Archive for the ‘Professeurs de chant’ Category

Nouveau ! Cours sur Paris avec Allan.

Lundi, septembre 14th, 2009

Bonjour à tou(te)s ! Juste un petit mot pour vous annoncer que, étant donné la demande pour des cours avec mon approche sur Paris, je suis maintenant disponible un jour par mois pour les chanteurs qui voudraient me voir en personne.J’enseigne dans le Studio bleu 7/9 rue des Petites Ecuries (10 ème arrondissement).Les créneaux pour septembre sont déjà partis, mais il en reste en octobre et novembre.Merci !Allan 

Bossons ensemble ! Semaine 5 - la résonance nécessaire

Lundi, décembre 15th, 2008

Cette semaine, avant d’aller plus loin dans les cordes vocales, je veux vous présenter un des éléments de base dans ma méthode - la résonance nécessaire.

Pour ceux qui aiment la science, c’est un léger recul de l’épiglotte et une gorge bien ouverte, qui aide à garder la voix libre et harmonieuse peu importe la configuration laryngée qu’on utilise (ce qui veut dire que cet élément doit être présent dans les cordes rigides tout aussi bien que les cordes épaisses et ce à n’importe quelle hauteur).

Regardez bien le clip et essayez les exercices suivants :

1) faites une voyelle nasale soutenue (telle que ‘in’ comme dans ‘vin’)

2) essayez de sentir la sensation d’espace et d’ouverture dans le fond de la gorge - est-ce que vous percevez une résonance supplémentaire ?

3) faites la même chose avec une voyelle non-nasale (tranformez ‘in’ en ‘a’ par exemple) et tâchez de garder la résonance en place (une sensation de vibration dans le pharynx).

4) faites des glissades ou des gammes en plusieurs configurations en gardant l’impression d’ouverture et de résonance.

5) appliquez cette technique à un chant simple.

Voilà - essayez-le, c’est une des clés de voûte de la méthode du chanteur moderne et un des ingrédients obligatoires de n’importe quelle recette.

Comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos expériences !

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 4 - les configurations des cordes vocales.

Lundi, décembre 8th, 2008

Les cordes vocales sont tendues entre le cartilage thyroïdien et les aryténoïdes (voir image ci-dessous - c’est la partie intitulée ‘vocal ligament’ - enfin, le ligament vocal n’est qu’une partie de la corde vocale, mais l’important est de voir où se situent les cordes).

Larynx

C’est avec nos cordes vocales que nous faisons du son, chanté ou parlé ou autre – du coup, l’état physique de ces cordes est la base de notre son.

Plutôt que de parler de choses nébuleuses telles que ‘la voix de poitrine’ ou bien ‘la voix modale’ etc – je préfère parler avec mes élèves en cours particuliers de la réalité physique – comme ça, on est sûr qu’on parle de la même chose et qu’il n’y pas de confusion.

Alors, lorsqu’on va parler d’une qualité vocale donnée, on va parler de l’état de l’appareil vocal (l’appareil vocal comprend beaucoup plus de choses que les cordes vocales, mais l’étendue de cet article n’est pas assez vaste pour les couvrir toutes – j’en parlerai plus longuement dans d’autres articles et, surtout, dans ma méthode d’auto-apprentissage.) - du coup, il faut qu’on sache comment fonctionnent ces cordes (qui ne sont pas vraiment des cordes, mais des plis de chair, de ligament, de muscle et de muqueuses).

Nos ‘vraies’ cordes vocales (je précise vraies parce que nous avons déjà évoqué les fausses cordes vocales dans le premier clip de cette série) disposent de deux mécanismes vibratoires principaux. Elles peuvent être épaisses ou fines. Ensuite, elles peuvent aussi être tendues (pour aller plus haut) ou rigides (pour mettre de l’air dans la voix) ou rendues encore plus courtes que d’habitude (pour des effets tels que le belting). Aujourd’hui, nous n’allons parler que des cordes fines et des cordes épaisses.

Lorsque les cordes sont épaisses, elles ferment sur toute leur profondeur et le temps qu’elles restent fermées est plus important, ce qui donne un son qui est plus puissant ou avec plus de métal ou éclat dans la voix. Certains appellent ça la voix de poitrine, mais je n’aime pas trop ce terme car il a des connotations de résonance aussi et il faut bien séparer les choses – de plus, avec quelques astuces techniques, on peut facilement se servir des cordes épaisses dans la partie haute de la voix aussi, ou la résonance va plutôt être senti dans la tête.

