Archive for the ‘chanteurs’ Category

Bossons ensemble ! Semaine 1 - ‘la gorge ouverte’

Dimanche, novembre 16th, 2008

Bonjour tout le monde !

Comme ça fait un moment que je reçois pas mal de questions par mail, et souvent la même question de plusieurs personnes différentes, je me suis dit que ça pourrait être marrant de travailler sur un exercice de la semaine, tous ensemble - c’est à dire que je vais choisir parmi les questions posées un ‘objectif’ pour chaque semaine et j’en ferai un clip et une série d’exercices qu’on pourra tous faire ensemble tous les jours. On pourra en parler ici et sur youtube.

Alors, pour cette première semaine, on va parler de la gorge ouverte. La Gola Aperta de l’école italienne fait partie d’une bonne technique pour le chant, mais souvent les profs le réclamment sans expliquer comment faire pour le mettre en place. Alors, voici un aperçu physiologique de la chose.

Juste au dessus des cordes vocales, dans le larynx, se trouvent des bandes ventriculaires appelées ‘les fausses cordes vocales’ - vues d’au dessus, elles ressemblent à ça :

Fausses cordes vocales

Les ‘vraies’ cordes vocales sont intitulées ‘vocal fold’ et les fausses ‘ventricular fold’. (Pour info, le devant du larynx est en haut et la nuque en bas).

La fonction de ces fausses cordes est de se contracter pour protéger les vraies cordes et ainsi les poumons de la noyade (enfin, c’est un peu simpliste, mais en gros, c’est ça).

Beaucoup de profs préconisent la gorge détendue pour chanter, mais il faut savoir que détendue n’est pas pareil qu’ouverte. Détendue implique tout simplement un manque de tension, alors que ouverte implique un effort physique pour écarter les fausses cordes du chemin de la voix. Regardez les images ci-dessous (cette fois ci, vues de devant) pour vous montrer les trois positions des fausses cordes (elle est un peu simplifiée mais elle montre bien la chose) :

Trois postures des fausses cordes

Dans les deux versions du haut, on voit les fausses cordes et les vraies cordes (en bas) réagir ensemble.

Dans celle du milieu, on est dans l’impossibilité de chanter avec facilité et on risque de se blesser !

Dans la dernière, par contre, les vraies cordes sont accolées mais les fausses sont écartées - c’est excellent pour une bonne hygiène vocale et une production sonore aisée.

Malheureusement pour nous, le corps ne sait pas distinguer entre la poussée d’adrénaline que l’on ressent avant de chanter devant un public et celle qu’on ressent juste avant de se noyer ! Du coup, les cordes ont tendance à se refermer lorsqu’on veut chanter et on se retrouve à se battre contre la nature même du larynx pour sortir un son (c’est aussi la raison pour laquelle on chante moins bien chez son prof ou devant un public qu’à la maison tout seul).

Du coup, plutôt que de couvrir la chose de mystère et de donner des images telles que ‘l’oeuf dans la gorge’ ou encore ‘le tuyau dans la gorge’ pour essayer d’inciter la gorge ouverte - on a tout simplement besoin d’apprendre à contrôler ses fausses cordes pour arriver 100% du temps à avoir la gorge ouverte.

Dans le clip ci-dessous, vous verrez des exercices à faire tous les jours pour trouver la gorge ouverte si convoitée des chanteurs - fastoche !

Voilà, comme d’habitude, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou suggestions.

A bientôt.

La voix mixte - les premiers pas

Mardi, juillet 15th, 2008

Alors, qu’est-ce que la voix mixte ? C’est simple, c’est un ensemble de processus physiques qui mettent en place un registre résonantiel dans lequel la résonance est partagée entre la cavité buccale et les fosses nasales – comme si le son était coupé en deux et une partie sortait directement de la bouche et l’autre passait derrière le voile du palais. L’intérêt d’une bonne voix mixte est double – premièrement elle nous permet de chanter sur toute la tessiture sans entendre de rupture et deuxièmement elle nous permet de sortir des notes aiguës bien appuyées, presque sans effort étant donné que les cordes vocales sont plus longues et plus fines et donc vibrent plus vite avec le même débit d’air.

 

Quel est le processus, alors, pour mettre en place une voix mixte ?

