Archive for the ‘Astuces pratiques’ Category

Comment faire ses aigus sans forcer ?

Lundi, juillet 21st, 2008

Récemment vous avez été plusieurs à me poser cette question et il est vrai qui si on a pris l’habitude de pousser plus pour ses aigus (par manque d’enseignement ou à cause d’un mauvais enseignement), il n’est pas facile de s’en débarrasser.
Vous verrez dans le clip quelques astuces pour vous aider à comprendre comment y arriver !

  1. Travaillez avec la résonance plutôt qu’avec l’air et faites des glissades sur une voyelle fermée (telle que ‘i’), et puis une ouverte (telle que ‘a’)
  2. Faites exprès, lorsque vous travaillez votre voix, de faire les aigus à moindre volume que les graves.
  3. Faites une voix de lutin sur la syllabe NG, comme ‘sing’ en anglais sur des glissades lentes et à faible volume.

Evidemment pour comprendre le tout, il vaut mieux regarder le clip !
Sachez que vous n’êtes pas forcément obligé de faire TOUS ces exercices – essayez-les tous et puis choisissez celui qui fonctionne mieux pour votre voix. C’est très personnel.
Voilà – j’espère que ça vous aidera à surmonter vos difficultés – rappelez-vous je suis toujours à la recherche de nouveaux sujets pour le site, donc vos difficultés m’intéressent !

Chantez bien et prenez soin de vos voix.
A bientôt pour plus d’informations sur la voix mixte.

Allan



La voix mixte - les premiers pas

Mardi, juillet 15th, 2008

Alors, qu’est-ce que la voix mixte ? C’est simple, c’est un ensemble de processus physiques qui mettent en place un registre résonantiel dans lequel la résonance est partagée entre la cavité buccale et les fosses nasales – comme si le son était coupé en deux et une partie sortait directement de la bouche et l’autre passait derrière le voile du palais. L’intérêt d’une bonne voix mixte est double – premièrement elle nous permet de chanter sur toute la tessiture sans entendre de rupture et deuxièmement elle nous permet de sortir des notes aiguës bien appuyées, presque sans effort étant donné que les cordes vocales sont plus longues et plus fines et donc vibrent plus vite avec le même débit d’air.

 

Quel est le processus, alors, pour mettre en place une voix mixte ?

Il faut basculer son cartilage thyroïde en avant, vers le cartilage cricoïde, rendant ainsi les cordes légèrement plus tendues et donc plus longues et fines. Ensuite il faut partager la résonance entre la cavité buccale et les fosses nasales à partir du premier passaggio.

 

Perdus ? Soyez rassuré – il y a une façon très simple de faire tout cela sans y penser et c’est une action que nous faisons tous sans difficulté – il faut tout simplement pleurer ou couiner.

Et oui, le fait de couiner légèrement entraîne et la bascule et le partage de résonance – n’est-ce pas merveilleux ? Allez voir les exercices sur le clip et faites les doucement – le but est de trouver la voix mixte, dans les prochaines mises à jour, on travaillera la souplesse et la puissance dans ce nouveau registre qui nous apportera à la fois une liberté vocale et une facilité et homogénéité sur toute la tessiture !

(Avant de faire les exercices sur le clip, soyez sûrs que vous maîtrisez les exercices concernant la voix de tête, la voix mixte sera d’autant plus facile à trouver.) 

La voix de tête - qu’est que c’est ? Comment la renforcer ?