Lorsque les cordes sont fines, elles ferment uniquement sur les bords intérieurs et le cycle ‘cordes fermées’ est moins important, du coup le son est plus doux et moins fort (mais il résonne bien assez pour être entendu et porter au dessus d’un piano, par exemple). Certains appellent ça la voix de tête, mais pareil – on peut l’utiliser sur toute sa voix, donc le terme n’est pas très utile.

Certains appellent aussi l’état rigidifié des cordes vocales la voix de tête – ce qui peut prêter à confusion car avec les cordes fines on peut chanter avec puissance si on le souhaite – ce qui n’est pas le cas des cordes rigides - du coup on se perd et on n’utilise pas le terme voix de tête pour parler de façon constante de la même chose (d’ailleurs j’ai récemment récupéré une fille qui a passé 10 ans au conservatoire à chanter en cordes rigides plutôt qu’en fines dans la partie aiguë de sa voix, sans qu’on lui dise que c’était une erreur – lorsqu’elle demandait pour quoi elle n’avait pas de puissance, on lui répondait qu’elle n’avait tout simplement pas beaucoup de coffre… va sans dire que maintenant, elle commence à avoir de la puissance vocale, mais elle se sent assez trahi par ses anciens profs.)

Tout ça est bien beau, mais comment trouver les cordes fines et épaisses et comment les utiliser ?

C’est simple :

Les cordes épaisses sont utilisées pour faire des sons plus coffrés et forts. Pour les sentir, faites les exercices suivants :

  1. Faites le son ‘uh-oh’. Où sentez-vous l’effort musculaire ? Pile dans la pomme d’adam. Surprenant, hein ? On nous dit depuis des années qu’on ne doit rien sentir là-dedans et pourtant, c’est là que les cordes épaisses sont contrôlées (si vous voulez la science, c’est le muscle thyro-aryténoïdien qui travaille ici - le TA).
  2. Jouez un peu avec les cordes épaisses, ressentez bien que le son est produit dans la pomme et nul part ailleurs. Le volume sera moyen voir fort (5-9/10). Faites des sons tenus.
  3. Faites des glissades sur la voyelle ‘Ah’
  4. Chantez quelque chose de simple, qui ne monte pas trop, en sentant bien l’effort la pomme - je dis bien effort et non pas tension ni douleur.

Les cordes fines sont utilisées pour faire des sons plus doux et intimes. Pour les sentir, faites les exercices suivants :

  1. Imitez un chiot qui couine, ou un enfant qui gémit. Où sentez vous l’effort maintenant ? Il n’est plus dans la pomme d’adam, mais ailleurs. Vous pouvez peut-être le sentir plus haut ou plus bas, ou tout implement avoir l’impression de pleurer un peu dans le son – tant que vous ne ressentez rien dans la pomme et qu’il n’y a pas d’air dans la voix, vous avez trouvé vos cordes fines. (Science : les cordes fines sont contrôlées par les mêmes muscles qu’on utilise pour pleurer – le crico-thyroïdien ou CT) - si vous avez de l’air dans la voix, vous n’êtes pas en fines, mais en rigides.
  2. Si vous avez trouvé les fines du premier coup, faites les mêmes glissades et sons tenus que vous avez faits en épaisses (vous trouverez plus facile la voyelle OU que AH pour cet exercice, mais faites les deux) - essayez de faire les exercices à la même hauteur que vous avez utilisé pour les épaisses, comme ça vous sentirez vraiment la différence physiologique.
  3. Chantez le même petit morceau que vous avez chanté en épaisses tout à l’heure et regardez les différences.

Récapitulons :

Epaisses : Son fort (4-9/10), effort musculaire senti au niveau de la pomme d’adam. Plus facile d’utiliser dans les graves - limite de Do4 pour l’instant. Pour le trouver : Uh-Oh.

Fines : Son doux (2-5/10 dans la partie basse de la voix, sans limite dans la partie haute), effort musculaire senti dans les muscles du pleur. Pour le trouver ‘Oh’ en imitant un enfant qui pleur.

Faites très attention à bien les séparer – dans les épaisses, on ne sentira que l’effort dans la pomme (TA) et non pas dans le pleur (CT), alors que pour les fines ce sera l’inverse – aucun effort dans la pomme, et tout dans le pleur.

Dans un premier temps, on ne montera pas plus haut que le do/ré 4 dans les cordes épaisses (on peut aller beaucoup plus haut, mais il faut maîtriser quelques paramètres supplémentaires d’abord) – par contre, pendant les exercices, laissez votre voix vous guider – si jamais vous sentez de la tension, ou que ça fait forcé ou serré – vous êtes allé trop loin.