Il faut basculer son cartilage thyroïde en avant, vers le cartilage cricoïde, rendant ainsi les cordes légèrement plus tendues et donc plus longues et fines. Ensuite il faut partager la résonance entre la cavité buccale et les fosses nasales à partir du premier passaggio.

 

Perdus ? Soyez rassuré – il y a une façon très simple de faire tout cela sans y penser et c’est une action que nous faisons tous sans difficulté – il faut tout simplement pleurer ou couiner.

Et oui, le fait de couiner légèrement entraîne et la bascule et le partage de résonance – n’est-ce pas merveilleux ? Allez voir les exercices sur le clip et faites les doucement – le but est de trouver la voix mixte, dans les prochaines mises à jour, on travaillera la souplesse et la puissance dans ce nouveau registre qui nous apportera à la fois une liberté vocale et une facilité et homogénéité sur toute la tessiture !

(Avant de faire les exercices sur le clip, soyez sûrs que vous maîtrisez les exercices concernant la voix de tête, la voix mixte sera d’autant plus facile à trouver.) 

La respiration dans le chant

Jeudi, mai 15th, 2008

Apprendre à respirer… ?
On me pose souvent la question suivante - ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’…. erm, excuse-moi ? Apprendre à respirer ?

Avant de partir dans mes opinions sur la respiration pour le chant, je vais vous dire ce que je dis à chacun des mes élèves qui me pose cette question - tu sais déjà respirer, autrement tu aurais déjà eu de gros soucis.

Contrairement à ce que disent beaucoup de profs de chant, on ne respire pas différemment pour le chant, les poumons se remplissent automatiquement (essayes de te les vider… impossible, hein ? Et même si tu penses y être parvenu, qu’est-ce que se passe si tu lâches la tension ? De l’air rentre - pourquoi ? Parce que le diaphragme ne peut être contrôlé - il réagit instinctivement et automatiquement. Je répète, il est anatomiquement impossible de contrôler son diaphragme. On ne peut ni le sentir (il n’y a pas de nerf dedans) ni le contrôler.

Ensuite, il faut savoir que la respiration n’est qu’une partie du chant, il y a aussi des tas d’autres choses qui rentrent en compte - l’accolement des cordes vocales, le positionnement du larynx, la détente musculaire dans certains endroits et la tension musculaire dans d’autres… enfin la liste est très longue ! Tout ça nous montre que toute formation vocale qui mettrait une importance primordiale sur la respiration est du moins déséquilibrée, si ce n’est dangereuse.

Donc, est-ce que je pense qu’on peut faire n’importe quoi au niveau de l’air lorsqu’on chante - non. Pas du tout. C’est juste que les termes utilisés sont souvent trompeurs et causent beaucoup de problèmes (je récupère souvent des élèves avec des années de formation classique derrière eux qui sont incapable de chanter mais qui ont, soi disant, une bonne technique respiratoire). Je pense qu’il faut voir les choses sous un autre angle et changer la question.

Au lieu de se demander ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’ on va plutôt se demander ‘comment puis-je utiliser au mieux l’air qui est dans mes poumons lorsque je chante’ et là, ça change tout.

Le son et les ondes
Lorsqu’on chante (tout comme quand on parle, d’ailleurs) on produit des turbulences dans l’air (des bandes de haute pression séparées par des bandes de basse pression) qui transmettent le son à nos spectateurs, ensuite leur oreille décode ces turbulences (ou ondes - comme quand on laisse tomber un galet dans un étang) pour reproduire le son envoyé - c’est de l’ingénierie haut de gamme !

Lorsque les ondes sont plus rapprochées, le son est plus aigu et lorsque les ondes sont plus loin les unes des autres, le son est plus grave.

Mais, si le galet commence les ondes dans l’étang, quelque chose dans notre corps doit bien commencer les ondes dans l’air, non ? Quelque chose doit osciller assez rapidement pour perturber l’air et causer des vibrations. Si on pince une corde de guitare, on la voit vibrer - ce mouvement de va-et-vient comprime l’air à côté de la corde et l’entraîne loin de l’air qui l’entourait avant, et ce processus se répète en cycles - comprimer, entraîner, comprimer, entraîner… c’est ça qui provoque les ondes dans l’air.

Mais comment tout ça fonctionne dans la voix humaine ?

Si la corde de guitare cause des turbulences en se frottant contre l’air, la voix humaine les provoque en créant de la pression d’air et en la lâchant petit à petit.

