Comme promis, voici les dates pour le stage : survivre en tant que chanteur de rock.
Il aura lieu au studio bleu dans le dixième arrondissement de Paris, le 17 et 18 avril 2010.
Sur ces deux jours, nous étudierons les techniques nécessaires pour chanter les genres rock, métal etc - nous verrons les techniques de soutien et ancrage, les configurations ‘lourdes’ ainsi que plusieurs stratégies de saturation saine. Nous parlerons également de ce qu’il faut faire si jamais on se rate !
Tarifs :
180 Euros (Auditeur Libre - pas de coaching, pas de questions mais peut observer tout le stage et participer aux exercices de groupe)
250 Euros (Participant Actif)
Les places limitées et la liste de pré-inscriptions assez chargée - donc ne tardez pas si vous voulez une place !
Le premier stage de 2010 répondra à une des questions les plus posées de 2009 - c’est quoi exactement cette fameuse technique que l’on appelle le belting ?
Le stage aura lieu le 30 janvier 2010 au studio bleu, 7-9 rue des petites écuries, 75010, Paris entre 10h30 - 18h30.
Il y aura une pause pour le déjeuner (restos à proximité, restauration rapide, brasseries etc) et deux pauses café (boissons fournies).
Description du stage
Le belting est une technique moderne utilisé, et même essentielle, dans les musicals sur Broadway et le ‘West-End’ de londres, dans le Gospel, le Rock et bien d’autres styles contemporains, mais elle reste très mal comprise par les chanteurs.
Pendant cette journée consacré au belting, nous aborderons plusieurs thèmes :
Qu’est-ce que c’est ? (une technique passionnante pour chanter des aigus puissants et brillants - une technique à la portée de tout chanteur ayant la voix saine)
Qu’est-ce que ce n’est pas ? (pousser la voix de poitrine, crier, forcer…)
Quelques exemples audio et vidéo du belting en pratique dans différents genres
Une visite rapide de la physiologie de la voix et son application au belting (une configuration bien précise)
Les techniques prévues par la TCM pour aborder cette technique
Des exercices de groupe pour trouver les éléments nécessaires pour le belting
Quelques petites séances de coaching avec des volontaires qui voudraient appliquer le belting à leur chant (séances de coaching devant les autres stagiaires et totalement facultatives)
Ce stage est ouvert à tout chanteur ayant une bonne santé vocale, mais est déconseillé pour ceux qui ont des problèmes physiologiques tels que les nodules, les polypes etc… Si vous avez un doute, merci de nous contacter avant pour vous assurer que ce stage convient à votre voix.
Tarif : 95 euros par personne / 170 pour deux personnes s’inscrivant en même temps.
Pour réserver (places très limités dû à la taille du studio), envoyez-nous un mail pour qu’on vous bloque une place pendant quelques jours, puis téléchargez le fichier d’inscription ci-dessous et renvoyez-le nous avec votre règlement. Il y a aussi la possibilité de prendre une séance particulière à tarif réduit pour les stagiaires le lendemain et le surlendemain (dans la mesure des créneaux disponibles - merci de préciser au moment de réserver).
Comme d’habitude, si vous avez des questions n’hésitez pas !
Je voulais juste en profiter pour vous souhaiter une excellente année 2010 avec plein de santé, réussite, bonheur, amour et - surtout - de CHANT !
J’en profite aussi pour vous dire un grand merci pour le soutien que vous m’avez octroyé pendant 2009 - je suis très reconnaissant de la confiance que vous m’accordez - à moi, ainsi qu’à la TCM et j’espère être à la hauteur de vos espérances en 2010 !
Pour la TCM, 2010 promet d’être une année très dynamique ! Il se passera plusieurs choses intéressantes :
La méthode sera (enfin) disponible - incroyable, non?
Il y aura plusieurs stages publiques de TCM (le premier étant fin janvier à Paris - détails à suivre, mais si vous voulez une place, dites-le moi rapidement !)
Il y a aura de nouvelles promos de professeurs en formation pour dispenser la TCM
Un nouvel site web sera lancé (avec un nouveau logo / nouvelle identité) qui contiendra encore plus d’articles et de conseils.
J’espère qu’ensemble on fera de la technique vocale moderne et scientifique LA référence pour tout enseignement sérieux.
Encore une fois, merci pour 2009 et tous mes voeux de bonheur et santé pour 2010.