Alors, lorsque vous voulez chantez fort, chantez en épaisses, lorsque vous voulez chantez moins fort, chantez en fines et lorsque vous voulez monter facilement, utilisez les fines aussi. Lorsque vous montez, essayez de changer vers les fines en rajoutant un peu de pleur dans la voix lorsque vous montez et en ressentant les cordes qui lâchent du poids progressivement – NE LAISSEZ PAS LA VOIX DEVENIR AEREE ! Plus loin on fera des exercices pour créer une troisième configuration qui permettra de chanter en haut avec la puissance des épaisses mais la facilité des fines.

Comme d’habitude, travaillez bien ces exercices pendant toute la semaine et RDV la semaine prochaine !

Allan

(petite question - certains m’ont demandé de mettre un vrai forum sur le site - pensez-vous que ce soit utile pour qu’on puisse discuter entre nous ?)

Bossons ensemble ! Semaine 3 - l’accolement des cordes vocales - un début.

Dimanche, novembre 30th, 2008

Bonjour !

Alors, nous voilà rendus à notre troisième semaine de cette série d’exercices quotidiens à faire pour améliorer sa voix.

Cette semaine, nous allons commencer à travailler les cordes vocales (pour des images, voyez les articles des deux semaines précédentes) et plus particulièrement l’accolement de celles-ci.

Lorsqu’on veut faire un son, les cordes vocales doivent être accolées - ce qui veut dire qu’elles se touchent et ensuite l’air qui arrive par la trachée les fait ouvrir pour laisser s’échapper un petit bout d’air.  Lorsqu’on chante le la 440 (le la qu’utilisent les musiciens pour s’accorder), cette opération se fait 440 fois par seconde - incroyable, non ? Mais pour qu’elle se fasse correctement, il faut un bon accolement des cordes et une bonne gestion de l’air (ne pas envoyer trop d’air pour une tâche vocale donnée).

Du coup aujourd’hui nous avons des exercices à faire avec les consonnes voisées en glissade - il n’y a pas plus simple, mais c’est aussi très efficace.

Regardez le clip et puis surtout n’hésitez pas si vous avez des questions.

Bossez bien et à la semaine prochaine !

Allan

(juste pour info, j’ai rajouté une page ‘contactez Allan’ sur le site web, certains d’entre vous avaient du mal à m’envoyer des mails, ça devrait être plus simple maintenant !)

Bossons ensemble ! Semaine 2 - la respiration et le soutien.

Lundi, novembre 24th, 2008

Bonjour !

Etant donné l’énorme succès de l’exercice de la semaine dernière, je pense qu’on va continuer avec cette serie pendant un certain temps.

Cette semaine, nous allons parler du soutien et de la respiration.

Ce qu’il faut savoir c’est que respiration NE FAIT PAS LE CHANT - une bonne technique respiratoire est un sous-produit d’une bonne technique vocale et non pas sa cause c’est très important de se le rappeler.

On confond souvent cause et symptôme - si on considère que lorsque quelqu’un chante bien, il respire aussi bien (ce qui est sûr) il faut savoir lequel est la cause et le symptôme. Les méthodes ‘classiques’ prétendent souvent que la respiration et la cause et le beau chant le symptôme - mais cela ne tient pas debout. Considérons les instrumentistes qui jouent des instruments à vent - ils ont tous une bonne technique respiratoire mais il ne savent pas tous chanter. Les enfants qui poussent des cris sans se faire mal ont une bonne technique respiratoire, mais ne l’ont jamais appris.Tous les élèves qui suivent une formation classique apprennent d’abord une bonne technique respiratoire, mais la plupart ne finissent pas par savoir chanter (sinon, on n’aurait que des solistes partout !) - du coup l’école classique est très efficace depuis des centaines d’années - oui - mais uniquement pour un tout petit pourcentage de ceux qui essayent de la suivre. La plupart échouent.

Les recherches actuelles nous montrent que le corps sait déjà respirer de la bonne façon et sait déjà soutenir un son (CF les recherches de Jo Estill, Janice Chapman et tout ce qui concèrne Accent Method Breathing) - du coup, pour bien soutenir sa voix lorsqu’on chante, il faut apprendre à faire confiance à son savoir.

Si vous avez maîtrisé l’exercice de la semaine dernière (et uniquement si vous l’avez maîtrisé…), vous pouvez commencer à travailler les exercices de cette semaine. Nous allons faire trois choses :

1) identifier les muscles de soutien naturel

2) observer le corps dans un état de soutien naturel et de respiration automatique

3) appliquer ces sensations à des exercices chantés

Alors, commençons par l’identification des muscles concernés - regardez l’image ci-dessous (pris du livre de Janice Chapman) :

Soutien Vocal

Ensuite, avec votre main gauche, mettez le pouce sur le point qui se trouve juste sous le sternum (le point le plus haut de l’image) et le petit doigt sur le point tout en bas. Avec la main droite en forme de pince, prenez votre taille à l’endroit de l’un des points du milieu. Ensuite, toussez. Vous allez sentir un mouvement sous les mains. Votre corps soutient automatiquement le son ‘intense’ et potentiellement dangereux que vous faites.

