Archive for the ‘Chant classique’ Category

La respiration dans le chant

Jeudi, mai 15th, 2008

Apprendre à respirer… ?
On me pose souvent la question suivante - ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’…. erm, excuse-moi ? Apprendre à respirer ?

Avant de partir dans mes opinions sur la respiration pour le chant, je vais vous dire ce que je dis à chacun des mes élèves qui me pose cette question - tu sais déjà respirer, autrement tu aurais déjà eu de gros soucis.

Contrairement à ce que disent beaucoup de profs de chant, on ne respire pas différemment pour le chant, les poumons se remplissent automatiquement (essayes de te les vider… impossible, hein ? Et même si tu penses y être parvenu, qu’est-ce que se passe si tu lâches la tension ? De l’air rentre - pourquoi ? Parce que le diaphragme ne peut être contrôlé - il réagit instinctivement et automatiquement. Je répète, il est anatomiquement impossible de contrôler son diaphragme. On ne peut ni le sentir (il n’y a pas de nerf dedans) ni le contrôler.

Ensuite, il faut savoir que la respiration n’est qu’une partie du chant, il y a aussi des tas d’autres choses qui rentrent en compte - l’accolement des cordes vocales, le positionnement du larynx, la détente musculaire dans certains endroits et la tension musculaire dans d’autres… enfin la liste est très longue ! Tout ça nous montre que toute formation vocale qui mettrait une importance primordiale sur la respiration est du moins déséquilibrée, si ce n’est dangereuse.

Donc, est-ce que je pense qu’on peut faire n’importe quoi au niveau de l’air lorsqu’on chante - non. Pas du tout. C’est juste que les termes utilisés sont souvent trompeurs et causent beaucoup de problèmes (je récupère souvent des élèves avec des années de formation classique derrière eux qui sont incapable de chanter mais qui ont, soi disant, une bonne technique respiratoire). Je pense qu’il faut voir les choses sous un autre angle et changer la question.

Au lieu de se demander ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’ on va plutôt se demander ‘comment puis-je utiliser au mieux l’air qui est dans mes poumons lorsque je chante’ et là, ça change tout.

Le son et les ondes
Lorsqu’on chante (tout comme quand on parle, d’ailleurs) on produit des turbulences dans l’air (des bandes de haute pression séparées par des bandes de basse pression) qui transmettent le son à nos spectateurs, ensuite leur oreille décode ces turbulences (ou ondes - comme quand on laisse tomber un galet dans un étang) pour reproduire le son envoyé - c’est de l’ingénierie haut de gamme !

Lorsque les ondes sont plus rapprochées, le son est plus aigu et lorsque les ondes sont plus loin les unes des autres, le son est plus grave.

Mais, si le galet commence les ondes dans l’étang, quelque chose dans notre corps doit bien commencer les ondes dans l’air, non ? Quelque chose doit osciller assez rapidement pour perturber l’air et causer des vibrations. Si on pince une corde de guitare, on la voit vibrer - ce mouvement de va-et-vient comprime l’air à côté de la corde et l’entraîne loin de l’air qui l’entourait avant, et ce processus se répète en cycles - comprimer, entraîner, comprimer, entraîner… c’est ça qui provoque les ondes dans l’air.

Mais comment tout ça fonctionne dans la voix humaine ?

Si la corde de guitare cause des turbulences en se frottant contre l’air, la voix humaine les provoque en créant de la pression d’air et en la lâchant petit à petit.

Si on imagine ses poumons en tant que deux chambres à air qui peuvent être mises sous tension grâce aux muscles de l’abdomen, on n’est pas loin de la vérité. Tout en haut de ce système est une valve ou un obturateur qui peut être réglé pour lâcher de l’air progressivement dans une série de toutes petites explosions.

Cette valve est créée en accolant les cordes vocales, ce qui ferme hermétiquement la chambre à air et en contrôle, de façon très précise, la sortie de l’air. Ce sont les petites explosions d’air qui créent les ondes pour la voix humaine.

Plus les cordes sont accolées et tendues, plus les explosions sont fréquentes et comme on a déjà vu, plus les explosions sont rapides, plus les ondes sont rapprochées et plus la note sonne aiguë.

Evidemment, c’est un schéma très simplifié de la voix humaine, mais ça suffit pour comprendre que la façon dont on respire n’a rien à voir avec le son qui sort de notre bouche. D’ailleurs, dès la naissance, même avant de savoir parler, on poussait tous des cris (parfois très aigus), sans se faire mal et sans un seul cours de technique respiratoire ! - c’est naturel.

