Archive for the ‘Bossons ensemble’ Category

Bossons ensemble ! Semaine 5 - la résonance nécessaire

Lundi, décembre 15th, 2008

Cette semaine, avant d’aller plus loin dans les cordes vocales, je veux vous présenter un des éléments de base dans ma méthode - la résonance nécessaire.

Pour ceux qui aiment la science, c’est un léger recul de l’épiglotte et une gorge bien ouverte, qui aide à garder la voix libre et harmonieuse peu importe la configuration laryngée qu’on utilise (ce qui veut dire que cet élément doit être présent dans les cordes rigides tout aussi bien que les cordes épaisses et ce à n’importe quelle hauteur).

Regardez bien le clip et essayez les exercices suivants :

1) faites une voyelle nasale soutenue (telle que ‘in’ comme dans ‘vin’)

2) essayez de sentir la sensation d’espace et d’ouverture dans le fond de la gorge - est-ce que vous percevez une résonance supplémentaire ?

3) faites la même chose avec une voyelle non-nasale (tranformez ‘in’ en ‘a’ par exemple) et tâchez de garder la résonance en place (une sensation de vibration dans le pharynx).

4) faites des glissades ou des gammes en plusieurs configurations en gardant l’impression d’ouverture et de résonance.

5) appliquez cette technique à un chant simple.

Voilà - essayez-le, c’est une des clés de voûte de la méthode du chanteur moderne et un des ingrédients obligatoires de n’importe quelle recette.

Comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos expériences !

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 4 - les configurations des cordes vocales.

Lundi, décembre 8th, 2008

Les cordes vocales sont tendues entre le cartilage thyroïdien et les aryténoïdes (voir image ci-dessous - c’est la partie intitulée ‘vocal ligament’ - enfin, le ligament vocal n’est qu’une partie de la corde vocale, mais l’important est de voir où se situent les cordes).

Larynx

C’est avec nos cordes vocales que nous faisons du son, chanté ou parlé ou autre – du coup, l’état physique de ces cordes est la base de notre son.

Plutôt que de parler de choses nébuleuses telles que ‘la voix de poitrine’ ou bien ‘la voix modale’ etc – je préfère parler avec mes élèves en cours particuliers de la réalité physique – comme ça, on est sûr qu’on parle de la même chose et qu’il n’y pas de confusion.

Alors, lorsqu’on va parler d’une qualité vocale donnée, on va parler de l’état de l’appareil vocal (l’appareil vocal comprend beaucoup plus de choses que les cordes vocales, mais l’étendue de cet article n’est pas assez vaste pour les couvrir toutes – j’en parlerai plus longuement dans d’autres articles et, surtout, dans ma méthode d’auto-apprentissage.) - du coup, il faut qu’on sache comment fonctionnent ces cordes (qui ne sont pas vraiment des cordes, mais des plis de chair, de ligament, de muscle et de muqueuses).

Nos ‘vraies’ cordes vocales (je précise vraies parce que nous avons déjà évoqué les fausses cordes vocales dans le premier clip de cette série) disposent de deux mécanismes vibratoires principaux. Elles peuvent être épaisses ou fines. Ensuite, elles peuvent aussi être tendues (pour aller plus haut) ou rigides (pour mettre de l’air dans la voix) ou rendues encore plus courtes que d’habitude (pour des effets tels que le belting). Aujourd’hui, nous n’allons parler que des cordes fines et des cordes épaisses.

Lorsque les cordes sont épaisses, elles ferment sur toute leur profondeur et le temps qu’elles restent fermées est plus important, ce qui donne un son qui est plus puissant ou avec plus de métal ou éclat dans la voix. Certains appellent ça la voix de poitrine, mais je n’aime pas trop ce terme car il a des connotations de résonance aussi et il faut bien séparer les choses – de plus, avec quelques astuces techniques, on peut facilement se servir des cordes épaisses dans la partie haute de la voix aussi, ou la résonance va plutôt être senti dans la tête.

Lorsque les cordes sont fines, elles ferment uniquement sur les bords intérieurs et le cycle ‘cordes fermées’ est moins important, du coup le son est plus doux et moins fort (mais il résonne bien assez pour être entendu et porter au dessus d’un piano, par exemple). Certains appellent ça la voix de tête, mais pareil – on peut l’utiliser sur toute sa voix, donc le terme n’est pas très utile.