Maintenant, en gardant les mains en place, criez ‘Hé !’ comme si l’on vous volait votre sac / portefeuille. Vous allez ressentir la même chose encore. Sous le pouce de la main gauche, ainsi que sous la main droite, les muscles poussent vers l’extérieur tandis que, sous le petit doigt de la main gauche, ils poussent vers l’intérieur. Vous n’avez pas besoin de penser à ça, c’est automatique.

Maintenant, faites une série de Hé ! avec un petite pause entre chaque - relâchez bien les muscles pendant la pause s’ils ne se relâchent tous seuls. Normalement vous devrez voir que vous pouvez faire autant de Hé ! que vous voulez sans jamais avoir besoin de respirer consciemment - et oui, non seulement votre corps soutien naturellement votre son, mais il fait rentrer automatiquement de l’air à la fin du son. On appelle ça la respiration élastique et non seulement c’est naturel, mais c’est aussi totalement silencieux ! Magique !

Alors, maintenant, essayez de tenir un Hé !, genre tous les trois Hé !, pour un peu plus longtemps que les autres - ça ne devrait rien changer au système - la respiration fonctionne automatiquement et, tant que vous faites le son, le soutien reste en place.

Une fois que vous avez assimilé ça, essayez de l’appliquer à des petites gammes ou des bouts de chanson en cherchant toujours à chanter avec la même connexion émotionnelle et primale que vous avez lorsque vous criez Hé ! (même si vous chantez à faible volume - ici il ne s’agit pas de criez toute la chanson, mais d’avoir la même intention émotionnelle).

Voilà - faites ça une dizaine de fois par jour, et tenez-moi au courant !

A bientôt,

Allan

Bossons ensemble ! Semaine 1 - ‘la gorge ouverte’

Dimanche, novembre 16th, 2008

Bonjour tout le monde !

Comme ça fait un moment que je reçois pas mal de questions par mail, et souvent la même question de plusieurs personnes différentes, je me suis dit que ça pourrait être marrant de travailler sur un exercice de la semaine, tous ensemble - c’est à dire que je vais choisir parmi les questions posées un ‘objectif’ pour chaque semaine et j’en ferai un clip et une série d’exercices qu’on pourra tous faire ensemble tous les jours. On pourra en parler ici et sur youtube.

Alors, pour cette première semaine, on va parler de la gorge ouverte. La Gola Aperta de l’école italienne fait partie d’une bonne technique pour le chant, mais souvent les profs le réclamment sans expliquer comment faire pour le mettre en place. Alors, voici un aperçu physiologique de la chose.

Juste au dessus des cordes vocales, dans le larynx, se trouvent des bandes ventriculaires appelées ‘les fausses cordes vocales’ - vues d’au dessus, elles ressemblent à ça :

Fausses cordes vocales

Les ‘vraies’ cordes vocales sont intitulées ‘vocal fold’ et les fausses ‘ventricular fold’. (Pour info, le devant du larynx est en haut et la nuque en bas).

La fonction de ces fausses cordes est de se contracter pour protéger les vraies cordes et ainsi les poumons de la noyade (enfin, c’est un peu simpliste, mais en gros, c’est ça).

Beaucoup de profs préconisent la gorge détendue pour chanter, mais il faut savoir que détendue n’est pas pareil qu’ouverte. Détendue implique tout simplement un manque de tension, alors que ouverte implique un effort physique pour écarter les fausses cordes du chemin de la voix. Regardez les images ci-dessous (cette fois ci, vues de devant) pour vous montrer les trois positions des fausses cordes (elle est un peu simplifiée mais elle montre bien la chose) :

Trois postures des fausses cordes

Dans les deux versions du haut, on voit les fausses cordes et les vraies cordes (en bas) réagir ensemble.

Dans celle du milieu, on est dans l’impossibilité de chanter avec facilité et on risque de se blesser !

Dans la dernière, par contre, les vraies cordes sont accolées mais les fausses sont écartées - c’est excellent pour une bonne hygiène vocale et une production sonore aisée.

Malheureusement pour nous, le corps ne sait pas distinguer entre la poussée d’adrénaline que l’on ressent avant de chanter devant un public et celle qu’on ressent juste avant de se noyer ! Du coup, les cordes ont tendance à se refermer lorsqu’on veut chanter et on se retrouve à se battre contre la nature même du larynx pour sortir un son (c’est aussi la raison pour laquelle on chante moins bien chez son prof ou devant un public qu’à la maison tout seul).

