Archive for the ‘Astuces’ Category

J’ai la voix nasale ! Comment m’en défaire ?

Jeudi, septembre 10th, 2009

1. Savoir si on a vraiment la voix nasale ou non

Si vous pensez avoir un problème de nasalité dans votre voix, il faut d’abord vérifier qu’il s’agit en effet de nasalité et non pas de quelque chose d’autre. Il y a une façon très simple de faire ça :

  1. posez le doigt sous le nez et dites un ‘m’ bien tenu, comme si vous réfléchissiez à quelque chose (voir clip vidéo)
  2. Vous devriez sentir de l’air sortir du nez et chauffer votre doigt.
  3. Maintenant chantez une note en gardant le doigt au même endroit. Si le son est nasal, vous sentirez cette même sensation, s’il ne l’est pas, vous ne sentirez rien.

Ensuite - si vous avez trouvé qu’il s’agit en effet de nasalité, il faut vous poser la question suivante : est-ce que je veux m’en débarrasser ou pas.

Et oui, ça peut être une question choquante, mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a rien de malsain ou de ‘mauvais’ techniquement à avoir un son nasal - dans mes cours privés et publics j’enseigne comment faire un son nasal ou non, comme on le souhaite. Pour comprendre pourquoi ce n’est pas forcément mauvais (ni bien, d’ailleurs) d’avoir un son nasal, il faut comprendre comment marche cette partie de l’appareil vocal.

2. Le palais mou : la porte de votre nez

Le palais mou est la prolongation du palais dur - si vous touchez votre palais dur avec le bout de votre langue et vous glissez la langue légèrement vers l’arrière, vous allez sentir un endroit où la structure devient plus molle. Si vous n’y arrivez pas avec la langue, allez-y doucement avec le doigt. Cette partie molle est le palais mou.

Le palais mou sépare l’oropharynx et le naso-pharynx (ou plus vulgairement, la bouche et le nez !) et comme il est souple et peut être manipulé par certains muscles, il forme une véritable porte qui peut soit rester mi-ouvert, soit fermer le nez, soit fermer la bouche.

Voile du palais

  1. Sentir et contrôler son palais mou

Vous pouvez sentir les trois positions du palais mou en faisant l’exercice suivant :

  1. Nez Ouvert / Palais bas

fermez la bouche et dites ‘m’, comme dans l’exercice précédent. Vous remarquerez que tout le son sort par le nez (ce qui est normal - la bouche est fermée !). Le nez est alors ouvert. Maintenant, dites ‘ng’ comme à la fin du mot ‘sing’ en anglais - maintenez le son (voir vidéo) - encore une fois, même si les lèvres sont écartées, la bouche est fermée par le palais qui s’est posé sur la langue et tout le son sort par le nez.

  1. Nez Fermé / Palais relevé

Commencez par dire un ‘m’ comme dans l’exercice précédent. Maintenant commencez à dire ‘b’ ou ‘p’, mais n’ouvrez pas tout de suite les lèvres. Vous remarquerez que la pression d’air augmente dans la bouche, jusqu’à ce que vous ouvriez les lèvres pour faire votre son ‘b’ ou ‘p’. Répétez cet exercice avec le doigt sous le nez - au moment de faire l ‘m’ vous sentirez l’air passer par le nez (donc nez ouvert / palais bas) mais au moment ou vous commencez à dire le ‘b’ vous allez sentir quelque chose au fond de la bouche bouger vers le haut - l’air s’arrêtera dans le nez et commencera à faire gonfler les joues. Là, vous avez relevé votre palais mou et fermé votre nez. Maintenant, essayez de maintenir le palais fermé en disant des sons tels que ‘a’ ou ‘i’ - si c’est plus facile dans un premier temps, vous pouvez mettre un ‘b’ devant ces sons pour bien refermer le palais. Vérifiez avec votre doigt que l’air passe uniquement par la bouche et non pas par le nez.

  1. Nez mi-ouvert / palais mi-levé

Dites ‘on’ ou bien ‘in’ - vous sentirez de l’air passer et par le nez et par la bouche. Votre palais est donc mi-levé et votre nez mi-ouvert.

Alors, quelle position choisir ? La réponse est simple - ça dépend. On a tendance à penser que tout le son doit sortir tout le temps de la bouche pour ‘bien chanter’ et que le son nasal est à proscrire - mais ce n’est pas aussi simple que ça.

Certes, un son oral est plus efficace sur le plan résonance qu’un son nasal (la cavité orale étant plus grande que la cavité nasale), mais certains effets chantés ne veulent pas forcément un son très résonant. Le goût du chanteur peut être pour un son plus nasal (qui dit nasal dit forcément plus clair), par exemple.