Certains appellent aussi l’état rigidifié des cordes vocales la voix de tête – ce qui peut prêter à confusion car avec les cordes fines on peut chanter avec puissance si on le souhaite – ce qui n’est pas le cas des cordes rigides - du coup on se perd et on n’utilise pas le terme voix de tête pour parler de façon constante de la même chose (d’ailleurs j’ai récemment récupéré une fille qui a passé 10 ans au conservatoire à chanter en cordes rigides plutôt qu’en fines dans la partie aiguë de sa voix, sans qu’on lui dise que c’était une erreur – lorsqu’elle demandait pour quoi elle n’avait pas de puissance, on lui répondait qu’elle n’avait tout simplement pas beaucoup de coffre… va sans dire que maintenant, elle commence à avoir de la puissance vocale, mais elle se sent assez trahi par ses anciens profs.)

Tout ça est bien beau, mais comment trouver les cordes fines et épaisses et comment les utiliser ?

C’est simple :

Les cordes épaisses sont utilisées pour faire des sons plus coffrés et forts. Pour les sentir, faites les exercices suivants :

  1. Faites le son ‘uh-oh’. Où sentez-vous l’effort musculaire ? Pile dans la pomme d’adam. Surprenant, hein ? On nous dit depuis des années qu’on ne doit rien sentir là-dedans et pourtant, c’est là que les cordes épaisses sont contrôlées (si vous voulez la science, c’est le muscle thyro-aryténoïdien qui travaille ici - le TA).
  2. Jouez un peu avec les cordes épaisses, ressentez bien que le son est produit dans la pomme et nul part ailleurs. Le volume sera moyen voir fort (5-9/10). Faites des sons tenus.
  3. Faites des glissades sur la voyelle ‘Ah’
  4. Chantez quelque chose de simple, qui ne monte pas trop, en sentant bien l’effort la pomme - je dis bien effort et non pas tension ni douleur.

Les cordes fines sont utilisées pour faire des sons plus doux et intimes. Pour les sentir, faites les exercices suivants :

  1. Imitez un chiot qui couine, ou un enfant qui gémit. Où sentez vous l’effort maintenant ? Il n’est plus dans la pomme d’adam, mais ailleurs. Vous pouvez peut-être le sentir plus haut ou plus bas, ou tout implement avoir l’impression de pleurer un peu dans le son – tant que vous ne ressentez rien dans la pomme et qu’il n’y a pas d’air dans la voix, vous avez trouvé vos cordes fines. (Science : les cordes fines sont contrôlées par les mêmes muscles qu’on utilise pour pleurer – le crico-thyroïdien ou CT) - si vous avez de l’air dans la voix, vous n’êtes pas en fines, mais en rigides.
  2. Si vous avez trouvé les fines du premier coup, faites les mêmes glissades et sons tenus que vous avez faits en épaisses (vous trouverez plus facile la voyelle OU que AH pour cet exercice, mais faites les deux) - essayez de faire les exercices à la même hauteur que vous avez utilisé pour les épaisses, comme ça vous sentirez vraiment la différence physiologique.
  3. Chantez le même petit morceau que vous avez chanté en épaisses tout à l’heure et regardez les différences.

Récapitulons :

Epaisses : Son fort (4-9/10), effort musculaire senti au niveau de la pomme d’adam. Plus facile d’utiliser dans les graves - limite de Do4 pour l’instant. Pour le trouver : Uh-Oh.

Fines : Son doux (2-5/10 dans la partie basse de la voix, sans limite dans la partie haute), effort musculaire senti dans les muscles du pleur. Pour le trouver ‘Oh’ en imitant un enfant qui pleur.

Faites très attention à bien les séparer – dans les épaisses, on ne sentira que l’effort dans la pomme (TA) et non pas dans le pleur (CT), alors que pour les fines ce sera l’inverse – aucun effort dans la pomme, et tout dans le pleur.

Dans un premier temps, on ne montera pas plus haut que le do/ré 4 dans les cordes épaisses (on peut aller beaucoup plus haut, mais il faut maîtriser quelques paramètres supplémentaires d’abord) – par contre, pendant les exercices, laissez votre voix vous guider – si jamais vous sentez de la tension, ou que ça fait forcé ou serré – vous êtes allé trop loin.

Alors, lorsque vous voulez chantez fort, chantez en épaisses, lorsque vous voulez chantez moins fort, chantez en fines et lorsque vous voulez monter facilement, utilisez les fines aussi. Lorsque vous montez, essayez de changer vers les fines en rajoutant un peu de pleur dans la voix lorsque vous montez et en ressentant les cordes qui lâchent du poids progressivement – NE LAISSEZ PAS LA VOIX DEVENIR AEREE ! Plus loin on fera des exercices pour créer une troisième configuration qui permettra de chanter en haut avec la puissance des épaisses mais la facilité des fines.

Comme d’habitude, travaillez bien ces exercices pendant toute la semaine et RDV la semaine prochaine !