Bonjour à tou(te)s ! Juste un petit mot pour vous annoncer que, étant donné la demande pour des cours avec mon approche sur Paris, je suis maintenant disponible un jour par mois pour les chanteurs qui voudraient me voir en personne.J’enseigne dans le Studio bleu 7/9 rue des Petites Ecuries (10 ème arrondissement).Les créneaux pour septembre sont déjà partis, mais il en reste en octobre et novembre.Merci !Allan
Si vous pensez avoir un problème de nasalité dans votre voix, il faut d’abord vérifier qu’il s’agit en effet de nasalité et non pas de quelque chose d’autre. Il y a une façon très simple de faire ça :
posez le doigt sous le nez et dites un ‘m’ bien tenu, comme si vous réfléchissiez à quelque chose (voir clip vidéo)
Vous devriez sentir de l’air sortir du nez et chauffer votre doigt.
Maintenant chantez une note en gardant le doigt au même endroit. Si le son est nasal, vous sentirez cette même sensation, s’il ne l’est pas, vous ne sentirez rien.
Ensuite - si vous avez trouvé qu’il s’agit en effet de nasalité, il faut vous poser la question suivante : est-ce que je veux m’en débarrasser ou pas.
Et oui, ça peut être une question choquante, mais ce qu’il faut savoir c’est qu’il n’y a rien de malsain ou de ‘mauvais’ techniquement à avoir un son nasal - dans mes cours privés et publics j’enseigne comment faire un son nasal ou non, comme on le souhaite. Pour comprendre pourquoi ce n’est pas forcément mauvais (ni bien, d’ailleurs) d’avoir un son nasal, il faut comprendre comment marche cette partie de l’appareil vocal.
2. Le palais mou : la porte de votre nez
Le palais mou est la prolongation du palais dur - si vous touchez votre palais dur avec le bout de votre langue et vous glissez la langue légèrement vers l’arrière, vous allez sentir un endroit où la structure devient plus molle. Si vous n’y arrivez pas avec la langue, allez-y doucement avec le doigt. Cette partie molle est le palais mou.
Le palais mou sépare l’oropharynx et le naso-pharynx (ou plus vulgairement, la bouche et le nez !) et comme il est souple et peut être manipulé par certains muscles, il forme une véritable porte qui peut soit rester mi-ouvert, soit fermer le nez, soit fermer la bouche.
Sentir et contrôler son palais mou
Vous pouvez sentir les trois positions du palais mou en faisant l’exercice suivant :
Nez Ouvert / Palais bas
fermez la bouche et dites ‘m’, comme dans l’exercice précédent. Vous remarquerez que tout le son sort par le nez (ce qui est normal - la bouche est fermée !). Le nez est alors ouvert. Maintenant, dites ‘ng’ comme à la fin du mot ‘sing’ en anglais - maintenez le son (voir vidéo) - encore une fois, même si les lèvres sont écartées, la bouche est fermée par le palais qui s’est posé sur la langue et tout le son sort par le nez.
Nez Fermé / Palais relevé
Commencez par dire un ‘m’ comme dans l’exercice précédent. Maintenant commencez à dire ‘b’ ou ‘p’, mais n’ouvrez pas tout de suite les lèvres. Vous remarquerez que la pression d’air augmente dans la bouche, jusqu’à ce que vous ouvriez les lèvres pour faire votre son ‘b’ ou ‘p’. Répétez cet exercice avec le doigt sous le nez - au moment de faire l ‘m’ vous sentirez l’air passer par le nez (donc nez ouvert / palais bas) mais au moment ou vous commencez à dire le ‘b’ vous allez sentir quelque chose au fond de la bouche bouger vers le haut - l’air s’arrêtera dans le nez et commencera à faire gonfler les joues. Là, vous avez relevé votre palais mou et fermé votre nez. Maintenant, essayez de maintenir le palais fermé en disant des sons tels que ‘a’ ou ‘i’ - si c’est plus facile dans un premier temps, vous pouvez mettre un ‘b’ devant ces sons pour bien refermer le palais. Vérifiez avec votre doigt que l’air passe uniquement par la bouche et non pas par le nez.
Nez mi-ouvert / palais mi-levé
Dites ‘on’ ou bien ‘in’ - vous sentirez de l’air passer et par le nez et par la bouche. Votre palais est donc mi-levé et votre nez mi-ouvert.