Si on imagine ses poumons en tant que deux chambres à air qui peuvent être mises sous tension grâce aux muscles de l’abdomen, on n’est pas loin de la vérité. Tout en haut de ce système est une valve ou un obturateur qui peut être réglé pour lâcher de l’air progressivement dans une série de toutes petites explosions.

Cette valve est créée en accolant les cordes vocales, ce qui ferme hermétiquement la chambre à air et en contrôle, de façon très précise, la sortie de l’air. Ce sont les petites explosions d’air qui créent les ondes pour la voix humaine.

Plus les cordes sont accolées et tendues, plus les explosions sont fréquentes et comme on a déjà vu, plus les explosions sont rapides, plus les ondes sont rapprochées et plus la note sonne aiguë.

Evidemment, c’est un schéma très simplifié de la voix humaine, mais ça suffit pour comprendre que la façon dont on respire n’a rien à voir avec le son qui sort de notre bouche. D’ailleurs, dès la naissance, même avant de savoir parler, on poussait tous des cris (parfois très aigus), sans se faire mal et sans un seul cours de technique respiratoire ! - c’est naturel.

Ce qui contrôle l’air est donc le larynx et les cordes vocales. Les muscles de l’abdomen ont un rôle à jouer pour mettre l’air sous tension derrière les cordes vocales, mais si les cordes sont correctement accolées, ce phénomène se fait naturellement.

C’est pourquoi, il faut d’abord s’assurer que le larynx est en bon état de fonctionnement (ni trop haut ni trop bas et qu’il ne bouge pas trop lorsqu’on chante) et que les cordes vocales sont correctement accolées AVANT de regarder la respiration. Le faire dans l’autre sens peut laisser passer des problèmes d’accolement des cordes vocales, ce qui reviendrait à essayer de chauffer une pièce sans avoir fermé la fenêtre d’abord - on peut mettre le chauffage à fond mais la pièce ne sera pas chauffée efficacement. Peu importe la ‘technique’ de chauffage que l’on utilise.

Une fois que j’ai réglé les problèmes de larynx et de cordes vocales, je regarde vite fait l’appui respiratoire - et MIRACLE - souvent il est parfait, le corps sachant comment respirer et comment utiliser l’air pour faire un son - il n’a que très rarement besoin d’apprendre. Je règle la respiration UNIQUEMENT si l’estomac ne sort pas lorsqu’on inspire et ne rentre pas lorsqu’on expire - ce qui est assez rare.

Donc tous les grands chanteurs ont une bonne technique respiratoire - oui, mais la bonne respiration est le produit d’une bonne technique vocale et non pas l’inverse comme le soutiennent beaucoup.

Vérifier sa respiration
Voici quelques exercices pour voir si votre respiration tient la route pour faire des sons (qu’ils soient chantés ou non) :

Allongez vous par terre et mettez un livre sur votre ventre - lorsque vous inspirez le livre doit monter, lorsque vous expirez il doit descendre.

Mettez-vous à quatre pattes et inspirez doucement - vous sentirez descendre votre estomac, lorsque vous inspirez il devrait monter.

Si vous arrivez à faire ces deux exercices, félicitations - votre respiration est parfaite pour chanter. C’est marrant - ça n’a pas pris des années d’enseignement pour l’apprendre…

Dans un prochain article on verra comment mettre un appui abdominal pour soutenir l’air dans la trachée (vous remarquerez que je n’ai pas dit pour soutenir la note… je n’aime pas dire ça parce que les gens pensent que si l’air soutient la note, ils doivent en envoyer plus lorsqu’ils montent plus haut - FAUX. L’air reste à une pression homogène pendant tout l’acte de chanter - ce sont des micro-changements dans les cordes vocales qui changent la hauteur de la note) - vous serez peut-être tout aussi étonnés de voir qu’une fois le larynx réglé, l’appui est souvent là de façon naturelle aussi. On dirait que vous êtes nés pour ça !

A une prochaine fois !

Quand est-il trop tard pour commencer à apprendre la musique ? Les élèves adultes dans la musique en France.