Même si notre but est d’avoir un son bien rond et bien résonant - du coup on aura tendance à préférer un son purement oral - il y a des sons qu’on ne peut pas faire si le palais est levé et le nez fermé - notamment le ‘m’, le ‘n’ ou le ‘ng’ (à l’anglaise) - essayez de les faire en gardant le palais levé - impossible !

Ensuite, qu’en est-il des voyelles nasales telles que ‘on’, ‘in’, ‘en’ en français ? En classique, on a tendance à les rendre plus orale pour garder la résonance, mais dans d’autres styles on peut choisir de les chanter plus purement et ouvrant le palais à moitié pour ce sons là et en le refermant pour les sons non nasaux.

Conclusion

Il n’est pas forcément proscrit de chanter avec un son nasal - parfois, c’est nécessaire (certaines consonnes et voyelles) et parfois la préférence du chanteur peut être pour un son nasal. Même si les sons oraux sont plus résonants et ronds, il faut que la préférence du chanteur, ainsi que le style chanté, prime sur les idées reçues.

Apprenez donc à contrôler votre palais et vous pourrez pleinement contrôler votre son en chantant du nez quand il le faut (ou quand vous le souhaitez) et en faisant un son purement oral lorsque vous le voulez aussi.

Exercices supplémentaires :

Chantez des gammes de cinq notes (do-ré-mi-fa-sol-fa-mi-ré-do) sur toutes les voyelles, en veillant à garder le palais levé (nez fermé). Montez par demi-tons.

Répétez l’exercice sur NG en gardant le palais bas (nez ouvert). Montez par demi-tons.

Répétez l’exercice sur ‘ma’ ou encore ‘mi’ en veillant à bien ouvrir le nez pour le ‘m’ et le refermer pour la voyelle. Contrôler avec le nez sous les narines.

Répétez l’exercice sur ‘ma’ en gardant le nez ouvert pour le ‘m’ et mi-ouvert pour la voyelle.

Enregistrez vous et choisissez l’option qui vous convient le mieux.

Travaillez une chanson - trouvez toutes les endroits où vous êtes obligé d’ouvrir le nez (m, n etc) - puis travaillez juste ces mots là en refermant le nez pour la voyelle qui suit, puis en le laissant mi-ouvert.  Ensuite, chantez la chanson avec les deux options et enregistrez les résultats - choisissez l’option qui vous convient le mieux.

Bon courage et à bientôt pour une nouvelle mise à jour !

PETITE ANNONCE !

J’ai décidé de faire mes mises à jour en fonction de vos questions. Alors, toutes les semaines, je vous demanderai de bien vouloir envoyer vos questions vocales (le plus succinctement possible !) à l’adresse mail suivante : cours@chanteurmoderne.com en mettant ‘question’ dans la ligne ‘sujet’. Dès que je ferai une mise à jour, je prendrai la question le plus posée de la semaine comme thème de la mise à jour.

Merci !

Le Vibrato - quelques astuces pour bien débuter

Lundi, mars 30th, 2009

Bonjour tout le monde ! 

Comme promis, voici un clip vidéo sur le vibrato et comment le travailler.Comme dans la vidéo, je précise qu’on ne rajoute le vibrato qu’une fois la voix bien placée (dans mon modèle, il fait partie de la dernière étape - les effets - du coup, on le rajoute une fois tous les soucis techniques réglés et pas avant. Je vous conseille vivement de faire la même chose).

Le clip contient des exercices simples pour travailler le vibrato, il vous faudra un métronome (réel ou en ligne - mettez ‘free on-line metronome’ dans google) et un peu de patience.Travaillez peu mais régulièrement, plutôt que des heures d’affilé.

Encore une fois, je précise que si vous commencez à mettre du vibrato avant d’avoir posé votre voix, ou tout simplement parce que vous trouvez que ça ‘fait joli’, vous risquez de reculer dans votre apprentissage.

Si vous êtes prêts - travaillez un peu tous les jours et comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos commentaires, questions etc.

A bientôt pour une nouvelle mise à jour !

Allan 


La Bascule Thyroïdienne - C’est quoi et comment on s’en sert ?

Vendredi, février 13th, 2009

Une question assez fréquente ces derniers temps - «pourquoi vous ne parlez pas la bascule thyroïdienne ? J’ai lu sur internet que c’est important pour le chant, mais vous n’en parlez pas !» - eh bien, si j’en parle !