Alors, quelle position choisir ? La réponse est simple - ça dépend. On a tendance à penser que tout le son doit sortir tout le temps de la bouche pour ‘bien chanter’ et que le son nasal est à proscrire - mais ce n’est pas aussi simple que ça.
Certes, un son oral est plus efficace sur le plan résonance qu’un son nasal (la cavité orale étant plus grande que la cavité nasale), mais certains effets chantés ne veulent pas forcément un son très résonant. Le goût du chanteur peut être pour un son plus nasal (qui dit nasal dit forcément plus clair), par exemple.
Même si notre but est d’avoir un son bien rond et bien résonant - du coup on aura tendance à préférer un son purement oral - il y a des sons qu’on ne peut pas faire si le palais est levé et le nez fermé - notamment le ‘m’, le ‘n’ ou le ‘ng’ (à l’anglaise) - essayez de les faire en gardant le palais levé - impossible !
Ensuite, qu’en est-il des voyelles nasales telles que ‘on’, ‘in’, ‘en’ en français ? En classique, on a tendance à les rendre plus orale pour garder la résonance, mais dans d’autres styles on peut choisir de les chanter plus purement et ouvrant le palais à moitié pour ce sons là et en le refermant pour les sons non nasaux.
Conclusion
Il n’est pas forcément proscrit de chanter avec un son nasal - parfois, c’est nécessaire (certaines consonnes et voyelles) et parfois la préférence du chanteur peut être pour un son nasal. Même si les sons oraux sont plus résonants et ronds, il faut que la préférence du chanteur, ainsi que le style chanté, prime sur les idées reçues.
Apprenez donc à contrôler votre palais et vous pourrez pleinement contrôler votre son en chantant du nez quand il le faut (ou quand vous le souhaitez) et en faisant un son purement oral lorsque vous le voulez aussi.
Exercices supplémentaires :
Chantez des gammes de cinq notes (do-ré-mi-fa-sol-fa-mi-ré-do) sur toutes les voyelles, en veillant à garder le palais levé (nez fermé). Montez par demi-tons.
Répétez l’exercice sur NG en gardant le palais bas (nez ouvert). Montez par demi-tons.
Répétez l’exercice sur ‘ma’ ou encore ‘mi’ en veillant à bien ouvrir le nez pour le ‘m’ et le refermer pour la voyelle. Contrôler avec le nez sous les narines.
Répétez l’exercice sur ‘ma’ en gardant le nez ouvert pour le ‘m’ et mi-ouvert pour la voyelle.
Enregistrez vous et choisissez l’option qui vous convient le mieux.
Travaillez une chanson - trouvez toutes les endroits où vous êtes obligé d’ouvrir le nez (m, n etc) - puis travaillez juste ces mots là en refermant le nez pour la voyelle qui suit, puis en le laissant mi-ouvert. Ensuite, chantez la chanson avec les deux options et enregistrez les résultats - choisissez l’option qui vous convient le mieux.
Bon courage et à bientôt pour une nouvelle mise à jour !
PETITE ANNONCE !
J’ai décidé de faire mes mises à jour en fonction de vos questions. Alors, toutes les semaines, je vous demanderai de bien vouloir envoyer vos questions vocales (le plus succinctement possible !) à l’adresse mail suivante : cours@chanteurmoderne.com en mettant ‘question’ dans la ligne ‘sujet’. Dès que je ferai une mise à jour, je prendrai la question le plus posée de la semaine comme thème de la mise à jour.
Me revoilà – désolé pour le retard, j’ai été très occupé récemment, mais j’ai trouvé un instant de libre et j’ai décidé de voir ce que j’avais sur ma liste de thèmes pour les articles.
Il y a quelques mois, on me suggérait sans cesse de parler des attaques (et donc aussi des terminaisons) de notes, depuis le thème du moment a changé (ça vient par vague, c’est marrant – on dirait que vous vous parlez entre vous !)
Alors, dans ma pédagogie, j’identifie trois / quatre façons de commencer (et de terminer) une note. Elles sont :
L’attaque (ou terminaison) glottale – les cordes vocales se ferment avant la production du son et la note est précédée d’un petit ‘clic’.
L’attaque (ou terminaison) simultanée – les cordes vocales restent ouvertes jusqu’au moment de commencer la phonation, du coup air et accolement se font en même temps et le début de la note est très propre.
L’attaque (ou terminaison) aspirée – les cordes vocales restent ouvertes et l’air est commencé avant l’accolement, on entend donc un petit ‘h’ avant la note.
