est produit dans la pomme et nul part ailleurs. Le volume sera moyen voir fort (5-9/10). Faites des sons tenus.
  3. Faites des glissades sur la voyelle ‘Ah’
  4. Chantez quelque chose de simple, qui ne monte pas trop, en sentant bien l’effort la pomme - je dis bien effort et non pas tension ni douleur.

Les cordes fines sont utilisées pour faire des sons plus doux et intimes. Pour les sentir, faites les exercices suivants :

  1. Imitez un chiot qui couine, ou un enfant qui gémit. Où sentez vous l’effort maintenant ? Il n’est plus dans la pomme d’adam, mais ailleurs. Vous pouvez peut-être le sentir plus haut ou plus bas, ou tout implement avoir l’impression de pleurer un peu dans le son – tant que vous ne ressentez rien dans la pomme et qu’il n’y a pas d’air dans la voix, vous avez trouvé vos cordes fines. (Science : les cordes fines sont contrôlées par les mêmes muscles qu’on utilise pour pleurer – le crico-thyroïdien ou CT) - si vous avez de l’air dans la voix, vous n’êtes pas en fines, mais en rigides.
  2. Si vous avez trouvé les fines du premier coup, faites les mêmes glissades et sons tenus que vous avez faits en épaisses (vous trouverez plus facile la voyelle OU que AH pour cet exercice, mais faites les deux) - essayez de faire les exercices à la même hauteur que vous avez utilisé pour les épaisses, comme ça vous sentirez vraiment la différence physiologique.
  3. Chantez le même petit morceau que vous avez chanté en épaisses tout à l’heure et regardez les différences.

Récapitulons :

Epaisses : Son fort (4-9/10), effort musculaire senti au niveau de la pomme d’adam. Plus facile d’utiliser dans les graves - limite de Do4 pour l’instant. Pour le trouver : Uh-Oh.

Fines : Son doux (2-5/10 dans la partie basse de la voix, sans limite dans la partie haute), effort musculaire senti dans les muscles du pleur. Pour le trouver ‘Oh’ en imitant un enfant qui pleur.

Faites très attention à bien les séparer – dans les épaisses, on ne sentira que l’effort dans la pomme (TA) et non pas dans le pleur (CT), alors que pour les fines ce sera l’inverse – aucun effort dans la pomme, et tout dans le pleur.

Dans un premier temps, on ne montera pas plus haut que le do/ré 4 dans les cordes épaisses (on peut aller beaucoup plus haut, mais il faut maîtriser quelques paramètres supplémentaires d’abord) – par contre, pendant les exercices, laissez votre voix vous guider – si jamais vous sentez de la tension, ou que ça fait forcé ou serré – vous êtes allé trop loin.

Alors, lorsque vous voulez chantez fort, chantez en épaisses, lorsque vous voulez chantez moins fort, chantez en fines et lorsque vous voulez monter facilement, utilisez les fines aussi. Lorsque vous montez, essayez de changer vers les fines en rajoutant un peu de pleur dans la voix lorsque vous montez et en ressentant les cordes qui lâchent du poids progressivement – NE LAISSEZ PAS LA VOIX DEVENIR AEREE ! Plus loin on fera des exercices pour créer une troisième configuration qui permettra de chanter en haut avec la puissance des épaisses mais la facilité des fines.

Comme d’habitude, travaillez bien ces exercices pendant toute la semaine et RDV la semaine prochaine !

Allan

(petite question - certains m’ont demandé de mettre un vrai forum sur le site - pensez-vous que ce soit utile pour qu’on puisse discuter entre nous ?)

Bossons ensemble ! Semaine 3 - l’accolement des cordes vocales - un début.

Dimanche, novembre 30th, 2008

Bonjour !

Alors, nous voilà rendus à notre troisième semaine de cette série d’exercices quotidiens à faire pour améliorer sa voix.

Cette semaine, nous allons commencer à travailler les cordes vocales (pour des images, voyez les articles des deux semaines précédentes) et plus particulièrement l’accolement de celles-ci.

Lorsqu’on veut faire un son, les cordes vocales doivent être accolées - ce qui veut dire qu’elles se touchent et ensuite l’air qui arrive par la trachée les fait ouvrir pour laisser s’échapper un petit bout d’air.  Lorsqu’on chante le la 440 (le la qu’utilisent les musiciens pour s’accorder), cette opération se fait 440 fois par seconde - incroyable, non ? Mais pour qu’elle se fasse correctement, il faut un bon accolement des cordes et une bonne gestion de l’air (ne pas envoyer trop d’air pour une tâche vocale donnée).

Du coup aujourd’hui nous avons des exercices à faire avec les consonnes voisées en glissade - il n’y a pas plus simple, mais c’est aussi très efficace.