Dimanche, mars 23rd, 2008

J’entends souvent les gens dire, j’aurais aimé apprendre à chanter / jouer d’un instrument, mais il est trop tard.
STOP! Il est temps que les français arrêtent de croire qu’on n’a pas le droit de changer de vie une fois les 18 ans passés, ou que l’apprentissage est quelque chose qui arrive uniquement aux jeunes…

Il existe beaucoup d’études qui montrent que les adultes apprennent au moins assez bien que les enfants, et parfois mieux (faites des recherches google sur l’éducation / l’apprentissage chez les adultes - vous serez surpris !) Si c’est vrai dans des domaines tels que la science, les langues vivantes, la technologie - alors pourquoi pas la musique ? Vient se rajouter à ses études, mon expérience personnelle. J’ai enseigné la musique à plus de 200 adultes et un nombre semblable d’enfants (entre 10 et 18 ans) - systématiquement les adultes avançaient aussi vite, si ce n’était plus vite, que les enfants. Pourquoi? Parce qu’ils sont souvent plus motivés, ils ont vraiment envie d’apprendre alors que souvent chez les enfants ce sont les parents qui poussent l’enfant à apprendre, ce qui fait que l’enfant ne travaille pas entre les cours et n’avance pas. Même les enfants qui veulent vraiment apprendre avancent moins vite qu’un adulte motivé parce qu’ils ont du mal à se concentrer sur les exercices pratiques pendant longtemps et manquent d’obsession pour leur passion.

Est-ce que les enfants ont un avantage quelconque sur les adultes alors ? Oui - le temps libre. Un enfant a, évidemment, beaucoup moins de distractions quotidiennes qu’un adulte et peut, donc, en théorie, trouver le temps de travailler plus facilement. De plus, les enfants sont beaucoup moins timides que les adultes en ce qui concerne leur progrès et talent naturel - un enfant se moque de jouer / chanter un morceau sans qu’il soit absolument parfait - chaque adulte a envie d’avoir le même niveau que leurs chanteurs pros préférés, “si ce n’est pas aussi bien que Maria Callas / Mariah Carey - c’est que je suis nul”. Ils s’attendent, à tort, que la musique qu’ils produisent - souvent au bout de quelques semaines de travail - les émeuve autant que leurs enregistrements préférés de la même musique.

Alors, quelle solution pour un adulte qui veut apprendre ? Voici quelques consignes pour vous aider à franchir le pas :

  • Trouver le temps de travailler entre les cours : même un peu, tous les jours - peu et régulier (genre 10 minutes par jour) est plus efficace que trois heures le samedi ou juste avant d’aller en cours.
  • Acceptez d’être moins que parfait
  • Devenez un peu enfantin
  • Mesurez vos progrès : Plutôt que d’énumérer les choses que l’on ne sait pas encore faire, soyons ravi de ce qu’on a appris depuis la dernière fois, aussi peu important que cela puisse paraître, car ça nous avance petit à petit vers notre objectif.

En tant que prof, je suis toujours ravi lorsqu’un adulte m’appelle pour me demander s’il / elle peut commencer à apprendre le chant - le plus âgé de mes élèves actuels à 70 ans, vient de débuter et progresse vraiment bien.

On a beau le dire, il faut maintenant le mettre en pratique IL N’A VRAIMENT PAS D’AGE !


Comment passer de la voix de poitrine à la voix de tête sans accrocs ?

Dimanche, mars 9th, 2008

Beaucoup d’entre vous m’ont dit que vous aviez du mal à passer entre la voix de poitrine et la voix de tête - vous disiez que le passage s’entendait, que la voix changeait notablement, que vous forciez, que vous aviez mal après…

Et bien, tout ça est normal ! La voix de poitrine est votre mécanisme habituel - vous parlez avec toute la journée, or il est normal que ce registre vous soit plus accessible que celui de la voix de tête - dont on a rarement l’usage en dehors du chant !

Ceci dit - il n’est pas normal d’entendre de changement notable dans la voix (évidemment la voix de poitrine et la voix de tête sont différentes, mais on ne doit pas entendre à quel moment le changement se fait…), il n’est pas normal d’avoir mal, de devoir forcer etc.

Cet exercice vous aidera à trouver votre mécanisme léger sans tension et à y accéder sans difficultés, tout le temps. Ceci dit… il est légèrement ridicule comme exercice donc faites le tout(e) seul(e) si vous pouvez - vous le faites devant vos amis à vos risques et périls !

N’hésitez pas si vous avez des questions.

Allan


Suis je ténor, baryton, soprane, mezzo… ?