L’attaque (ou terminaison) Friturée – comme l’aspirée sauf que les cordes sont détendues au moment de laisser passer l’air, du coup le son est légèrement friturée – pensez ‘Britney Spears’.
Contrairement à ce que dit l’école classique et beaucoup de pédagogues connus, il n’y a pas une attaque qui est plus saine qu’une autre – par ailleurs, les trois principales sont utilisés dans la voix parlée quasiment tous les jours :
Dites ‘uh oh’, comme si vous appréhendiez quelque chose – vous venez probablement de faire une attaque glottale.
Dites ‘yes’ ou bien ‘oui’ – vous venez probablement de faire une attaque simultanée.
Dites ‘house’ ou bien ‘ha ha’ – vous venez probablement de faire une attaque aspirée.
Dites ‘mmm’ comme si vous réfléchissiez, il y a de fortes chances que l’attaque ait été légèrement friturée.
Alors lorsque vous lirez que l’attaque glottale est absolument à éviter parce que ça abîme les cordes vocales, vous saurez qu’il n’y a aucune preuve scientifique de cela et qu’au contraire, c’est un son naturel que tout le monde utilise en parlant. Ces jours-ci, lorsqu’on me dit ‘mais vous savez, c’est pas bien de faire ça’ je réponds ‘montrez-moi vos recherches et on en parlera’.
Exercices
1. Attaque Glottale
Dites uh-oh plusieurs fois. Identifiez l’endroit ou les cordes bougent pour faire ce son. Maintenant dites ‘uh…’ et ne dites pas le ‘oh’ tout de suite – vous devriez sentir que les cordes vocales restent fermées pendant cette attente. Faites ça plusieurs fois pour identifier la sensation de ‘cordes ouvertes’ et ‘cordes fermées’.
Maintenant, inspirez, fermez les cordes et dites un ‘oh’ – soyez sur de fermer les cordes avant de commencer le flux d’air. Vous devriez sentir un petit clic en début du son. Répéter sur une note chantée. Essayez toutes les voyelles.
Cette attaque nous ramène plus facilement vers les cordes épaisses (ou la configuration Parole, dans ma pédagogie). Le son de cette attaque est direct, rythmé et franc.
2. Attaque Simultanée
Comme vous avez déjà identifié la sensation de ‘cordes ouvertes’ et ‘cordes fermées’, je veux que vous inspiriez et que vous gardiez les cordes vocales ouvertes exprès. Maintenant tâcher de commencer le ‘oh’ en même temps que l’air. C’est assez difficile et vous devrez certainement essayer plusieurs fois pour réussir. Ce sera plus facile si vous gémissez légèrement en même temps. Si vous n’arrivez pas du tout à le faire, mettez un ‘y’ en début de mot ‘Yo’ à la place de ‘oh’. Vous saurez que vous êtes dedans quand le début de la note se fera sans clic ni air.
Cette attaque nous ramène plus facilement vers les cordes fines (ou le principal ingrédient dans la configuration que j’appelle Pleur dans ma pédagogie). Le son de cet attaque est propre, pur et efficace.
3. Attaque Aspirée
Cette fois-ci, vous allez garder les cordes ouvertes et commence le flux d’air AVANT le début de la note. Ce sera certainement plus facile si vous tâchez de mettre un ‘h’ à l’anglaise devant la voyelle ‘hoh’ plutôt que ‘oh’.
Cette attaque nous ramène plus facilement vers les cordes rigides (ou la configuration que j’appelle falsetto dans ma pédagogie). Le son de cette attaque est vulnérable, doux et intime.
4. Attaque Friturée
Voir vidéo et copier !
Travail avancé
1. Différentes attaques pour différentes configurations.
Une fois tout ça maîtrisé, il est intéressant de s’entraîner à faire des attaques glottales en cordes fines, des aspirées en épaisses etc. Cela demande un bon contrôle du larynx et de la configuration, ainsi que des attaques, mais ça vous donnera beaucoup plus de couleurs dans votre palette de musicien !
2. Terminer les notes avec du style
Travailler la fin de chaque note avec une fin glottale, simultanée,
Comme promis, voici un clip vidéo sur le vibrato et comment le travailler.Comme dans la vidéo, je précise qu’on ne rajoute le vibrato qu’une fois la voix bien placée (dans mon modèle, il fait partie de la dernière étape - les effets - du coup, on le rajoute une fois tous les soucis techniques réglés et pas avant. Je vous conseille vivement de faire la même chose).