Lundi, juin 23rd, 2008

On parle souvent de la voix de tête, ou bien la voix de poitrine, ou encore de voix mixte… et souvent les mêmes appellations sont utilisées différemment chez différentes personnes - alors comment est-ce qu’on est censé se retrouver la-dedans en tant que chanteur ?Je vais vous expliquer ma façon d’utiliser ces termes, qui est basée sur mes recherches dans la phonologie pour le chant et l’anatomie vocale, mais ne soyez pas surpris si ça diverge par rapport aux autres théories que vous aurez certainement entendues - tout ce que je peux dire c’est que ma théorie est anatomiquement solide, donc pour moi elle tient la route et donne des résultats (ce qui est le plus important !) Pour moi, lorsqu’on parle de voix de tête ou de poitrine, on parle plutôt d’une résonance particulière - autrement dit, on décrit tout simplement l’endroit ou le chanteur ressent le placement de voix lorsqu’il chante. En règle générale, les aigus vont se ressentir dans la tête (et les fosses nasales) et les graves dans la bouche et la poitrine - d’où les appellations courantes de ‘voix de tête’ et ‘voix de poitrine’.Ceci dit, ces appellations viennent du classique où on cherche à maintenir un son homogène sur toute la tessiture, ce qui n’est pas forcément adapté à toute la musique moderne. Au lieu de parler de résonance et voix comme s’il s’agissait de faits anatomiques, il vaut mieux se tourner vers notre ami le larynx pour y trouver les réponses.En fait, l’endroit où le chanteur ressent la résonance n’a presque rien à voir avec ce qui se passe dans le larynx - il est tout à fait possible de faire ses aigus en ‘voix de tête’ (c’est à dire en ressentant la résonance dans la tête) et se faire mal parce que les cordes vocales ne sont pas correctement configurées. Si on veut enseigner un chant modulable, qui s’applique à plusieurs styles (le lyrique compris) sans courir de danger pour la voix, on doit forcément savoir quelle configuration des cordes vocales il convient d’utiliser pour chanter dans chaque partie de sa tessiture.Le larynx contient les cordes vocales (ou plis vocaux, comme on devrait plus correctement les appeler) et ce sont ces cordes qui créent le son lorsqu’on chante (et lorsqu’on parle aussi !) - ce sont donc les acteurs les plus importants dans la phonation pour le chant. Les cordes ont plusieurs configurations qui nous servent lorsqu’on chante (aussi appelées des mécanismes), ce sont :

  1.  La friture : Les cordes sont très détendues et vibrent de façon chaotique. Le son ressemble un peu à une porte qui grince ou bien un léger grésillement. La friture est parfois utilisée en début de note pour une attaque assez ‘pop’ (penser : Britney Spears qui chante ‘oh baby baby’) ou bien dans des registres très graves tels que le Death Metal.
  2. Les cordes épaisses : Les cordes vocales sont légèrement tendues, mais restent épaisses et courtes. Cette configuration est aussi appelé couramment ‘le mécanisme lourd’ - c’est la configuration qu’utilisent la plupart des hommes pour parler.
  3. Les cordes fines : Les cordes vocales sont plus tendues et plus longues car le cartilage thyroïde bascule en avant, tirant ainsi les cordes vers l’avant - comme elles sont plus tendues, elles sont forcément aussi plus fines (comme un élastique que l’on étire). Cette configuration rend l’accès aux aigus extrêmement facile. Aussi appelé le mécanisme léger.
  4. Les cordes rigides : Les cordes vocales se figent et s’ouvrent un peu pour laisser passer un filet d’air, les couches supérieures des cordes vibrent, alors que le reste ne bouge pas. Aussi appelé le falsetto. Cette configuration donne un son léger, aéré et détimbré.
  5. Le siflet : Le sifflet est une version extrême des cordes rigides. On ’siffle’ un peu d’air à travers des cordes tendues. Cette configuration est utilisée pour chanter des notes extrêmement aiguës (à la Mariah Carey). Il est dangéreux d’essayer d’apprendre ce registre tout seul - il faut être encadré par un prof compétent !