Dimanche, février 17th, 2008

Il est vrai que c’est difficile de trouver sa place vocalement et cette question est celle qu’on me pose peut-être le plus souvent, mais pour y répondre, il faut se poser une autre question encore - “Qu’est-ce que la tessiture, au juste ?”

Je vais peut-être vous choquer, mais je ne crois pas que ce soit si important que ça. Pourquoi - et bien, il faut comprendre d’où viennent ces termes - ce sont des classifications vocales qui ont été inventées pour rendre plus facile le recrutement dans les opéras, rien de plus. Il est ridicule de penser que toutes les voix humaines puissent rentrer dans une dizaine de cases ! Chaque voix est aussi individuelle que son propriétaire et donc chaque chanteur se doit d’apprendre à connaître sa voix et non pas d’essayer de lui imposer de faux critères créés à la base pour rendre plus facile le recrutement dans un genre musical que la plupart de chanteurs ne veulent pas chanter…

Or, si vous ne chantez pas de classique, ni de comédie musicale, votre tessiture n’a pas besoin de porter un nom bidon. Apprenez à connaître votre voix et apprenez dans quelles tonalités elle sonne mieux et n’hésitez pas à changer la tonalité des morceaux pour vous convenir, s’il le faut - même s’il s’agit du classique. Je sais qu’avec ce dernier propos je risque de me faire des ennemis chez les puristes, mais en tant que professionnel de la voix, il m’est beaucoup plus important de préserver la santé vocale d’un chanteur, même si ça veut dire changer la tonalité d’un morceau de Mozart, plutôt que de forcer sa voix à aller là où elle ne veut pas.

De plus, cette histoire de tessiture est trompeuse - ça n’a rien à voir avec les notes que vous pouvez atteindre (d’ailleurs je déteste l’idée d’atteindre des notes - je préfère parler de ‘chanter’). Les notes que vous savez chanter, donc, n’affectent pas vraiment votre tessiture. Un baryton et un ténor devraient tous les deux pouvoir chanter le contre-ut (s’ils sont bien formés et ont une technique solide - voir mon article sur la différence entre la technique et le style) - il s’agit plus de la résonance vocale. Un baryton va sonner mieux dans le milieu, voire les graves, et le ténor résonnera mieux dans les aigus - tout comme un violon et un violoncelle qui jouent la même note - il y une différence de résonance et de timbre.

J’ai des élèves qui me sont venus d’autres professeurs qui leur avaient dit ‘vous êtes baryton’ ou bien ‘vous êtes alto’, tout simplement parce que l’élève n’arrivait pas à chanter dans les aigus avec aisance - ça, mes amis, c’est de la paresse pure et dure de la part de l’ancien prof - ‘je n’arrive pas à vous aider donc je vais faire style que ça vient de vous’. Notamment, un homme qui n’arrivait pas à chanter au dessus d’un sol - et donc, selon son ex-prof- était baryton, avait tellement peu de résonance dans ses graves et un si beau timbre dans la partie aiguë de sa voix, que j’étais persuadé qu’il était en effet ténor. C’est le cas, et tous les jours il chante un peu plus haut, tout en douceur, pour révéler sa voix de tête. On peut très bien être soprane ou ténor sans avoir de contre-ut, tout comme on peut être alto ou baryton en ayant une tessiture assez développée dans les aigus.

Donc, si vous avez besoin de passer des auditions où on vous demande votre tessiture, ou si vous souhaitez postuler pour une pupitre de soprane ou ténor - la seule façon de savoir votre vraie tessiture, c’est de savoir où votre voix sonne mieux. Ensuite, s’il vous manque des notes pour rentrer dans le cadre demandé, il faut une bonne formation pour vous aider à les retrouver.

Pour résumer - demander ‘quelle est ma tessiture’ quand vous n’avez pas envie de chanter du classique ou de la comédie musicale revient à demander ‘quel est mon classement au badminton’ si vous prévoyez de jouer au tennis…


Echauffement vocal complet

Vendredi, janvier 25th, 2008

Et bien, mon dernier article a suscité un tel intérêt que je suis resté très surpris ! Apparemment vous êtes plusieurs à avoir cherché de telles informations sans trouver depuis un moment. J’ai eu beaucoup de mails me remerciant (je vous en prie !) et me demandant si je voulais bien faire la même chose pour un échauffement plus complet. Et ben, oui. Je veux bien !