Le clip contient des exercices simples pour travailler le vibrato, il vous faudra un métronome (réel ou en ligne - mettez ‘free on-line metronome’ dans google) et un peu de patience.Travaillez peu mais régulièrement, plutôt que des heures d’affilé.
Encore une fois, je précise que si vous commencez à mettre du vibrato avant d’avoir posé votre voix, ou tout simplement parce que vous trouvez que ça ‘fait joli’, vous risquez de reculer dans votre apprentissage.
Si vous êtes prêts - travaillez un peu tous les jours et comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos commentaires, questions etc.
Une question assez fréquente ces derniers temps - «pourquoi vous ne parlez pas la bascule thyroïdienne ? J’ai lu sur internet que c’est important pour le chant, mais vous n’en parlez pas !» - eh bien, si j’en parle !
Ce qu’il faut savoir c’est que dans mon modèle, je sépare la voix en plusieurs parties, le noyau, le son primal, le filtre et les effets. La bascule thyroïdienne fait partie du son primal - mais plutôt que de vous enseigner l’anatomie qui va avec, je vous demande juste de faire un son simple et efficace pour l’avoir - le pleur / le gémissement. En effet, ce ‘son primal’ oblige le larynx à adopter une posture basculée en fermant l’espace crico-thyroïdien, ce qui rend l’accès aux aigus plus facile lorsque tous les autres éléments sont bien réunis.
Voici une image pour mieux l’expliquer.
(image prise de l’excellent livre ‘Le Guide de La voix’ du Dr Yves Ormezzano, Editions Odile Jacob)
Vous voyez que lorsque le cartilage thyroïde (3) est droit, l’espace crico-thyroïdien (1) est ouvert et les cordes vocales sont courtes et assez épaisses (vous les voyez dessinées dans le cartilage thyroïde). Pendant la bascule (configuration «pleur» dans mon modèle), l’espace crico-thyroïdien (1) est refermé par un mouvement du cartilage thryoïde (3) vers le cartilage cricoïde (2), ce qui étire les cordes vocales vers l’avant et les rend plus longues et plus fines.
Les cordes courtes et épaisses (configuration parole - espace crico-thyroïde ouvert) donnent un accès facile à la partie basse et médium de la voix. Les cordes longues et fines (configuration «pleur») donnent un accès facile à la partie médium et haute de la voix. Il suffit donc de mélanger les configurations dans la partie médium pour pouvoir aller sans difficulté vers les aigus sans décrocher.
Attention, pour que ça marche, il faut avoir maîtrisé tous les éléments qu’on a déjà vus - la posture, la gorge ouverte, la respiration élastique, la résonance etc - s’il y a la moindre tension dans la gorge, la bascule sera presque impossible.
Au début, lorsqu’on réussit cet exercice, le son sera fin et léger tout en haut (tout comme les cordes qui le produisent), mais une fois la technique stabilisé, on peut recruter un peu plus de masse dans les cordes vocales en augmentent petit à petit le volume pour finir avec un son puissant, même dans les hauteurs les plus extrêmes de la voix (rappelez vous, si le volume est fort, même si le son vous paraît fin à l’intérieur de votre tête, il y a de fortes chances qu’il soit épais à l’extérieur - chaque son est un équilibre d’épaisseur de cordes, longueur de cordes et de résonance - lorsqu’on change un des éléments les autres sont affectés aussi. Avec mes élèves, on travaille très dur pour trouver l’équilibre parfait pour chaque note de leur tessiture - comme ça ils ont tout le volume, timbre et puissance qu’ils veulent, sans jamais forcer - par ailleurs, beaucoup remarquent - c’est ça ?! Mais ça me semble trop facile ! Ensuite ils sont choqués lorsqu’ils voient les résultats enregistrés ou bien reçoivent des compliments de leur entourage.
Et oui - avec la bonne méthode, les aigus sont aussi faciles que les médiums et les graves !
Cette semaine, avant d’aller plus loin dans les cordes vocales, je veux vous présenter un des éléments de base dans ma méthode - la résonance nécessaire.
Pour ceux qui aiment la science, c’est un léger recul de l’épiglotte et une gorge bien ouverte, qui aide à garder la voix libre et harmonieuse peu importe la configuration laryngée qu’on utilise (ce qui veut dire que cet élément doit être présent dans les cordes rigides tout aussi bien que les cordes épaisses et ce à n’importe quelle hauteur).