Du coup, plutôt que de couvrir la chose de mystère et de donner des images telles que ‘l’oeuf dans la gorge’ ou encore ‘le tuyau dans la gorge’ pour essayer d’inciter la gorge ouverte - on a tout simplement besoin d’apprendre à contrôler ses fausses cordes pour arriver 100% du temps à avoir la gorge ouverte.

Dans le clip ci-dessous, vous verrez des exercices à faire tous les jours pour trouver la gorge ouverte si convoitée des chanteurs - fastoche !

Voilà, comme d’habitude, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ou suggestions.

A bientôt.

La voix de tête - qu’est que c’est ? Comment la renforcer ?

Lundi, juin 23rd, 2008

On parle souvent de la voix de tête, ou bien la voix de poitrine, ou encore de voix mixte… et souvent les mêmes appellations sont utilisées différemment chez différentes personnes - alors comment est-ce qu’on est censé se retrouver la-dedans en tant que chanteur ?Je vais vous expliquer ma façon d’utiliser ces termes, qui est basée sur mes recherches dans la phonologie pour le chant et l’anatomie vocale, mais ne soyez pas surpris si ça diverge par rapport aux autres théories que vous aurez certainement entendues - tout ce que je peux dire c’est que ma théorie est anatomiquement solide, donc pour moi elle tient la route et donne des résultats (ce qui est le plus important !) Pour moi, lorsqu’on parle de voix de tête ou de poitrine, on parle plutôt d’une résonance particulière - autrement dit, on décrit tout simplement l’endroit ou le chanteur ressent le placement de voix lorsqu’il chante. En règle générale, les aigus vont se ressentir dans la tête (et les fosses nasales) et les graves dans la bouche et la poitrine - d’où les appellations courantes de ‘voix de tête’ et ‘voix de poitrine’.Ceci dit, ces appellations viennent du classique où on cherche à maintenir un son homogène sur toute la tessiture, ce qui n’est pas forcément adapté à toute la musique moderne. Au lieu de parler de résonance et voix comme s’il s’agissait de faits anatomiques, il vaut mieux se tourner vers notre ami le larynx pour y trouver les réponses.En fait, l’endroit où le chanteur ressent la résonance n’a presque rien à voir avec ce qui se passe dans le larynx - il est tout à fait possible de faire ses aigus en ‘voix de tête’ (c’est à dire en ressentant la résonance dans la tête) et se faire mal parce que les cordes vocales ne sont pas correctement configurées. Si on veut enseigner un chant modulable, qui s’applique à plusieurs styles (le lyrique compris) sans courir de danger pour la voix, on doit forcément savoir quelle configuration des cordes vocales il convient d’utiliser pour chanter dans chaque partie de sa tessiture.Le larynx contient les cordes vocales (ou plis vocaux, comme on devrait plus correctement les appeler) et ce sont ces cordes qui créent le son lorsqu’on chante (et lorsqu’on parle aussi !) - ce sont donc les acteurs les plus importants dans la phonation pour le chant. Les cordes ont plusieurs configurations qui nous servent lorsqu’on chante (aussi appelées des mécanismes), ce sont :

  1.  La friture : Les cordes sont très détendues et vibrent de façon chaotique. Le son ressemble un peu à une porte qui grince ou bien un léger grésillement. La friture est parfois utilisée en début de note pour une attaque assez ‘pop’ (penser : Britney Spears qui chante ‘oh baby baby’) ou bien dans des registres très graves tels que le Death Metal.
  2. Les cordes épaisses : Les cordes vocales sont légèrement tendues, mais restent épaisses et courtes. Cette configuration est aussi appelé couramment ‘le mécanisme lourd’ - c’est la configuration qu’utilisent la plupart des hommes pour parler.
  3. Les cordes fines : Les cordes vocales sont plus tendues et plus longues car le cartilage thyroïde bascule en avant, tirant ainsi les cordes vers l’avant - comme elles sont plus tendues, elles sont forcément aussi plus fines (comme un élastique que l’on étire). Cette configuration rend l’accès aux aigus extrêmement facile. Aussi appelé le mécanisme léger.
  4. Les cordes rigides : Les cordes vocales se figent et s’ouvrent un peu pour laisser passer un filet d’air, les couches supérieures des cordes vibrent, alors que le reste ne bouge pas. Aussi appelé le falsetto. Cette configuration donne un son léger, aéré et détimbré.
  5. Le siflet : Le sifflet est une version extrême des cordes rigides. On ’siffle’ un peu d’air à travers des cordes tendues. Cette configuration est utilisée pour chanter des notes extrêmement aiguës (à la Mariah Carey). Il est dangéreux d’essayer d’apprendre ce registre tout seul - il faut être encadré par un prof compétent !