Ainsi, n’importe quelle configuration peut être chantée en plaçant la résonance dans la tête ou dans la poitrine, c’est pourquoi je préfère enseigner les configurations pour m’assurer qu’on attaque chaque note avec un maximum de facilité et aisance. Si on se fie à l’approche ‘résonance’ on peut très bien essayer de chanter son contre-ut avec les cordes épaisses, tout simplement parce qu’on ressent la résonance dans la tête donc on se dit qu’on est en voix de tête - très dangéreux ! Mais si on apprend à distinguer les configurations des cordes vocales, on ne peut jamais se tromper.Alors, pour mieux voir nos aigus il nous faut voir la configuration cordes fines, car c’est celle-ci qui nous donnera un accès léger et aisé à la partie aiguë de notre voix - certes, la son sera plus léger que l’approche ‘je force comme un malade pour que les cordes épaisses résonnent jusqu’à en haut’ - mais on aura des notes faciles et fiables que l’on pourra, par la suite, déguiser avec des astuces de voix mixte pour avoir la même puissance et même plus de timbre que quelqu’un qui a appris qu’il fallait forcer pour les aigus - et le tout sans faire aucun effort. Elle n’est pas belle, la vie ?…!Visionnez, donc, le clip qui vous donnera des exercices pour mieux sentir et travailler votre configuration cordes fines et la prochaine fois on verra les ébauches de cette mystérieuse voix mixte. Chantez bien et à bientôt ! Allan  

La respiration dans le chant

Jeudi, mai 15th, 2008

Apprendre à respirer… ?
On me pose souvent la question suivante - ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’…. erm, excuse-moi ? Apprendre à respirer ?

Avant de partir dans mes opinions sur la respiration pour le chant, je vais vous dire ce que je dis à chacun des mes élèves qui me pose cette question - tu sais déjà respirer, autrement tu aurais déjà eu de gros soucis.

Contrairement à ce que disent beaucoup de profs de chant, on ne respire pas différemment pour le chant, les poumons se remplissent automatiquement (essayes de te les vider… impossible, hein ? Et même si tu penses y être parvenu, qu’est-ce que se passe si tu lâches la tension ? De l’air rentre - pourquoi ? Parce que le diaphragme ne peut être contrôlé - il réagit instinctivement et automatiquement. Je répète, il est anatomiquement impossible de contrôler son diaphragme. On ne peut ni le sentir (il n’y a pas de nerf dedans) ni le contrôler.

Ensuite, il faut savoir que la respiration n’est qu’une partie du chant, il y a aussi des tas d’autres choses qui rentrent en compte - l’accolement des cordes vocales, le positionnement du larynx, la détente musculaire dans certains endroits et la tension musculaire dans d’autres… enfin la liste est très longue ! Tout ça nous montre que toute formation vocale qui mettrait une importance primordiale sur la respiration est du moins déséquilibrée, si ce n’est dangereuse.

Donc, est-ce que je pense qu’on peut faire n’importe quoi au niveau de l’air lorsqu’on chante - non. Pas du tout. C’est juste que les termes utilisés sont souvent trompeurs et causent beaucoup de problèmes (je récupère souvent des élèves avec des années de formation classique derrière eux qui sont incapable de chanter mais qui ont, soi disant, une bonne technique respiratoire). Je pense qu’il faut voir les choses sous un autre angle et changer la question.

Au lieu de se demander ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’ on va plutôt se demander ‘comment puis-je utiliser au mieux l’air qui est dans mes poumons lorsque je chante’ et là, ça change tout.

Le son et les ondes
Lorsqu’on chante (tout comme quand on parle, d’ailleurs) on produit des turbulences dans l’air (des bandes de haute pression séparées par des bandes de basse pression) qui transmettent le son à nos spectateurs, ensuite leur oreille décode ces turbulences (ou ondes - comme quand on laisse tomber un galet dans un étang) pour reproduire le son envoyé - c’est de l’ingénierie haut de gamme !

Lorsque les ondes sont plus rapprochées, le son est plus aigu et lorsque les ondes sont plus loin les unes des autres, le son est plus grave.

Mais, si le galet commence les ondes dans l’étang, quelque chose dans notre corps doit bien commencer les ondes dans l’air, non ? Quelque chose doit osciller assez rapidement pour perturber l’air et causer des vibrations. Si on pince une corde de guitare, on la voit vibrer - ce mouvement de va-et-vient comprime l’air à côté de la corde et l’entraîne loin de l’air qui l’entourait avant, et ce processus se répète en cycles - comprimer, entraîner, comprimer, entraîner… c’est ça qui provoque les ondes dans l’air.

Mais comment tout ça fonctionne dans la voix humaine ?