Allan

(petite question - certains m’ont demandé de mettre un vrai forum sur le site - pensez-vous que ce soit utile pour qu’on puisse discuter entre nous ?)

Bossons ensemble ! Semaine 3 - l’accolement des cordes vocales - un début.

Dimanche, novembre 30th, 2008

Bonjour !

Alors, nous voilà rendus à notre troisième semaine de cette série d’exercices quotidiens à faire pour améliorer sa voix.

Cette semaine, nous allons commencer à travailler les cordes vocales (pour des images, voyez les articles des deux semaines précédentes) et plus particulièrement l’accolement de celles-ci.

Lorsqu’on veut faire un son, les cordes vocales doivent être accolées - ce qui veut dire qu’elles se touchent et ensuite l’air qui arrive par la trachée les fait ouvrir pour laisser s’échapper un petit bout d’air.  Lorsqu’on chante le la 440 (le la qu’utilisent les musiciens pour s’accorder), cette opération se fait 440 fois par seconde - incroyable, non ? Mais pour qu’elle se fasse correctement, il faut un bon accolement des cordes et une bonne gestion de l’air (ne pas envoyer trop d’air pour une tâche vocale donnée).

Du coup aujourd’hui nous avons des exercices à faire avec les consonnes voisées en glissade - il n’y a pas plus simple, mais c’est aussi très efficace.

Regardez le clip et puis surtout n’hésitez pas si vous avez des questions.

Bossez bien et à la semaine prochaine !

Allan

(juste pour info, j’ai rajouté une page ‘contactez Allan’ sur le site web, certains d’entre vous avaient du mal à m’envoyer des mails, ça devrait être plus simple maintenant !)

Bossons ensemble ! Semaine 2 - la respiration et le soutien.

Lundi, novembre 24th, 2008

Bonjour !

Etant donné l’énorme succès de l’exercice de la semaine dernière, je pense qu’on va continuer avec cette serie pendant un certain temps.

Cette semaine, nous allons parler du soutien et de la respiration.

Ce qu’il faut savoir c’est que respiration NE FAIT PAS LE CHANT - une bonne technique respiratoire est un sous-produit d’une bonne technique vocale et non pas sa cause c’est très important de se le rappeler.

On confond souvent cause et symptôme - si on considère que lorsque quelqu’un chante bien, il respire aussi bien (ce qui est sûr) il faut savoir lequel est la cause et le symptôme. Les méthodes ‘classiques’ prétendent souvent que la respiration et la cause et le beau chant le symptôme - mais cela ne tient pas debout. Considérons les instrumentistes qui jouent des instruments à vent - ils ont tous une bonne technique respiratoire mais il ne savent pas tous chanter. Les enfants qui poussent des cris sans se faire mal ont une bonne technique respiratoire, mais ne l’ont jamais appris.Tous les élèves qui suivent une formation classique apprennent d’abord une bonne technique respiratoire, mais la plupart ne finissent pas par savoir chanter (sinon, on n’aurait que des solistes partout !) - du coup l’école classique est très efficace depuis des centaines d’années - oui - mais uniquement pour un tout petit pourcentage de ceux qui essayent de la suivre. La plupart échouent.

Les recherches actuelles nous montrent que le corps sait déjà respirer de la bonne façon et sait déjà soutenir un son (CF les recherches de Jo Estill, Janice Chapman et tout ce qui concèrne Accent Method Breathing) - du coup, pour bien soutenir sa voix lorsqu’on chante, il faut apprendre à faire confiance à son savoir.

Si vous avez maîtrisé l’exercice de la semaine dernière (et uniquement si vous l’avez maîtrisé…), vous pouvez commencer à travailler les exercices de cette semaine. Nous allons faire trois choses :

1) identifier les muscles de soutien naturel

2) observer le corps dans un état de soutien naturel et de respiration automatique

3) appliquer ces sensations à des exercices chantés

Alors, commençons par l’identification des muscles concernés - regardez l’image ci-dessous (pris du livre de Janice Chapman) :

Soutien Vocal

Ensuite, avec votre main gauche, mettez le pouce sur le point qui se trouve juste sous le sternum (le point le plus haut de l’image) et le petit doigt sur le point tout en bas. Avec la main droite en forme de pince, prenez votre taille à l’endroit de l’un des points du milieu. Ensuite, toussez. Vous allez sentir un mouvement sous les mains. Votre corps soutient automatiquement le son ‘intense’ et potentiellement dangereux que vous faites.

Maintenant, en gardant les mains en place, criez ‘Hé !’ comme si l’on vous volait votre sac / portefeuille. Vous allez ressentir la même chose encore. Sous le pouce de la main gauche, ainsi que sous la main droite, les muscles poussent vers l’extérieur tandis que, sous le petit doigt de la main gauche, ils poussent vers l’intérieur. Vous n’avez pas besoin de penser à ça, c’est automatique.