Regardez le clip et puis surtout n’hésitez pas si vous avez des questions.

Bossez bien et à la semaine prochaine !

Allan

(juste pour info, j’ai rajouté une page ‘contactez Allan’ sur le site web, certains d’entre vous avaient du mal à m’envoyer des mails, ça devrait être plus simple maintenant !)

Bossons ensemble ! Semaine 2 - la respiration et le soutien.

Lundi, novembre 24th, 2008

Bonjour !

Etant donné l’énorme succès de l’exercice de la semaine dernière, je pense qu’on va continuer avec cette serie pendant un certain temps.

Cette semaine, nous allons parler du soutien et de la respiration.

Ce qu’il faut savoir c’est que respiration NE FAIT PAS LE CHANT - une bonne technique respiratoire est un sous-produit d’une bonne technique vocale et non pas sa cause c’est très important de se le rappeler.

On confond souvent cause et symptôme - si on considère que lorsque quelqu’un chante bien, il respire aussi bien (ce qui est sûr) il faut savoir lequel est la cause et le symptôme. Les méthodes ‘classiques’ prétendent souvent que la respiration et la cause et le beau chant le symptôme - mais cela ne tient pas debout. Considérons les instrumentistes qui jouent des instruments à vent - ils ont tous une bonne technique respiratoire mais il ne savent pas tous chanter. Les enfants qui poussent des cris sans se faire mal ont une bonne technique respiratoire, mais ne l’ont jamais appris.Tous les élèves qui suivent une formation classique apprennent d’abord une bonne technique respiratoire, mais la plupart ne finissent pas par savoir chanter (sinon, on n’aurait que des solistes partout !) - du coup l’école classique est très efficace depuis des centaines d’années - oui - mais uniquement pour un tout petit pourcentage de ceux qui essayent de la suivre. La plupart échouent.

Les recherches actuelles nous montrent que le corps sait déjà respirer de la bonne façon et sait déjà soutenir un son (CF les recherches de Jo Estill, Janice Chapman et tout ce qui concèrne Accent Method Breathing) - du coup, pour bien soutenir sa voix lorsqu’on chante, il faut apprendre à faire confiance à son savoir.

Si vous avez maîtrisé l’exercice de la semaine dernière (et uniquement si vous l’avez maîtrisé…), vous pouvez commencer à travailler les exercices de cette semaine. Nous allons faire trois choses :

1) identifier les muscles de soutien naturel

2) observer le corps dans un état de soutien naturel et de respiration automatique

3) appliquer ces sensations à des exercices chantés

Alors, commençons par l’identification des muscles concernés - regardez l’image ci-dessous (pris du livre de Janice Chapman) :

Soutien Vocal

Ensuite, avec votre main gauche, mettez le pouce sur le point qui se trouve juste sous le sternum (le point le plus haut de l’image) et le petit doigt sur le point tout en bas. Avec la main droite en forme de pince, prenez votre taille à l’endroit de l’un des points du milieu. Ensuite, toussez. Vous allez sentir un mouvement sous les mains. Votre corps soutient automatiquement le son ‘intense’ et potentiellement dangereux que vous faites.

Maintenant, en gardant les mains en place, criez ‘Hé !’ comme si l’on vous volait votre sac / portefeuille. Vous allez ressentir la même chose encore. Sous le pouce de la main gauche, ainsi que sous la main droite, les muscles poussent vers l’extérieur tandis que, sous le petit doigt de la main gauche, ils poussent vers l’intérieur. Vous n’avez pas besoin de penser à ça, c’est automatique.

Maintenant, faites une série de Hé ! avec un petite pause entre chaque - relâchez bien les muscles pendant la pause s’ils ne se relâchent tous seuls. Normalement vous devrez voir que vous pouvez faire autant de Hé ! que vous voulez sans jamais avoir besoin de respirer consciemment - et oui, non seulement votre corps soutien naturellement votre son, mais il fait rentrer automatiquement de l’air à la fin du son. On appelle ça la respiration élastique et non seulement c’est naturel, mais c’est aussi totalement silencieux ! Magique !

Alors, maintenant, essayez de tenir un Hé !, genre tous les trois Hé !, pour un peu plus longtemps que les autres - ça ne devrait rien changer au système - la respiration fonctionne automatiquement et, tant que vous faites le son, le soutien reste en place.

Une fois que vous avez assimilé ça, essayez de l’appliquer à des petites gammes ou des bouts de chanson en cherchant toujours à chanter avec la même connexion émotionnelle et primale que vous avez lorsque vous criez Hé ! (même si vous chantez à faible volume - ici il ne s’agit pas de criez toute la chanson, mais d’avoir la même intention émotionnelle).

Voilà - faites ça une dizaine de fois par jour, et tenez-moi au courant !