Si la corde de guitare cause des turbulences en se frottant contre l’air, la voix humaine les provoque en créant de la pression d’air et en la lâchant petit à petit.

Si on imagine ses poumons en tant que deux chambres à air qui peuvent être mises sous tension grâce aux muscles de l’abdomen, on n’est pas loin de la vérité. Tout en haut de ce système est une valve ou un obturateur qui peut être réglé pour lâcher de l’air progressivement dans une série de toutes petites explosions.

Cette valve est créée en accolant les cordes vocales, ce qui ferme hermétiquement la chambre à air et en contrôle, de façon très précise, la sortie de l’air. Ce sont les petites explosions d’air qui créent les ondes pour la voix humaine.

Plus les cordes sont accolées et tendues, plus les explosions sont fréquentes et comme on a déjà vu, plus les explosions sont rapides, plus les ondes sont rapprochées et plus la note sonne aiguë.

Evidemment, c’est un schéma très simplifié de la voix humaine, mais ça suffit pour comprendre que la façon dont on respire n’a rien à voir avec le son qui sort de notre bouche. D’ailleurs, dès la naissance, même avant de savoir parler, on poussait tous des cris (parfois très aigus), sans se faire mal et sans un seul cours de technique respiratoire ! - c’est naturel.

Ce qui contrôle l’air est donc le larynx et les cordes vocales. Les muscles de l’abdomen ont un rôle à jouer pour mettre l’air sous tension derrière les cordes vocales, mais si les cordes sont correctement accolées, ce phénomène se fait naturellement.

C’est pourquoi, il faut d’abord s’assurer que le larynx est en bon état de fonctionnement (ni trop haut ni trop bas et qu’il ne bouge pas trop lorsqu’on chante) et que les cordes vocales sont correctement accolées AVANT de regarder la respiration. Le faire dans l’autre sens peut laisser passer des problèmes d’accolement des cordes vocales, ce qui reviendrait à essayer de chauffer une pièce sans avoir fermé la fenêtre d’abord - on peut mettre le chauffage à fond mais la pièce ne sera pas chauffée efficacement. Peu importe la ‘technique’ de chauffage que l’on utilise.

Une fois que j’ai réglé les problèmes de larynx et de cordes vocales, je regarde vite fait l’appui respiratoire - et MIRACLE - souvent il est parfait, le corps sachant comment respirer et comment utiliser l’air pour faire un son - il n’a que très rarement besoin d’apprendre. Je règle la respiration UNIQUEMENT si l’estomac ne sort pas lorsqu’on inspire et ne rentre pas lorsqu’on expire - ce qui est assez rare.

Donc tous les grands chanteurs ont une bonne technique respiratoire - oui, mais la bonne respiration est le produit d’une bonne technique vocale et non pas l’inverse comme le soutiennent beaucoup.

Vérifier sa respiration
Voici quelques exercices pour voir si votre respiration tient la route pour faire des sons (qu’ils soient chantés ou non) :

Allongez vous par terre et mettez un livre sur votre ventre - lorsque vous inspirez le livre doit monter, lorsque vous expirez il doit descendre.

Mettez-vous à quatre pattes et inspirez doucement - vous sentirez descendre votre estomac, lorsque vous inspirez il devrait monter.

Si vous arrivez à faire ces deux exercices, félicitations - votre respiration est parfaite pour chanter. C’est marrant - ça n’a pas pris des années d’enseignement pour l’apprendre…

Dans un prochain article on verra comment mettre un appui abdominal pour soutenir l’air dans la trachée (vous remarquerez que je n’ai pas dit pour soutenir la note… je n’aime pas dire ça parce que les gens pensent que si l’air soutient la note, ils doivent en envoyer plus lorsqu’ils montent plus haut - FAUX. L’air reste à une pression homogène pendant tout l’acte de chanter - ce sont des micro-changements dans les cordes vocales qui changent la hauteur de la note) - vous serez peut-être tout aussi étonnés de voir qu’une fois le larynx réglé, l’appui est souvent là de façon naturelle aussi. On dirait que vous êtes nés pour ça !

A une prochaine fois !

Comment passer de la voix de poitrine à la voix de tête sans accrocs ?