Maintenant, faites une série de Hé ! avec un petite pause entre chaque - relâchez bien les muscles pendant la pause s’ils ne se relâchent tous seuls. Normalement vous devrez voir que vous pouvez faire autant de Hé ! que vous voulez sans jamais avoir besoin de respirer consciemment - et oui, non seulement votre corps soutien naturellement votre son, mais il fait rentrer automatiquement de l’air à la fin du son. On appelle ça la respiration élastique et non seulement c’est naturel, mais c’est aussi totalement silencieux ! Magique !

Alors, maintenant, essayez de tenir un Hé !, genre tous les trois Hé !, pour un peu plus longtemps que les autres - ça ne devrait rien changer au système - la respiration fonctionne automatiquement et, tant que vous faites le son, le soutien reste en place.

Une fois que vous avez assimilé ça, essayez de l’appliquer à des petites gammes ou des bouts de chanson en cherchant toujours à chanter avec la même connexion émotionnelle et primale que vous avez lorsque vous criez Hé ! (même si vous chantez à faible volume - ici il ne s’agit pas de criez toute la chanson, mais d’avoir la même intention émotionnelle).

Voilà - faites ça une dizaine de fois par jour, et tenez-moi au courant !

A bientôt,

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 1 - ‘la gorge ouverte’

Dimanche, novembre 16th, 2008

Bonjour tout le monde !

Comme ça fait un moment que je reçois pas mal de questions par mail, et souvent la même question de plusieurs personnes différentes, je me suis dit que ça pourrait être marrant de travailler sur un exercice de la semaine, tous ensemble - c’est à dire que je vais choisir parmi les questions posées un ‘objectif’ pour chaque semaine et j’en ferai un clip et une série d’exercices qu’on pourra tous faire ensemble tous les jours. On pourra en parler ici et sur youtube.

Alors, pour cette première semaine, on va parler de la gorge ouverte. La Gola Aperta de l’école italienne fait partie d’une bonne technique pour le chant, mais souvent les profs le réclamment sans expliquer comment faire pour le mettre en place. Alors, voici un aperçu physiologique de la chose.

Juste au dessus des cordes vocales, dans le larynx, se trouvent des bandes ventriculaires appelées ‘les fausses cordes vocales’ - vues d’au dessus, elles ressemblent à ça :

Fausses cordes vocales

Les ‘vraies’ cordes vocales sont intitulées ‘vocal fold’ et les fausses ‘ventricular fold’. (Pour info, le devant du larynx est en haut et la nuque en bas).

La fonction de ces fausses cordes est de se contracter pour protéger les vraies cordes et ainsi les poumons de la noyade (enfin, c’est un peu simpliste, mais en gros, c’est ça).

Beaucoup de profs préconisent la gorge détendue pour chanter, mais il faut savoir que détendue n’est pas pareil qu’ouverte. Détendue implique tout simplement un manque de tension, alors que ouverte implique un effort physique pour écarter les fausses cordes du chemin de la voix. Regardez les images ci-dessous (cette fois ci, vues de devant) pour vous montrer les trois positions des fausses cordes (elle est un peu simplifiée mais elle montre bien la chose) :

Trois postures des fausses cordes

Dans les deux versions du haut, on voit les fausses cordes et les vraies cordes (en bas) réagir ensemble.

Dans celle du milieu, on est dans l’impossibilité de chanter avec facilité et on risque de se blesser !

Dans la dernière, par contre, les vraies cordes sont accolées mais les fausses sont écartées - c’est excellent pour une bonne hygiène vocale et une production sonore aisée.

Malheureusement pour nous, le corps ne sait pas distinguer entre la poussée d’adrénaline que l’on ressent avant de chanter devant un public et celle qu’on ressent juste avant de se noyer ! Du coup, les cordes ont tendance à se refermer lorsqu’on veut chanter et on se retrouve à se battre contre la nature même du larynx pour sortir un son (c’est aussi la raison pour laquelle on chante moins bien chez son prof ou devant un public qu’à la maison tout seul).

Du coup, plutôt que de couvrir la chose de mystère et de donner des images telles que ‘l’oeuf dans la gorge’ ou encore ‘le tuyau dans la gorge’ pour essayer d’inciter la gorge ouverte - on a tout simplement besoin d’apprendre à contrôler ses fausses cordes pour arriver 100% du temps à avoir la gorge ouverte.

Dans le clip ci-dessous, vous verrez des exercices à faire tous les jours pour trouver la gorge ouverte si convoitée des chanteurs - fastoche !

Voilà, comme d’habitude, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou suggestions.

A bientôt.