Ainsi, n’importe quelle configuration peut être chantée en plaçant la résonance dans la tête ou dans la poitrine, c’est pourquoi je préfère enseigner les configurations pour m’assurer qu’on attaque chaque note avec un maximum de facilité et aisance. Si on se fie à l’approche ‘résonance’ on peut très bien essayer de chanter son contre-ut avec les cordes épaisses, tout simplement parce qu’on ressent la résonance dans la tête donc on se dit qu’on est en voix de tête - très dangéreux ! Mais si on apprend à distinguer les configurations des cordes vocales, on ne peut jamais se tromper.Alors, pour mieux voir nos aigus il nous faut voir la configuration cordes fines, car c’est celle-ci qui nous donnera un accès léger et aisé à la partie aiguë de notre voix - certes, la son sera plus léger que l’approche ‘je force comme un malade pour que les cordes épaisses résonnent jusqu’à en haut’ - mais on aura des notes faciles et fiables que l’on pourra, par la suite, déguiser avec des astuces de voix mixte pour avoir la même puissance et même plus de timbre que quelqu’un qui a appris qu’il fallait forcer pour les aigus - et le tout sans faire aucun effort. Elle n’est pas belle, la vie ?…!Visionnez, donc, le clip qui vous donnera des exercices pour mieux sentir et travailler votre configuration cordes fines et la prochaine fois on verra les ébauches de cette mystérieuse voix mixte. Chantez bien et à bientôt ! Allan  

La respiration dans le chant

Jeudi, mai 15th, 2008

Apprendre à respirer… ?
On me pose souvent la question suivante - ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’…. erm, excuse-moi ? Apprendre à respirer ?

Avant de partir dans mes opinions sur la respiration pour le chant, je vais vous dire ce que je dis à chacun des mes élèves qui me pose cette question - tu sais déjà respirer, autrement tu aurais déjà eu de gros soucis.

Contrairement à ce que disent beaucoup de profs de chant, on ne respire pas différemment pour le chant, les poumons se remplissent automatiquement (essayes de te les vider… impossible, hein ? Et même si tu penses y être parvenu, qu’est-ce que se passe si tu lâches la tension ? De l’air rentre - pourquoi ? Parce que le diaphragme ne peut être contrôlé - il réagit instinctivement et automatiquement. Je répète, il est anatomiquement impossible de contrôler son diaphragme. On ne peut ni le sentir (il n’y a pas de nerf dedans) ni le contrôler.

Ensuite, il faut savoir que la respiration n’est qu’une partie du chant, il y a aussi des tas d’autres choses qui rentrent en compte - l’accolement des cordes vocales, le positionnement du larynx, la détente musculaire dans certains endroits et la tension musculaire dans d’autres… enfin la liste est très longue ! Tout ça nous montre que toute formation vocale qui mettrait une importance primordiale sur la respiration est du moins déséquilibrée, si ce n’est dangereuse.

Donc, est-ce que je pense qu’on peut faire n’importe quoi au niveau de l’air lorsqu’on chante - non. Pas du tout. C’est juste que les termes utilisés sont souvent trompeurs et causent beaucoup de problèmes (je récupère souvent des élèves avec des années de formation classique derrière eux qui sont incapable de chanter mais qui ont, soi disant, une bonne technique respiratoire). Je pense qu’il faut voir les choses sous un autre angle et changer la question.

Au lieu de se demander ‘comment est-ce que je peux apprendre à respirer’ on va plutôt se demander ‘comment puis-je utiliser au mieux l’air qui est dans mes poumons lorsque je chante’ et là, ça change tout.

Le son et les ondes
Lorsqu’on chante (tout comme quand on parle, d’ailleurs) on produit des turbulences dans l’air (des bandes de haute pression séparées par des bandes de basse pression) qui transmettent le son à nos spectateurs, ensuite leur oreille décode ces turbulences (ou ondes - comme quand on laisse tomber un galet dans un étang) pour reproduire le son envoyé - c’est de l’ingénierie haut de gamme !

Lorsque les ondes sont plus rapprochées, le son est plus aigu et lorsque les ondes sont plus loin les unes des autres, le son est plus grave.