Alors, l’échauffement qui suit est une version plus exhaustive de celui que j’ai écrit l’autre jour et vous permettra de détendre et échauffer votre voix de façon quotidienne en douceur. Ceci dit - ces exercices ne peuvent évidemment pas remplacer un bon prof de chant, mais si vous n’en avez pas - ou même si vous en avez un et vous voulez tout simplement un échauffement rapide et efficace pour tous les jours - les vocalises contenues dans les trois clips ci-dessous devraient faire l’affaire.

Si vous avez des questions ou vous voulez suggérer un autre thème sur lequel je pourrai éventuellement préparer un clip, n’hésitez pas à me contacter.

Chantez bien et prenez bien soin de votre voix !

Allan


Première Partie

Deuxième Partie

Troisième Partie

Un échauffement rapide

Jeudi, janvier 24th, 2008

Voilà - pas mal de lecteurs m’ont demandé si je pouvais leur donner un exercice pour bien échauffer la voix assez rapidement (pour quand ils n’ont pas le temps de s’échauffer correctement) - je pense que l’exercice suivant est excellent pour ça parce que la première étape éveille les cordes vocales et les fait vibrer sur toute leur longueur, et la deuxième étape ramène plein de sang rapidement vers les cordes vocales et - petit bonus - travaille les passages en passant du mécanisme lourd au léger (on parlera plus de ‘voix mixte’ et la réalité physique de ce ‘registre’ plus tard). Alors - si vous êtes pressés et vous voulez rapidement vous échauffer, suivez ces deux étapes :

1) Remplissez bien vos poumons et faites ‘Chhhhh’ aussi longtemps que possible. Répétez trois ou quatre fois.

2) Faites la même chose, mais remplacez ‘Chhhh’ par ‘jjjjjjjjj’ (le son de jus).

3) fredonner sur une gamme de cinq notes (articulez le son mmm avec la langue bien à plat et et sentant bien les vibrations dans les lèvres et dans le palais. Cliquez ici pour entendre la gamme de 5 notes

4) sur la même gamme de cinq notes, faites triller vos lèvres - pour ce faire, soulevez vos joues légèrement et, en mettant un léger bâillement dans votre voix - comme si vous étiez un peu endormi - faites triller les lèvres (voir clip vidéo youtube en bas de la page - pour voir les quatre étapes).

NE POUSSEZ JAMAIS SI VOUS N’ARRIVEZ PAS A ATTEINDRE UNE NOTE - LAISSEZ-LA POUR DEMAIN !

Voilà - échauffez-vous bien et prenez-soin de votre voix !

Premier article

Samedi, janvier 19th, 2008

 

Voilà - je me suis enfin lancé dans ce projet ! Depuis le temps que je fais mes recherches, que je travaille avec mes élèves tous les jours, que je continue d’étudier et de me pousser pour m’améliorer - j’ai ramassé un sacré paquet d’articles et de conseils sur le chant et la vie des chanteurs. C’est un de mes élèves qui m’a fait remarquer que tout ça ne servait pas à grand chose si ça reste dans mes fichiers et sur mon bureau - bien sûr mes élèves en profitaient, mais il y a des milliers de chanteurs partout en France et dans le monde francophone qui pourraient trouver un peu d’utilité dans ce que j’ai appris. J’ai donc décidé de tout mettre en ligne. Bien sûr, c’est un projet qui prendra beaucoup de temps, mais si une seule personne arrive à en tirer un peu d’utilité, ça aurait valu le coup.

Donc sur ce site, vous pouvez vous attendre à voir des articles sur tous les aspects du chant et la vie des chanteurs, des petites réflexions quotidiennes sur mes cours, mon développement personnel et celui de mes élèves, des exercices que j’ai crée pour mes élèves et qui ont particulièrement bien fonctionnés et tout un tas d’autre choses susceptibles de vous intéresser si vous êtes passionné par le chant.

Je serai heureux d’avoir un retour de votre part, donc n’hésitez pas à me laisser des commentaires sur ce que j’ai écrit, ce que vous avez trouvé utile, ce que vous aimeriez vous sur le site etc., et - si vous vous sentez généreux - pourquoi ne pas faire un petit don pour m’aider avec le développement de ce projet (rubrique ‘dons’, cliquez sur le bouton ‘faire un don’ et mettez le montant que vous souhaitez - tout don est apprécié !)

Voilà - je n’ai pas grand chose de plus à dire - donc BIENVENUE !
Allan