 

Ce qu’il faut savoir c’est que dans mon modèle, je sépare la voix en plusieurs parties, le noyau, le son primal, le filtre et les effets. La bascule thyroïdienne fait partie du son primal - mais plutôt que de vous enseigner l’anatomie qui va avec, je vous demande juste de faire un son simple et efficace pour l’avoir - le pleur / le gémissement. En effet, ce ‘son primal’ oblige le larynx à adopter une posture basculée en fermant l’espace crico-thyroïdien, ce qui rend l’accès aux aigus plus facile lorsque tous les autres éléments sont bien réunis.

 

Voici une image pour mieux l’expliquer.

Bascule Thyroïdienne

(image prise de l’excellent livre ‘Le Guide de La voix’ du Dr Yves Ormezzano, Editions Odile Jacob)

Vous voyez que lorsque le cartilage thyroïde (3) est droit, l’espace crico-thyroïdien (1) est ouvert et les cordes vocales sont courtes et assez épaisses (vous les voyez dessinées dans le cartilage thyroïde). Pendant la bascule (configuration «pleur» dans mon modèle), l’espace crico-thyroïdien (1) est refermé par un mouvement du cartilage thryoïde (3) vers le cartilage cricoïde (2), ce qui étire les cordes vocales vers l’avant et les rend plus longues et plus fines.

Les cordes courtes et épaisses (configuration parole - espace crico-thyroïde ouvert) donnent un accès facile à la partie basse et médium de la voix. Les cordes longues et fines (configuration «pleur») donnent un accès facile à la partie médium et haute de la voix. Il suffit donc de mélanger les configurations dans la partie médium pour pouvoir aller sans difficulté vers les aigus sans décrocher.

Attention, pour que ça marche, il faut avoir maîtrisé tous les éléments qu’on a déjà vus - la posture, la gorge ouverte, la respiration élastique, la résonance etc - s’il y a la moindre tension dans la gorge, la bascule sera presque impossible.

Au début, lorsqu’on réussit cet exercice, le son sera fin et léger tout en haut (tout comme les cordes qui le produisent), mais une fois la technique stabilisé, on peut recruter un peu plus de masse dans les cordes vocales en augmentent petit à petit le volume pour finir avec un son puissant, même dans les hauteurs les plus extrêmes de la voix (rappelez vous, si le volume est fort, même si le son vous paraît fin à l’intérieur de votre tête, il y a de fortes chances qu’il soit épais à l’extérieur - chaque son est un équilibre d’épaisseur de cordes, longueur de cordes et de résonance - lorsqu’on change un des éléments les autres sont affectés aussi. Avec mes élèves, on travaille très dur pour trouver l’équilibre parfait pour chaque note de leur tessiture - comme ça ils ont tout le volume, timbre et puissance qu’ils veulent, sans jamais forcer - par ailleurs, beaucoup remarquent - c’est ça ?! Mais ça me semble trop facile ! Ensuite ils sont choqués lorsqu’ils voient les résultats enregistrés ou bien reçoivent des compliments de leur entourage.

Et oui - avec la bonne méthode, les aigus sont aussi faciles que les médiums et les graves !

Chantez bien et à bientôt pour un nouvel article.

Allan

La voix mixte II - solidifier la résonance

Lundi, août 25th, 2008

Bonjour à tou(te)s ! J’espère que vous avez passé de bonnes vacances.

Voici la deuxième partie de notre série sur la voix mixte avec des exercices simples pour vous aider à bien placer la résonance et à faire les notes sans forcer.

En regardant le clip, vous serez amenés à faire 4 exercices en tout. Soyez sûr d’avoir parfaitement maîtrisé chaque exercice avant de faire le suivant.

  1. Collez le dos de la langue contre le palais et dites ‘NG’ comme dans le mot siNG en anglais. Tout en gardant ce son, glissez comme un sirène du bas vers le haut et du haut vers le bas. Utilisez très peu d’air et surtout ne forcez pas.
  2. Faites la même chose sur une octave en utilisant la gamme enregistrée sur le clip ou bien en vous mettant devant un piano (mesdames, chantez à l’octave supérieur - j’ai enregistré ce clip dans le registre ténor)
  3. Faites le même chose mais cette fois-ci, montez en NG et tout en haut, ouvrez le son vers un A (ouverture minimum pour faire un A - la langue restera logiquement assez haute dans la bouche) et descendez en A.
  4. Faites toute la glissade en A avec une résonance mixte.

Ce sera évidemment plus simple à comprendre une fois que vous aurez vu le clip !

Comme d’habitude, si vous avez des questions sur ce clip, ou des suggestions, n’hésitez pas à m’en faire part par mail ou bien en laissant un commentaire ici.