Ce qui contrôle l’air est donc le larynx et les cordes vocales. Les muscles de l’abdomen ont un rôle à jouer pour mettre l’air sous tension derrière les cordes vocales, mais si les cordes sont correctement accolées, ce phénomène se fait naturellement.

C’est pourquoi, il faut d’abord s’assurer que le larynx est en bon état de fonctionnement (ni trop haut ni trop bas et qu’il ne bouge pas trop lorsqu’on chante) et que les cordes vocales sont correctement accolées AVANT de regarder la respiration. Le faire dans l’autre sens peut laisser passer des problèmes d’accolement des cordes vocales, ce qui reviendrait à essayer de chauffer une pièce sans avoir fermé la fenêtre d’abord - on peut mettre le chauffage à fond mais la pièce ne sera pas chauffée efficacement. Peu importe la ‘technique’ de chauffage que l’on utilise.

Une fois que j’ai réglé les problèmes de larynx et de cordes vocales, je regarde vite fait l’appui respiratoire - et MIRACLE - souvent il est parfait, le corps sachant comment respirer et comment utiliser l’air pour faire un son - il n’a que très rarement besoin d’apprendre. Je règle la respiration UNIQUEMENT si l’estomac ne sort pas lorsqu’on inspire et ne rentre pas lorsqu’on expire - ce qui est assez rare.

Donc tous les grands chanteurs ont une bonne technique respiratoire - oui, mais la bonne respiration est le produit d’une bonne technique vocale et non pas l’inverse comme le soutiennent beaucoup.

Vérifier sa respiration
Voici quelques exercices pour voir si votre respiration tient la route pour faire des sons (qu’ils soient chantés ou non) :

Allongez vous par terre et mettez un livre sur votre ventre - lorsque vous inspirez le livre doit monter, lorsque vous expirez il doit descendre.

Mettez-vous à quatre pattes et inspirez doucement - vous sentirez descendre votre estomac, lorsque vous inspirez il devrait monter.

Si vous arrivez à faire ces deux exercices, félicitations - votre respiration est parfaite pour chanter. C’est marrant - ça n’a pas pris des années d’enseignement pour l’apprendre…

Dans un prochain article on verra comment mettre un appui abdominal pour soutenir l’air dans la trachée (vous remarquerez que je n’ai pas dit pour soutenir la note… je n’aime pas dire ça parce que les gens pensent que si l’air soutient la note, ils doivent en envoyer plus lorsqu’ils montent plus haut - FAUX. L’air reste à une pression homogène pendant tout l’acte de chanter - ce sont des micro-changements dans les cordes vocales qui changent la hauteur de la note) - vous serez peut-être tout aussi étonnés de voir qu’une fois le larynx réglé, l’appui est souvent là de façon naturelle aussi. On dirait que vous êtes nés pour ça !

A une prochaine fois !

Quand est-il trop tard pour commencer à apprendre la musique ? Les élèves adultes dans la musique en France.

Dimanche, mars 23rd, 2008

J’entends souvent les gens dire, j’aurais aimé apprendre à chanter / jouer d’un instrument, mais il est trop tard.
STOP! Il est temps que les français arrêtent de croire qu’on n’a pas le droit de changer de vie une fois les 18 ans passés, ou que l’apprentissage est quelque chose qui arrive uniquement aux jeunes…

Il existe beaucoup d’études qui montrent que les adultes apprennent au moins assez bien que les enfants, et parfois mieux (faites des recherches google sur l’éducation / l’apprentissage chez les adultes - vous serez surpris !) Si c’est vrai dans des domaines tels que la science, les langues vivantes, la technologie - alors pourquoi pas la musique ? Vient se rajouter à ses études, mon expérience personnelle. J’ai enseigné la musique à plus de 200 adultes et un nombre semblable d’enfants (entre 10 et 18 ans) - systématiquement les adultes avançaient aussi vite, si ce n’était plus vite, que les enfants. Pourquoi? Parce qu’ils sont souvent plus motivés, ils ont vraiment envie d’apprendre alors que souvent chez les enfants ce sont les parents qui poussent l’enfant à apprendre, ce qui fait que l’enfant ne travaille pas entre les cours et n’avance pas. Même les enfants qui veulent vraiment apprendre avancent moins vite qu’un adulte motivé parce qu’ils ont du mal à se concentrer sur les exercices pratiques pendant longtemps et manquent d’obsession pour leur passion.