Dimanche, mars 9th, 2008

Beaucoup d’entre vous m’ont dit que vous aviez du mal à passer entre la voix de poitrine et la voix de tête - vous disiez que le passage s’entendait, que la voix changeait notablement, que vous forciez, que vous aviez mal après…

Et bien, tout ça est normal ! La voix de poitrine est votre mécanisme habituel - vous parlez avec toute la journée, or il est normal que ce registre vous soit plus accessible que celui de la voix de tête - dont on a rarement l’usage en dehors du chant !

Ceci dit - il n’est pas normal d’entendre de changement notable dans la voix (évidemment la voix de poitrine et la voix de tête sont différentes, mais on ne doit pas entendre à quel moment le changement se fait…), il n’est pas normal d’avoir mal, de devoir forcer etc.

Cet exercice vous aidera à trouver votre mécanisme léger sans tension et à y accéder sans difficultés, tout le temps. Ceci dit… il est légèrement ridicule comme exercice donc faites le tout(e) seul(e) si vous pouvez - vous le faites devant vos amis à vos risques et périls !

N’hésitez pas si vous avez des questions.

Allan


Suis je ténor, baryton, soprane, mezzo… ?

Dimanche, février 17th, 2008

Il est vrai que c’est difficile de trouver sa place vocalement et cette question est celle qu’on me pose peut-être le plus souvent, mais pour y répondre, il faut se poser une autre question encore - “Qu’est-ce que la tessiture, au juste ?”

Je vais peut-être vous choquer, mais je ne crois pas que ce soit si important que ça. Pourquoi - et bien, il faut comprendre d’où viennent ces termes - ce sont des classifications vocales qui ont été inventées pour rendre plus facile le recrutement dans les opéras, rien de plus. Il est ridicule de penser que toutes les voix humaines puissent rentrer dans une dizaine de cases ! Chaque voix est aussi individuelle que son propriétaire et donc chaque chanteur se doit d’apprendre à connaître sa voix et non pas d’essayer de lui imposer de faux critères créés à la base pour rendre plus facile le recrutement dans un genre musical que la plupart de chanteurs ne veulent pas chanter…

Or, si vous ne chantez pas de classique, ni de comédie musicale, votre tessiture n’a pas besoin de porter un nom bidon. Apprenez à connaître votre voix et apprenez dans quelles tonalités elle sonne mieux et n’hésitez pas à changer la tonalité des morceaux pour vous convenir, s’il le faut - même s’il s’agit du classique. Je sais qu’avec ce dernier propos je risque de me faire des ennemis chez les puristes, mais en tant que professionnel de la voix, il m’est beaucoup plus important de préserver la santé vocale d’un chanteur, même si ça veut dire changer la tonalité d’un morceau de Mozart, plutôt que de forcer sa voix à aller là où elle ne veut pas.

De plus, cette histoire de tessiture est trompeuse - ça n’a rien à voir avec les notes que vous pouvez atteindre (d’ailleurs je déteste l’idée d’atteindre des notes - je préfère parler de ‘chanter’). Les notes que vous savez chanter, donc, n’affectent pas vraiment votre tessiture. Un baryton et un ténor devraient tous les deux pouvoir chanter le contre-ut (s’ils sont bien formés et ont une technique solide - voir mon article sur la différence entre la technique et le style) - il s’agit plus de la résonance vocale. Un baryton va sonner mieux dans le milieu, voire les graves, et le ténor résonnera mieux dans les aigus - tout comme un violon et un violoncelle qui jouent la même note - il y une différence de résonance et de timbre.

J’ai des élèves qui me sont venus d’autres professeurs qui leur avaient dit ‘vous êtes baryton’ ou bien ‘vous êtes alto’, tout simplement parce que l’élève n’arrivait pas à chanter dans les aigus avec aisance - ça, mes amis, c’est de la paresse pure et dure de la part de l’ancien prof - ‘je n’arrive pas à vous aider donc je vais faire style que ça vient de vous’. Notamment, un homme qui n’arrivait pas à chanter au dessus d’un sol - et donc, selon son ex-prof- était baryton, avait tellement peu de résonance dans ses graves et un si beau timbre dans la partie aiguë de sa voix, que j’étais persuadé qu’il était en effet ténor. C’est le cas, et tous les jours il chante un peu plus haut, tout en douceur, pour révéler sa voix de tête. On peut très bien être soprane ou ténor sans avoir de contre-ut, tout comme on peut être alto ou baryton en ayant une tessiture assez développée dans les aigus.