A bientôt,

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 1 - ‘la gorge ouverte’

Dimanche, novembre 16th, 2008

Bonjour tout le monde !

Comme ça fait un moment que je reçois pas mal de questions par mail, et souvent la même question de plusieurs personnes différentes, je me suis dit que ça pourrait être marrant de travailler sur un exercice de la semaine, tous ensemble - c’est à dire que je vais choisir parmi les questions posées un ‘objectif’ pour chaque semaine et j’en ferai un clip et une série d’exercices qu’on pourra tous faire ensemble tous les jours. On pourra en parler ici et sur youtube.

Alors, pour cette première semaine, on va parler de la gorge ouverte. La Gola Aperta de l’école italienne fait partie d’une bonne technique pour le chant, mais souvent les profs le réclamment sans expliquer comment faire pour le mettre en place. Alors, voici un aperçu physiologique de la chose.

Juste au dessus des cordes vocales, dans le larynx, se trouvent des bandes ventriculaires appelées ‘les fausses cordes vocales’ - vues d’au dessus, elles ressemblent à ça :

Fausses cordes vocales

Les ‘vraies’ cordes vocales sont intitulées ‘vocal fold’ et les fausses ‘ventricular fold’. (Pour info, le devant du larynx est en haut et la nuque en bas).

La fonction de ces fausses cordes est de se contracter pour protéger les vraies cordes et ainsi les poumons de la noyade (enfin, c’est un peu simpliste, mais en gros, c’est ça).

Beaucoup de profs préconisent la gorge détendue pour chanter, mais il faut savoir que détendue n’est pas pareil qu’ouverte. Détendue implique tout simplement un manque de tension, alors que ouverte implique un effort physique pour écarter les fausses cordes du chemin de la voix. Regardez les images ci-dessous (cette fois ci, vues de devant) pour vous montrer les trois positions des fausses cordes (elle est un peu simplifiée mais elle montre bien la chose) :

Trois postures des fausses cordes

Dans les deux versions du haut, on voit les fausses cordes et les vraies cordes (en bas) réagir ensemble.

Dans celle du milieu, on est dans l’impossibilité de chanter avec facilité et on risque de se blesser !

Dans la dernière, par contre, les vraies cordes sont accolées mais les fausses sont écartées - c’est excellent pour une bonne hygiène vocale et une production sonore aisée.

Malheureusement pour nous, le corps ne sait pas distinguer entre la poussée d’adrénaline que l’on ressent avant de chanter devant un public et celle qu’on ressent juste avant de se noyer ! Du coup, les cordes ont tendance à se refermer lorsqu’on veut chanter et on se retrouve à se battre contre la nature même du larynx pour sortir un son (c’est aussi la raison pour laquelle on chante moins bien chez son prof ou devant un public qu’à la maison tout seul).

Du coup, plutôt que de couvrir la chose de mystère et de donner des images telles que ‘l’oeuf dans la gorge’ ou encore ‘le tuyau dans la gorge’ pour essayer d’inciter la gorge ouverte - on a tout simplement besoin d’apprendre à contrôler ses fausses cordes pour arriver 100% du temps à avoir la gorge ouverte.

Dans le clip ci-dessous, vous verrez des exercices à faire tous les jours pour trouver la gorge ouverte si convoitée des chanteurs - fastoche !

Voilà, comme d’habitude, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou suggestions.

A bientôt.

Comment faire ses aigus sans forcer ?

Lundi, juillet 21st, 2008

Récemment vous avez été plusieurs à me poser cette question et il est vrai qui si on a pris l’habitude de pousser plus pour ses aigus (par manque d’enseignement ou à cause d’un mauvais enseignement), il n’est pas facile de s’en débarrasser.
Vous verrez dans le clip quelques astuces pour vous aider à comprendre comment y arriver !

  1. Travaillez avec la résonance plutôt qu’avec l’air et faites des glissades sur une voyelle fermée (telle que ‘i’), et puis une ouverte (telle que ‘a’)
  2. Faites exprès, lorsque vous travaillez votre voix, de faire les aigus à moindre volume que les graves.
  3. Faites une voix de lutin sur la syllabe NG, comme ‘sing’ en anglais sur des glissades lentes et à faible volume.

Evidemment pour comprendre le tout, il vaut mieux regarder le clip !
Sachez que vous n’êtes pas forcément obligé de faire TOUS ces exercices – essayez-les tous et puis choisissez celui qui fonctionne mieux pour votre voix. C’est très personnel.
Voilà – j’espère que ça vous aidera à surmonter vos difficultés – rappelez-vous je suis toujours à la recherche de nouveaux sujets pour le site, donc vos difficultés m’intéressent !

Chantez bien et prenez soin de vos voix.
A bientôt pour plus d’informations sur la voix mixte.

Allan