Est-ce que les enfants ont un avantage quelconque sur les adultes alors ? Oui - le temps libre. Un enfant a, évidemment, beaucoup moins de distractions quotidiennes qu’un adulte et peut, donc, en théorie, trouver le temps de travailler plus facilement. De plus, les enfants sont beaucoup moins timides que les adultes en ce qui concerne leur progrès et talent naturel - un enfant se moque de jouer / chanter un morceau sans qu’il soit absolument parfait - chaque adulte a envie d’avoir le même niveau que leurs chanteurs pros préférés, “si ce n’est pas aussi bien que Maria Callas / Mariah Carey - c’est que je suis nul”. Ils s’attendent, à tort, que la musique qu’ils produisent - souvent au bout de quelques semaines de travail - les émeuve autant que leurs enregistrements préférés de la même musique.

Alors, quelle solution pour un adulte qui veut apprendre ? Voici quelques consignes pour vous aider à franchir le pas :

  • Trouver le temps de travailler entre les cours : même un peu, tous les jours - peu et régulier (genre 10 minutes par jour) est plus efficace que trois heures le samedi ou juste avant d’aller en cours.
  • Acceptez d’être moins que parfait
  • Devenez un peu enfantin
  • Mesurez vos progrès : Plutôt que d’énumérer les choses que l’on ne sait pas encore faire, soyons ravi de ce qu’on a appris depuis la dernière fois, aussi peu important que cela puisse paraître, car ça nous avance petit à petit vers notre objectif.

En tant que prof, je suis toujours ravi lorsqu’un adulte m’appelle pour me demander s’il / elle peut commencer à apprendre le chant - le plus âgé de mes élèves actuels à 70 ans, vient de débuter et progresse vraiment bien.

On a beau le dire, il faut maintenant le mettre en pratique IL N’A VRAIMENT PAS D’AGE !


Suis je ténor, baryton, soprane, mezzo… ?

Dimanche, février 17th, 2008

Il est vrai que c’est difficile de trouver sa place vocalement et cette question est celle qu’on me pose peut-être le plus souvent, mais pour y répondre, il faut se poser une autre question encore - “Qu’est-ce que la tessiture, au juste ?”

Je vais peut-être vous choquer, mais je ne crois pas que ce soit si important que ça. Pourquoi - et bien, il faut comprendre d’où viennent ces termes - ce sont des classifications vocales qui ont été inventées pour rendre plus facile le recrutement dans les opéras, rien de plus. Il est ridicule de penser que toutes les voix humaines puissent rentrer dans une dizaine de cases ! Chaque voix est aussi individuelle que son propriétaire et donc chaque chanteur se doit d’apprendre à connaître sa voix et non pas d’essayer de lui imposer de faux critères créés à la base pour rendre plus facile le recrutement dans un genre musical que la plupart de chanteurs ne veulent pas chanter…

Or, si vous ne chantez pas de classique, ni de comédie musicale, votre tessiture n’a pas besoin de porter un nom bidon. Apprenez à connaître votre voix et apprenez dans quelles tonalités elle sonne mieux et n’hésitez pas à changer la tonalité des morceaux pour vous convenir, s’il le faut - même s’il s’agit du classique. Je sais qu’avec ce dernier propos je risque de me faire des ennemis chez les puristes, mais en tant que professionnel de la voix, il m’est beaucoup plus important de préserver la santé vocale d’un chanteur, même si ça veut dire changer la tonalité d’un morceau de Mozart, plutôt que de forcer sa voix à aller là où elle ne veut pas.

De plus, cette histoire de tessiture est trompeuse - ça n’a rien à voir avec les notes que vous pouvez atteindre (d’ailleurs je déteste l’idée d’atteindre des notes - je préfère parler de ‘chanter’). Les notes que vous savez chanter, donc, n’affectent pas vraiment votre tessiture. Un baryton et un ténor devraient tous les deux pouvoir chanter le contre-ut (s’ils sont bien formés et ont une technique solide - voir mon article sur la différence entre la technique et le style) - il s’agit plus de la résonance vocale. Un baryton va sonner mieux dans le milieu, voire les graves, et le ténor résonnera mieux dans les aigus - tout comme un violon et un violoncelle qui jouent la même note - il y une différence de résonance et de timbre.