Mais, si le galet commence les ondes dans l’étang, quelque chose dans notre corps doit bien commencer les ondes dans l’air, non ? Quelque chose doit osciller assez rapidement pour perturber l’air et causer des vibrations. Si on pince une corde de guitare, on la voit vibrer - ce mouvement de va-et-vient comprime l’air à côté de la corde et l’entraîne loin de l’air qui l’entourait avant, et ce processus se répète en cycles - comprimer, entraîner, comprimer, entraîner… c’est ça qui provoque les ondes dans l’air.

Mais comment tout ça fonctionne dans la voix humaine ?

Si la corde de guitare cause des turbulences en se frottant contre l’air, la voix humaine les provoque en créant de la pression d’air et en la lâchant petit à petit.

Si on imagine ses poumons en tant que deux chambres à air qui peuvent être mises sous tension grâce aux muscles de l’abdomen, on n’est pas loin de la vérité. Tout en haut de ce système est une valve ou un obturateur qui peut être réglé pour lâcher de l’air progressivement dans une série de toutes petites explosions.

Cette valve est créée en accolant les cordes vocales, ce qui ferme hermétiquement la chambre à air et en contrôle, de façon très précise, la sortie de l’air. Ce sont les petites explosions d’air qui créent les ondes pour la voix humaine.

Plus les cordes sont accolées et tendues, plus les explosions sont fréquentes et comme on a déjà vu, plus les explosions sont rapides, plus les ondes sont rapprochées et plus la note sonne aiguë.

Evidemment, c’est un schéma très simplifié de la voix humaine, mais ça suffit pour comprendre que la façon dont on respire n’a rien à voir avec le son qui sort de notre bouche. D’ailleurs, dès la naissance, même avant de savoir parler, on poussait tous des cris (parfois très aigus), sans se faire mal et sans un seul cours de technique respiratoire ! - c’est naturel.

Ce qui contrôle l’air est donc le larynx et les cordes vocales. Les muscles de l’abdomen ont un rôle à jouer pour mettre l’air sous tension derrière les cordes vocales, mais si les cordes sont correctement accolées, ce phénomène se fait naturellement.

C’est pourquoi, il faut d’abord s’assurer que le larynx est en bon état de fonctionnement (ni trop haut ni trop bas et qu’il ne bouge pas trop lorsqu’on chante) et que les cordes vocales sont correctement accolées AVANT de regarder la respiration. Le faire dans l’autre sens peut laisser passer des problèmes d’accolement des cordes vocales, ce qui reviendrait à essayer de chauffer une pièce sans avoir fermé la fenêtre d’abord - on peut mettre le chauffage à fond mais la pièce ne sera pas chauffée efficacement. Peu importe la ‘technique’ de chauffage que l’on utilise.

Une fois que j’ai réglé les problèmes de larynx et de cordes vocales, je regarde vite fait l’appui respiratoire - et MIRACLE - souvent il est parfait, le corps sachant comment respirer et comment utiliser l’air pour faire un son - il n’a que très rarement besoin d’apprendre. Je règle la respiration UNIQUEMENT si l’estomac ne sort pas lorsqu’on inspire et ne rentre pas lorsqu’on expire - ce qui est assez rare.

Donc tous les grands chanteurs ont une bonne technique respiratoire - oui, mais la bonne respiration est le produit d’une bonne technique vocale et non pas l’inverse comme le soutiennent beaucoup.

Vérifier sa respiration
Voici quelques exercices pour voir si votre respiration tient la route pour faire des sons (qu’ils soient chantés ou non) :

Allongez vous par terre et mettez un livre sur votre ventre - lorsque vous inspirez le livre doit monter, lorsque vous expirez il doit descendre.

Mettez-vous à quatre pattes et inspirez doucement - vous sentirez descendre votre estomac, lorsque vous inspirez il devrait monter.

Si vous arrivez à faire ces deux exercices, félicitations - votre respiration est parfaite pour chanter. C’est marrant - ça n’a pas pris des années d’enseignement pour l’apprendre…

Dans un prochain article on verra comment mettre un appui abdominal pour soutenir l’air dans la trachée (vous remarquerez que je n’ai pas dit pour soutenir la note… je n’aime pas dire ça parce que les gens pensent que si l’air soutient la note, ils doivent en envoyer plus lorsqu’ils montent plus haut - FAUX. L’air reste à une pression homogène pendant tout l’acte de chanter - ce sont des micro-changements dans les cordes vocales qui changent la hauteur de la note) - vous serez peut-être tout aussi étonnés de voir qu’une fois le larynx réglé, l’appui est souvent là de façon naturelle aussi. On dirait que vous êtes nés pour ça !

A une prochaine fois !

Quand est-il trop tard pour commencer à apprendre la musique ? Les élèves adultes dans la musique en France.