Bonne continuation et à bientôt pour d’autres aventures en voix mixte.

Amitiés,

Allan


Comment faire ses aigus sans forcer ?

Lundi, juillet 21st, 2008

Récemment vous avez été plusieurs à me poser cette question et il est vrai qui si on a pris l’habitude de pousser plus pour ses aigus (par manque d’enseignement ou à cause d’un mauvais enseignement), il n’est pas facile de s’en débarrasser.
Vous verrez dans le clip quelques astuces pour vous aider à comprendre comment y arriver !

  1. Travaillez avec la résonance plutôt qu’avec l’air et faites des glissades sur une voyelle fermée (telle que ‘i’), et puis une ouverte (telle que ‘a’)
  2. Faites exprès, lorsque vous travaillez votre voix, de faire les aigus à moindre volume que les graves.
  3. Faites une voix de lutin sur la syllabe NG, comme ‘sing’ en anglais sur des glissades lentes et à faible volume.

Evidemment pour comprendre le tout, il vaut mieux regarder le clip !
Sachez que vous n’êtes pas forcément obligé de faire TOUS ces exercices – essayez-les tous et puis choisissez celui qui fonctionne mieux pour votre voix. C’est très personnel.
Voilà – j’espère que ça vous aidera à surmonter vos difficultés – rappelez-vous je suis toujours à la recherche de nouveaux sujets pour le site, donc vos difficultés m’intéressent !

Chantez bien et prenez soin de vos voix.
A bientôt pour plus d’informations sur la voix mixte.

Allan



La voix mixte - les premiers pas

Mardi, juillet 15th, 2008

Alors, qu’est-ce que la voix mixte ? C’est simple, c’est un ensemble de processus physiques qui mettent en place un registre résonantiel dans lequel la résonance est partagée entre la cavité buccale et les fosses nasales – comme si le son était coupé en deux et une partie sortait directement de la bouche et l’autre passait derrière le voile du palais. L’intérêt d’une bonne voix mixte est double – premièrement elle nous permet de chanter sur toute la tessiture sans entendre de rupture et deuxièmement elle nous permet de sortir des notes aiguës bien appuyées, presque sans effort étant donné que les cordes vocales sont plus longues et plus fines et donc vibrent plus vite avec le même débit d’air.

 

Quel est le processus, alors, pour mettre en place une voix mixte ?

Il faut basculer son cartilage thyroïde en avant, vers le cartilage cricoïde, rendant ainsi les cordes légèrement plus tendues et donc plus longues et fines. Ensuite il faut partager la résonance entre la cavité buccale et les fosses nasales à partir du premier passaggio.

 

Perdus ? Soyez rassuré – il y a une façon très simple de faire tout cela sans y penser et c’est une action que nous faisons tous sans difficulté – il faut tout simplement pleurer ou couiner.

Et oui, le fait de couiner légèrement entraîne et la bascule et le partage de résonance – n’est-ce pas merveilleux ? Allez voir les exercices sur le clip et faites les doucement – le but est de trouver la voix mixte, dans les prochaines mises à jour, on travaillera la souplesse et la puissance dans ce nouveau registre qui nous apportera à la fois une liberté vocale et une facilité et homogénéité sur toute la tessiture !

(Avant de faire les exercices sur le clip, soyez sûrs que vous maîtrisez les exercices concernant la voix de tête, la voix mixte sera d’autant plus facile à trouver.) 

Comment passer de la voix de poitrine à la voix de tête sans accrocs ?

Dimanche, mars 9th, 2008

Beaucoup d’entre vous m’ont dit que vous aviez du mal à passer entre la voix de poitrine et la voix de tête - vous disiez que le passage s’entendait, que la voix changeait notablement, que vous forciez, que vous aviez mal après…

Et bien, tout ça est normal ! La voix de poitrine est votre mécanisme habituel - vous parlez avec toute la journée, or il est normal que ce registre vous soit plus accessible que celui de la voix de tête - dont on a rarement l’usage en dehors du chant !

Ceci dit - il n’est pas normal d’entendre de changement notable dans la voix (évidemment la voix de poitrine et la voix de tête sont différentes, mais on ne doit pas entendre à quel moment le changement se fait…), il n’est pas normal d’avoir mal, de devoir forcer etc.

Cet exercice vous aidera à trouver votre mécanisme léger sans tension et à y accéder sans difficultés, tout le temps. Ceci dit… il est légèrement ridicule comme exercice donc faites le tout(e) seul(e) si vous pouvez - vous le faites devant vos amis à vos risques et périls !

N’hésitez pas si vous avez des questions.

Allan