J’ai des élèves qui me sont venus d’autres professeurs qui leur avaient dit ‘vous êtes baryton’ ou bien ‘vous êtes alto’, tout simplement parce que l’élève n’arrivait pas à chanter dans les aigus avec aisance - ça, mes amis, c’est de la paresse pure et dure de la part de l’ancien prof - ‘je n’arrive pas à vous aider donc je vais faire style que ça vient de vous’. Notamment, un homme qui n’arrivait pas à chanter au dessus d’un sol - et donc, selon son ex-prof- était baryton, avait tellement peu de résonance dans ses graves et un si beau timbre dans la partie aiguë de sa voix, que j’étais persuadé qu’il était en effet ténor. C’est le cas, et tous les jours il chante un peu plus haut, tout en douceur, pour révéler sa voix de tête. On peut très bien être soprane ou ténor sans avoir de contre-ut, tout comme on peut être alto ou baryton en ayant une tessiture assez développée dans les aigus.

Donc, si vous avez besoin de passer des auditions où on vous demande votre tessiture, ou si vous souhaitez postuler pour une pupitre de soprane ou ténor - la seule façon de savoir votre vraie tessiture, c’est de savoir où votre voix sonne mieux. Ensuite, s’il vous manque des notes pour rentrer dans le cadre demandé, il faut une bonne formation pour vous aider à les retrouver.

Pour résumer - demander ‘quelle est ma tessiture’ quand vous n’avez pas envie de chanter du classique ou de la comédie musicale revient à demander ‘quel est mon classement au badminton’ si vous prévoyez de jouer au tennis…


Echauffement vocal complet

Vendredi, janvier 25th, 2008

Et bien, mon dernier article a suscité un tel intérêt que je suis resté très surpris ! Apparemment vous êtes plusieurs à avoir cherché de telles informations sans trouver depuis un moment. J’ai eu beaucoup de mails me remerciant (je vous en prie !) et me demandant si je voulais bien faire la même chose pour un échauffement plus complet. Et ben, oui. Je veux bien !

Alors, l’échauffement qui suit est une version plus exhaustive de celui que j’ai écrit l’autre jour et vous permettra de détendre et échauffer votre voix de façon quotidienne en douceur. Ceci dit - ces exercices ne peuvent évidemment pas remplacer un bon prof de chant, mais si vous n’en avez pas - ou même si vous en avez un et vous voulez tout simplement un échauffement rapide et efficace pour tous les jours - les vocalises contenues dans les trois clips ci-dessous devraient faire l’affaire.

Si vous avez des questions ou vous voulez suggérer un autre thème sur lequel je pourrai éventuellement préparer un clip, n’hésitez pas à me contacter.

Chantez bien et prenez bien soin de votre voix !

Allan


Première Partie

Deuxième Partie

Troisième Partie

Technique et style - deux éléments bien distincts du chant

Mardi, janvier 22nd, 2008

“Si vous savez chanter du classique, vous savez tout chanter !….”

On l’entend souvent, mais est-ce vrai ? Pour être franc - non. C’est un mythe qu’on entend sans cesse et qui est souvent répété par les profs de chant qui pensent soit que le classique est supérieur à tout autre genre musical, soit que le style ‘opéra’ et la technique vocale sont la même chose.

D’où vient ce mythe ? Du fait qu’on ne fait pas assez souvent la différence entre la technique vocale et le style vocal. Ce sont pourtant deux choses bien différentes. Considérez un enfant qui apprend à marcher - les mouvements de son corps sont les bases de sa marche, mais les vêtements qu’il met par dessus ne modifient pas sa façon de produire les mouvements propices à la marche. Pour faire plus vocal comme analogie - ma voix est ma voix, et la façon dont je produis les sons reste la même que je parle en français ou anglais (attention, je ne parle pas de phonétique, là - mais de production sonore - le fait de faire vibrer mon larynx pour faire un son).

Alors, en résumé :

la technique vocale ressemble tout ce qui relève de la production sonore pour le chant, par exemple - comment tenir une note, comment passer entre les registres et coordinations laryngées, comment respirer de façon dynamique (j’écrirai plus sur la respiration dans un autre article), comment vibrer etc.