Regardez bien le clip et essayez les exercices suivants :
1) faites une voyelle nasale soutenue (telle que ‘in’ comme dans ‘vin’)
2) essayez de sentir la sensation d’espace et d’ouverture dans le fond de la gorge - est-ce que vous percevez une résonance supplémentaire ?
3) faites la même chose avec une voyelle non-nasale (tranformez ‘in’ en ‘a’ par exemple) et tâchez de garder la résonance en place (une sensation de vibration dans le pharynx).
4) faites des glissades ou des gammes en plusieurs configurations en gardant l’impression d’ouverture et de résonance.
5) appliquez cette technique à un chant simple.
Voilà - essayez-le, c’est une des clés de voûte de la méthode du chanteur moderne et un des ingrédients obligatoires de n’importe quelle recette.
Comme d’habitude, tenez-moi au courant de vos expériences !
Les cordes vocales sont tendues entre le cartilage thyroïdien et les aryténoïdes (voir image ci-dessous - c’est la partie intitulée ‘vocal ligament’ - enfin, le ligament vocal n’est qu’une partie de la corde vocale, mais l’important est de voir où se situent les cordes).
C’est avec nos cordes vocales que nous faisons du son, chanté ou parlé ou autre – du coup, l’état physique de ces cordes est la base de notre son.
Plutôt que de parler de choses nébuleuses telles que ‘la voix de poitrine’ ou bien ‘la voix modale’ etc – je préfère parler avec mes élèves en cours particuliers de la réalité physique – comme ça, on est sûr qu’on parle de la même chose et qu’il n’y pas de confusion.
Alors, lorsqu’on va parler d’une qualité vocale donnée, on va parler de l’état de l’appareil vocal (l’appareil vocal comprend beaucoup plus de choses que les cordes vocales, mais l’étendue de cet article n’est pas assez vaste pour les couvrir toutes – j’en parlerai plus longuement dans d’autres articles et, surtout, dans ma méthode d’auto-apprentissage.) - du coup, il faut qu’on sache comment fonctionnent ces cordes (qui ne sont pas vraiment des cordes, mais des plis de chair, de ligament, de muscle et de muqueuses).
Nos ‘vraies’ cordes vocales (je précise vraies parce que nous avons déjà évoqué les fausses cordes vocales dans le premier clip de cette série) disposent de deux mécanismes vibratoires principaux. Elles peuvent être épaisses ou fines. Ensuite, elles peuvent aussi être tendues (pour aller plus haut) ou rigides (pour mettre de l’air dans la voix) ou rendues encore plus courtes que d’habitude (pour des effets tels que le belting). Aujourd’hui, nous n’allons parler que des cordes fines et des cordes épaisses.
Lorsque les cordes sont épaisses, elles ferment sur toute leur profondeur et le temps qu’elles restent fermées est plus important, ce qui donne un son qui est plus puissant ou avec plus de métal ou éclat dans la voix. Certains appellent ça la voix de poitrine, mais je n’aime pas trop ce terme car il a des connotations de résonance aussi et il faut bien séparer les choses – de plus, avec quelques astuces techniques, on peut facilement se servir des cordes épaisses dans la partie haute de la voix aussi, ou la résonance va plutôt être senti dans la tête.
Lorsque les cordes sont fines, elles ferment uniquement sur les bords intérieurs et le cycle ‘cordes fermées’ est moins important, du coup le son est plus doux et moins fort (mais il résonne bien assez pour être entendu et porter au dessus d’un piano, par exemple). Certains appellent ça la voix de tête, mais pareil – on peut l’utiliser sur toute sa voix, donc le terme n’est pas très utile.
Certains appellent aussi l’état rigidifié des cordes vocales la voix de tête – ce qui peut prêter à confusion car avec les cordes fines on peut chanter avec puissance si on le souhaite – ce qui n’est pas le cas des cordes rigides - du coup on se perd et on n’utilise pas le terme voix de tête pour parler de façon constante de la même chose (d’ailleurs j’ai récemment récupéré une fille qui a passé 10 ans au conservatoire à chanter en cordes rigides plutôt qu’en fines dans la partie aiguë de sa voix, sans qu’on lui dise que c’était une erreur – lorsqu’elle demandait pour quoi elle n’avait pas de puissance, on lui répondait qu’elle n’avait tout simplement pas beaucoup de coffre… va sans dire que maintenant, elle commence à avoir de la puissance vocale, mais elle se sent assez trahi par ses anciens profs.)