Donc, si vous avez besoin de passer des auditions où on vous demande votre tessiture, ou si vous souhaitez postuler pour une pupitre de soprane ou ténor - la seule façon de savoir votre vraie tessiture, c’est de savoir où votre voix sonne mieux. Ensuite, s’il vous manque des notes pour rentrer dans le cadre demandé, il faut une bonne formation pour vous aider à les retrouver.

Pour résumer - demander ‘quelle est ma tessiture’ quand vous n’avez pas envie de chanter du classique ou de la comédie musicale revient à demander ‘quel est mon classement au badminton’ si vous prévoyez de jouer au tennis…


Echauffement vocal complet

Vendredi, janvier 25th, 2008

Et bien, mon dernier article a suscité un tel intérêt que je suis resté très surpris ! Apparemment vous êtes plusieurs à avoir cherché de telles informations sans trouver depuis un moment. J’ai eu beaucoup de mails me remerciant (je vous en prie !) et me demandant si je voulais bien faire la même chose pour un échauffement plus complet. Et ben, oui. Je veux bien !

Alors, l’échauffement qui suit est une version plus exhaustive de celui que j’ai écrit l’autre jour et vous permettra de détendre et échauffer votre voix de façon quotidienne en douceur. Ceci dit - ces exercices ne peuvent évidemment pas remplacer un bon prof de chant, mais si vous n’en avez pas - ou même si vous en avez un et vous voulez tout simplement un échauffement rapide et efficace pour tous les jours - les vocalises contenues dans les trois clips ci-dessous devraient faire l’affaire.

Si vous avez des questions ou vous voulez suggérer un autre thème sur lequel je pourrai éventuellement préparer un clip, n’hésitez pas à me contacter.

Chantez bien et prenez bien soin de votre voix !

Allan


Première Partie

Deuxième Partie

Troisième Partie

Un échauffement rapide

Jeudi, janvier 24th, 2008

Voilà - pas mal de lecteurs m’ont demandé si je pouvais leur donner un exercice pour bien échauffer la voix assez rapidement (pour quand ils n’ont pas le temps de s’échauffer correctement) - je pense que l’exercice suivant est excellent pour ça parce que la première étape éveille les cordes vocales et les fait vibrer sur toute leur longueur, et la deuxième étape ramène plein de sang rapidement vers les cordes vocales et - petit bonus - travaille les passages en passant du mécanisme lourd au léger (on parlera plus de ‘voix mixte’ et la réalité physique de ce ‘registre’ plus tard). Alors - si vous êtes pressés et vous voulez rapidement vous échauffer, suivez ces deux étapes :

1) Remplissez bien vos poumons et faites ‘Chhhhh’ aussi longtemps que possible. Répétez trois ou quatre fois.

2) Faites la même chose, mais remplacez ‘Chhhh’ par ‘jjjjjjjjj’ (le son de jus).

3) fredonner sur une gamme de cinq notes (articulez le son mmm avec la langue bien à plat et et sentant bien les vibrations dans les lèvres et dans le palais. Cliquez ici pour entendre la gamme de 5 notes

4) sur la même gamme de cinq notes, faites triller vos lèvres - pour ce faire, soulevez vos joues légèrement et, en mettant un léger bâillement dans votre voix - comme si vous étiez un peu endormi - faites triller les lèvres (voir clip vidéo youtube en bas de la page - pour voir les quatre étapes).

NE POUSSEZ JAMAIS SI VOUS N’ARRIVEZ PAS A ATTEINDRE UNE NOTE - LAISSEZ-LA POUR DEMAIN !

Voilà - échauffez-vous bien et prenez-soin de votre voix !