Le style vocal est l’ensemble d’astuces et trucs qu’utilisent les chanteurs d’un genre donné pour que ça sonne authentique - en RnB, par exemple, on peut évoquer les ornementations rapides (les “vibes”) qui rendent ce style particulier et reconnaissable; pour le métal on peut penser à la fameuse voix ‘saturée’ qui se trouve dans ce genre.

Si on met le mauvais style sur le mauvais genre - ça ne sonne pas et un son ‘Opéra’ ne convient pas plus à un morceau Blues qu’un son ‘Blues’ à un morceau d’opéra. Ce serait comme aller dîner dans un restaurant chic habillé en maillot de bain ! Mais les chanteurs classiques (y compris moi, jusqu’à il y a quelques années) ne peuvent pas l’admettre. (Je tiens à préciser, néanmoins, que jusqu’à là, je ne suis jamais aller dîner en maillot de bain…)

La moitié de l’équation
Maintenant, il devient évident que si on essaye de nous enseigner le chant en nous enseignant un style classique - il nous manque la moitié de l’équation. Il y a deux possibles éventualités à une telle approche:

L’élève apprend le style, mais pas la technique, ce qui fait que sa voix ne durera pas longtemps et il finira par se faire mal.
L’élève arrive à apprendre la technique en dépit de l’enseignement qu’il a eu (talent ) mais fini par croire que le style classique et la technique sont la même chose et donc passe sa vie à chanter tout avec une voix classique. Au mieux, il passe pour un idiot, au pire, il devient prof de chant et force ses élèves à chanter de l’opéra qu’ils le veuillent ou pas parce qu’il propage un mensonge qu’on lui a raconté.

Cette idée qu’il faut chanter du classique est totalement faux - c’est comme si on disait aux musiciens irlandais qu’ils devait jouer du Bach pour savoir faire sonner un violon.

Alors, quelle approche adopter ?
Il faut apprendre d’abord une bonne technique vocale et ensuite, une fois les bases posées, on commence à apprendre le ou les styles qui nous plaisent - pas avant, et ce pour tous les genres musicaux.

Les gens qui me contactent pour des cours me demandent souvent ‘quelle technique enseignez-vous ? Le chant classique ?” - je leur réponds que la technique classique n’existe pas, que ce sont deux choses différentes - la technique (qui est la même pour tous les genres de chant) et le chant classique (qui est un genre musical qu’on peut chanter si on le veut une fois la technique acquise) - quelle technique j’enseigne ? C’est simple - la technique vocale ! J’ai aussi souvent des conversations du genre ‘je voudrais apprendre à chanter du rock, mais je sais que je vais devoir faire du classique pour y arriver ‘ - ‘hein?! Pourquoi? Si vous voulez chanter du rock, chantez du rock, bon sang !’

Je vois aussi des gens qui viennent pour des consultations et qui ont fait des années de classique (conservatoire supérieur - chanteurs pro etc) et qui se rendent compte que leurs voix commencent à lâcher. Qu’est qu’on fait ? On démêle la technique du style aussi vite que possible pour que ces gens puissent sauver leurs voix, et leurs carrières. On dit souvent qu’un chanteur à moins de tessiture en vieillissant - physiquement il n’y a rien qui nous empêche de bien chanter dans la même tessiture pendant toute notre vie si on a une bonne technique. Il est vrai que les femmes peuvent perdre un peu de tessiture à la ménopause, jusqu’à une tierce mineure, mais les notes sont récupérables si la technique est bonne et la mise en place fait par un expert - après tout, c’est une question d’hormones, tout comme les petits garçons lors de la mue.

Un calcul simple
Si vous apprenez la musique classique en guise de technique, au mieux vous finirez avec une voix fixe que vous ne pourrez pas appliquer à d’autres genres musicaux (et si vous voulez chanter du Céline Dion au karaoke, vous allez avoir l’air ridicule !) - au pire vous pourrez vous bousiller la voix.

Si, en revanche, vous apprenez d’abord une technique de production sonore neutre et saine, vous pourrez ensuite apprendre à ‘habiller’ votre voix de plusieurs styles différents et avoir un son convaincant dans chacun. Un vrai artiste polyvalent.

Lequel vous préférez être ?

Tout ça pour dire que la technique et la musique classique sont bien différentes et que si on essaye de vous dire autrement, on vous ment - après tout, il y avait bien des gens qui savaient chanter avant l’époque d’où nous vient la plupart de notre musique ‘classique’, non ?