Tout ça est bien beau, mais comment trouver les cordes fines et épaisses et comment les utiliser ?
C’est simple :
Les cordes épaisses sont utilisées pour faire des sons plus coffrés et forts. Pour les sentir, faites les exercices suivants :
Faites le son ‘uh-oh’. Où sentez-vous l’effort musculaire ? Pile dans la pomme d’adam. Surprenant, hein ? On nous dit depuis des années qu’on ne doit rien sentir là-dedans et pourtant, c’est là que les cordes épaisses sont contrôlées (si vous voulez la science, c’est le muscle thyro-aryténoïdien qui travaille ici - le TA).
Jouez un peu avec les cordes épaisses, ressentez bien que le son est produit dans la pomme et nul part ailleurs. Le volume sera moyen voir fort (5-9/10). Faites des sons tenus.
Faites des glissades sur la voyelle ‘Ah’
Chantez quelque chose de simple, qui ne monte pas trop, en sentant bien l’effort la pomme - je dis bien effort et non pas tension ni douleur.
Les cordes fines sont utilisées pour faire des sons plus doux et intimes. Pour les sentir, faites les exercices suivants :
Imitez un chiot qui couine, ou un enfant qui gémit. Où sentez vous l’effort maintenant ? Il n’est plus dans la pomme d’adam, mais ailleurs. Vous pouvez peut-être le sentir plus haut ou plus bas, ou tout implement avoir l’impression de pleurer un peu dans le son – tant que vous ne ressentez rien dans la pomme et qu’il n’y a pas d’air dans la voix, vous avez trouvé vos cordes fines. (Science : les cordes fines sont contrôlées par les mêmes muscles qu’on utilise pour pleurer – le crico-thyroïdien ou CT) - si vous avez de l’air dans la voix, vous n’êtes pas en fines, mais en rigides.
Si vous avez trouvé les fines du premier coup, faites les mêmes glissades et sons tenus que vous avez faits en épaisses (vous trouverez plus facile la voyelle OU que AH pour cet exercice, mais faites les deux) - essayez de faire les exercices à la même hauteur que vous avez utilisé pour les épaisses, comme ça vous sentirez vraiment la différence physiologique.
Chantez le même petit morceau que vous avez chanté en épaisses tout à l’heure et regardez les différences.
Récapitulons :
Epaisses : Son fort (4-9/10), effort musculaire senti au niveau de la pomme d’adam. Plus facile d’utiliser dans les graves - limite de Do4 pour l’instant. Pour le trouver : Uh-Oh.
Fines : Son doux (2-5/10 dans la partie basse de la voix, sans limite dans la partie haute), effort musculaire senti dans les muscles du pleur. Pour le trouver ‘Oh’ en imitant un enfant qui pleur.
Faites très attention à bien les séparer – dans les épaisses, on ne sentira que l’effort dans la pomme (TA) et non pas dans le pleur (CT), alors que pour les fines ce sera l’inverse – aucun effort dans la pomme, et tout dans le pleur.
Dans un premier temps, on ne montera pas plus haut que le do/ré 4 dans les cordes épaisses (on peut aller beaucoup plus haut, mais il faut maîtriser quelques paramètres supplémentaires d’abord) – par contre, pendant les exercices, laissez votre voix vous guider – si jamais vous sentez de la tension, ou que ça fait forcé ou serré – vous êtes allé trop loin.
Alors, lorsque vous voulez chantez fort, chantez en épaisses, lorsque vous voulez chantez moins fort, chantez en fines et lorsque vous voulez monter facilement, utilisez les fines aussi. Lorsque vous montez, essayez de changer vers les fines en rajoutant un peu de pleur dans la voix lorsque vous montez et en ressentant les cordes qui lâchent du poids progressivement – NE LAISSEZ PAS LA VOIX DEVENIR AEREE ! Plus loin on fera des exercices pour créer une troisième configuration qui permettra de chanter en haut avec la puissance des épaisses mais la facilité des fines.
Comme d’habitude, travaillez bien ces exercices pendant toute la semaine et RDV la semaine prochaine !
Allan
(petite question - certains m’ont demandé de mettre un vrai forum sur le site - pensez-vous que ce soit utile pour qu’on puisse discuter entre nous ?)
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