Dimanche, mars 23rd, 2008

J’entends souvent les gens dire, j’aurais aimé apprendre à chanter / jouer d’un instrument, mais il est trop tard.
STOP! Il est temps que les français arrêtent de croire qu’on n’a pas le droit de changer de vie une fois les 18 ans passés, ou que l’apprentissage est quelque chose qui arrive uniquement aux jeunes…

Il existe beaucoup d’études qui montrent que les adultes apprennent au moins assez bien que les enfants, et parfois mieux (faites des recherches google sur l’éducation / l’apprentissage chez les adultes - vous serez surpris !) Si c’est vrai dans des domaines tels que la science, les langues vivantes, la technologie - alors pourquoi pas la musique ? Vient se rajouter à ses études, mon expérience personnelle. J’ai enseigné la musique à plus de 200 adultes et un nombre semblable d’enfants (entre 10 et 18 ans) - systématiquement les adultes avançaient aussi vite, si ce n’était plus vite, que les enfants. Pourquoi? Parce qu’ils sont souvent plus motivés, ils ont vraiment envie d’apprendre alors que souvent chez les enfants ce sont les parents qui poussent l’enfant à apprendre, ce qui fait que l’enfant ne travaille pas entre les cours et n’avance pas. Même les enfants qui veulent vraiment apprendre avancent moins vite qu’un adulte motivé parce qu’ils ont du mal à se concentrer sur les exercices pratiques pendant longtemps et manquent d’obsession pour leur passion.

Est-ce que les enfants ont un avantage quelconque sur les adultes alors ? Oui - le temps libre. Un enfant a, évidemment, beaucoup moins de distractions quotidiennes qu’un adulte et peut, donc, en théorie, trouver le temps de travailler plus facilement. De plus, les enfants sont beaucoup moins timides que les adultes en ce qui concerne leur progrès et talent naturel - un enfant se moque de jouer / chanter un morceau sans qu’il soit absolument parfait - chaque adulte a envie d’avoir le même niveau que leurs chanteurs pros préférés, “si ce n’est pas aussi bien que Maria Callas / Mariah Carey - c’est que je suis nul”. Ils s’attendent, à tort, que la musique qu’ils produisent - souvent au bout de quelques semaines de travail - les émeuve autant que leurs enregistrements préférés de la même musique.

Alors, quelle solution pour un adulte qui veut apprendre ? Voici quelques consignes pour vous aider à franchir le pas :

  • Trouver le temps de travailler entre les cours : même un peu, tous les jours - peu et régulier (genre 10 minutes par jour) est plus efficace que trois heures le samedi ou juste avant d’aller en cours.
  • Acceptez d’être moins que parfait
  • Devenez un peu enfantin
  • Mesurez vos progrès : Plutôt que d’énumérer les choses que l’on ne sait pas encore faire, soyons ravi de ce qu’on a appris depuis la dernière fois, aussi peu important que cela puisse paraître, car ça nous avance petit à petit vers notre objectif.

En tant que prof, je suis toujours ravi lorsqu’un adulte m’appelle pour me demander s’il / elle peut commencer à apprendre le chant - le plus âgé de mes élèves actuels à 70 ans, vient de débuter et progresse vraiment bien.

On a beau le dire, il faut maintenant le mettre en pratique IL N’A VRAIMENT PAS D’AGE !


Le défi 3

Mardi, février 26th, 2008

Voilà - ça fait un moment que je n’ai pas fait de mise à jour (malade - pah !), mais je suis de retour et voulais donc vous tenir au courant sur le déroulement du défi.

Certains participants ne sont pas venus ces deux dernières semaines (vacances et maladie) mais ceux qui sont venus ont vraiment progressé - je suis impressionné par leur motivation, ils passent des heures chez eux à faire les vocalises que je leur recommande et ça se voit !

Le plus impressionnant cette semaine était la découverte de la voix mixte pour un homme qui avait auparavant un passage tellement notable sur le ré/mi/fa, qu’il évitait ces notes totalement - et voilà que cette semaine, il est capable de les chanter sans grésillement sans rupture et - très important - sans forcer. Je pense qu’il va finir avec une voix vraiment intéressante.

Aussi - très bonne nouvelle pour ceux d’entre vous qui m’ont envoyé des mails demandant si vous pouviez entendre les participants. Certains d’entre eux sont d’accord pour que leurs cours (ou du moins des parties de leurs cours) soient publiés sur ce site - donc vous entendrez les problèmes, les solutions et la ‘guérison’ de leurs voix en live - à part le fait que ce soit intéressant à écouter, ça va peut-être aider ceux d’entre vous qui ont les mêmes difficultés à les résoudre.

Voilà - encore un grand merci aux participants du défi et à très bientôt.

Allan